Droits humains

CEDEAO : le ventre des femmes, toujours ! Et toujours d’un point de vue d’hommes

Les pays d’Afrique de l’Ouest veulent limiter à trois le nombre d’enfants par femme

Jean / 24 juillet 2017

Plutôt que de remettre en cause un système qui produit des inégalités et de la pauvreté, les parlementaires de la CEDEAO appellent à limiter les naissances à trois enfants par femme. Une fois de plus, les victimes du système sont culpabilisées.

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Extrait de Témoignages du 1er mars 1971 : procès en appel des auteurs d’avortements et stérilisations forcées couverts par le pouvoir.

Pas de remise en cause d’un “modèle” économique basé sur la prédation. On préfère parler de mise en adéquation du taux de croissance de l’économie avec le nombre de naissances par femmes en âge de procréer.

On parle d’éducation, c’est normal, et de meilleure “survie” de l’enfant. Mais comment dégager les budgets éducatifs et hospitaliers, notamment, lorsqu’on sacrifie à la course aux armements (Made in Occident) et qu’on accepte sans broncher le déséquilibre toujours croissant des termes de l’échange entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales notamment ?

Enfin, même si les hommes ne sont pas obligatoirement tous indifférents à la situation des femmes, comment ne pas ressentir un réel malaise en regardant les photos de cette rencontre régionale de Ouagadougou sur la démographie où le masculin l’emporte — et de loin — sur le féminin ? Non pas que des femmes au pouvoir se conduisent toujours différemment des hommes au pouvoir : on a vu et on verra encore, sans doute, des femmes de pouvoir adopter, à l’encontre des femmes « du peuple », la même attitude de classe, le même mépris, que manifestent, siècle après siècle, leurs collègues masculins ; mais il n’en demeure pas moins que lorsque la lutte en faveur du Droit des femmes est portée par des femmes, elles ont — elles — une connaissance intime, innée, vitale, des ressorts de leur combat. Et ça fait toute la différence.

Jean


Extrait d’un article de « 20 minutes » daté du 22 juillet

« Urgent de contenir la poussée démographique »

Quinze pays veulent faire descendre le taux de fécondité général de 5,6 enfants par femme en 2017 à 3 d’ici 2030…

Les parlementaires de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays), de la Mauritanie et du Tchad ont affirmé samedi vouloir limiter à trois le nombre d’enfants par femme afin de faire baisser de moitié, d’ici 2030, le taux de fécondité le plus élevé au monde.

« Les parlementaires de la Cédéao, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d’ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme (…) ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique », a déclaré le président du Parlement burkinabé, Salifou Diallo, lors d’une rencontre régionale sur la démographie samedi à Ouagadougou.

Avec un taux de fécondité général de 5,6 enfants par femme, le plus élevé au monde, la population de l’espace Cédéao se situera, en 2050, autour d’un milliard d’habitants, dont la moitié sera constituée de jeunes, selon les Nations unies.

« Nous estimons que quand on a des taux de croissance économique qui est de l’ordre de 5 à 6 % avec un taux de fécondité située à 6 ou 7 %, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation, a martelé Salifou Diallo. Il est urgent de contenir la poussée démographique dans l’espace Cédéao pour promouvoir un réel développement viable et durable. »