Droits humains

Annick : « Il m’arrive de m’enfermer dans ma chambre et de pleurer »

La vie au quotidien

Jean Fabrice Nativel / 15 janvier 2013

2013 commence comme 2012 pour Annick, c’est-à-dire difficilement. Explications.

Peut-on vivre avec 800 euros par mois ? Ce salaire, Annick le perçoit depuis qu’elle a signé un contrat d’accompagnement dans l’emploi, il y a quelques mois de cela. Comme d’autres femmes, elle se retrouve seule à élever deux filles. L’une est en bas âge et l’autre est à une année de la majorité.

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Elle convient : « Je perçois des allocations », d’une part, pour le logement et, d’autre part, pour « mes filles ». On est allé l’accompagner dans ses achats alimentaires hebdomadaires. La petite voiture date, mais elle tient toujours la route. Juste pour l’entretien, il faut compter tous les 3 mois au moins 80 euros, et 40 euros de sans-plomb par semaine.

Une vie faite de sacrifices

Arrivée à la grande surface, Annick, la liste de ses achats en main, se faufile à travers les allées. Elle marque plusieurs arrêts, un aux fruits et légumes, un autre aux surgelés, etc. Dans son caddy, on trouve du lait, des yaourts, du beurre, des biscottes, un pot de confiture, des pommes, des oranges, des pommes de terre, des jus de fruits, des soupes, des boîtes de macédoine, du jambon, des cuisses de poulets, du poisson, du riz, du grain, du papier toilette, du produit d’entretien, un dentifrice…
Au total, elle en a pour 130 euros. Elle a fait attention à ce qu’elle a pris. Cette note multipliée par 4, plus les frais d’essence multipliés pour autant donnent : 680 euros. Manque les factures usuelles : eau, téléphone, électricité…

Annick confie que le quotidien est difficile. L’éducation de ses filles passe avant tout. Sa dernière robe et paire de chaussures, elle les a achetés en octobre passé. Sa mère l’aide financièrement, notamment pour les vêtements des marmailles. Elle surveille et récupère la petite à la crèche. Il lui arrive de s’enfermer dans sa chambre et de pleurer.

Dernière chose, elle a constaté que les prix des aliments depuis le début de cette année ont augmenté.

JFN



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Messages






  • Et moi aussi j ai pleure .
    Moi aussi j ai pleure en lisant ce temoignage qui est le temoignage de nombreuses femmes et d hommes de notre REUNION.
    J ai pleure de colere . J ai pleure de rage . J ai pleure parce que je ne pouvais CRIER ma revolte devant ces mots de Annick. Ces mots dits avec pudeur . Elle a parle sans revolte . Elle a decrit sa vie comme si cela etait naturel . Elle n a pas pu continuer de souffrir seule alors elle s est cachee pour pleurer. Oui on se cache pour ne pas pleurer devant les autres. Ces autres qui sont comme vous dans la misere . Comme elles, comme eux Annick a ose nous dire ce qu elle vit tous les jours. Tous les jours c est cette putain de vie. Putain de vie pour elle mais aussi pour sa famille.
    Annick a voulu depasser sa pudeur pour nous dire : Voila ce que je vis . Voila ce qu est la vie d une femme de mon age. Annick a voulu aussi nous lancer ce message : Que faites vous de cette misere ?
    Annick m a convaincu que si moi aussi j ai pleure de colere je ne dois pas m habituer a cette situation , a continuer a accepter de voir des enfants qui ne mangent pas a leur faim , de voir des gan moun qui vivent dans la galere, de continuer de voir sans mot dire combien ces momon souffrent et pleurent de ne pouvoir vivre normalement et de donner a manger a ses enfants. C est comme cela que j ai ressenti le message d Annick.
    Une vie de misere. Une vie de galere. Une putain de vie.
    Est ce ainsi que nous devons accepter que vivent nos compatriotes ?
    Chaque lectrice , chaque lecteur repondra san son KER.
    Moi, je pleure de colere . Moi j essaye de crier , de denoncer, d ecrire pour demander a l autre de partager la souffrance d Annick , non pas en pleurant avec elle . NON .NON. Pour combattre avec ses propres armes ce Monde impitoyable qui continue de broyer les pauvres qui sont deja tres pauvres.
    Dobout . Dalon. Dobout. Alon batay. Alon, Dalon ! Alon !

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