Droits humains

Appel du Collectif réunionnais pour le rétablissement de l’état de droit et pour une paix sociale durable à Mayotte

Les exactions continuent à Mayotte, une aide humanitaire est nécessaire

Témoignages.re / 13 juin 2016

Face à la crise à Mayotte, si les responsables politiques de La Réunion restent très discrets, des associations ont décidé de passer à l’action. Elles ont organisé le 28 mai dernier à Saint-Denis un rassemblement qui a eu un beau succès. À la suite de cette action, AMR / Association Musulmane de La Réunion, Association Hamahamet Comores Réunion, Cimade Groupe Local de la Réunion, CRAN, F.C.P.E., Génération YaKweli, Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion, Ligue de l’Enseignement, Rasine Kaf se sont constituées en collectif réunionnais. Dans un communiqué daté du 9 juin, le collectif appelle à l’amplification des actions pour le rétablissement de l’état de droit et pour une paix sociale durable à Mayotte.

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Appel à la solidarité avec les victimes des expulsions à Mayotte.

Les associations signataires de l’appel pour le rassemblement unitaire en faveur de Mayotte qui s’est tenu le 28 mai dernier à Saint-Denis se sont à nouveau réunies le 4 juin pour échanger leurs informations sur l’évolution de la situation locale et continuer à œuvrer collectivement pour le rétablissement de l’état de droit et de la paix civile à Mayotte.

Dans cet esprit, constituées provisoirement en collectif réunionnais, et au vu de la dégradation de l’état de droit constaté depuis janvier 2016 au sein de l’Île de Mayotte, les associations signataires :

AMR / Association Musulmane de La Réunion, Association Hamahamet Comores Réunion, Cimade Groupe Local de la Réunion, CRAN, F.C.P.E., Génération YaKweli, Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion, Ligue de l’Enseignement, Rasine Kaf

1. Déplorent que les exactions commises par des collectifs de villageois se poursuivent ce qui aggrave les conditions sanitaires et de vie dénoncées par les ONG sur place

2. Saluent la décision en référé du 4 juin 2016 du juge du tribunal administratif à la demande des associations CIMADE et autres, demandant l’interdiction de la manifestation prévue le 5 par un collectif de villageois, et la mobilisation des forces de l’ordre afin de garantir la sécurité des personnes et des biens.

3. Déplorent que les premières mesures du plan de sécurité annoncé par le gouvernement ne concernent presqu’exclusivement que la lutte contre l’immigration ;

4. Rappellent que toute mesure d’expulsion d’habitants de leur maison ou visant à la destruction de constructions même illégales, ne peut être conduite que dans respect de toutes les procédures légales et des voies de recours susceptibles d’être exercées ;

5. Demandent à ce que toutes les dispositions utiles soient prises sans délai pour la protection des droits des enfants illégalement expulsés et notamment de leur droit à la scolarité et au passage des examens, et ce quelle que soit la situation de leurs parents ;

6. Demandent que la législation applicable en France hexagonale pour les étrangers soit sans délai mis en application à Mayotte notamment pour leur permettre d’exercer leurs droits en matière d’éloignement vers leur pays, et dénoncent toute mesure d’expulsion ne respectant pas le droit commun ;

7. Appellent une nouvelle fois toutes les autorités responsables à Mayotte et notamment les élus et autorités traditionnelles, à s’engager positivement en faveur de la paix civile, en soutenant les demandes de respect du droit, en particulier celles visant à la protection des personnes en danger, et à la poursuite des auteurs d’exactions collectives ;

Les associations de la Réunion signataires s’engagent en outre à poursuivre leurs efforts de coordination, y compris avec les associations humanitaires œuvrant à Mayotte, dans l’Hexagone et aux Comores, pour :

Apporter une aide concrète en matière humanitaire et sanitaire, selon les besoins qui seront recensés,

— en contribuant à la mise en place d’une aide d’urgence à organiser avec les associations sur place, via la saisine de la PIROI

— en faisant appel à la générosité des réunionnais par le biais des associations reconnues pouvant agir dans ce domaine ;

Apporter une contribution sur le plan juridique dans la défense des droits des personnes victimes d’exactions depuis janvier 2016 et/ou menacées d’éloignement vers un pays tiers ;

Collecter et diffuser les informations exactes et pertinentes sur l’évolution de la situation à Mayotte, et ce par tout moyen approprié ;

Alerter les médias locaux et nationaux en relayant l’information transmise par les ONG ou associations sur place

Mandater une délégation représentative du collectif chargée de solliciter toute entrevue utile avec les autorités politiques à La Réunion, pour que les élus prennent position et interviennent pour une réaction urgente et appropriée de l’État.

Entreprendre toutes démarches en vue d’obtenir des plus hautes autorités Françaises et Comoriennes l’établissement, sans préalable ni condition, d’un calendrier pour l’ouverture de pourparlers portant à titre prioritaire sur les questions humanitaires et spécialement sur la prévention des naufrages mortels en mer entre Anjouan et Mayotte.

Saint-Denis, le 09 / 06 / 2016

AMR / Association Musulmane de La Réunion

Association Hamahamet Comores Réunion

Cimade Groupe Local de la Réunion

CRAN

F.C.P.E.

Génération YaKweli

Ligue des Droits de l’Homme à la Réunion

Ligue de l’Enseignement

Rasine Kaf


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