Droits humains

Chagos : Royaume-Uni et États-Unis menacent Maurice de représailles

Revendication de souveraineté de Maurice sur l’archipel

Témoignages.re / 1er juillet 2016

En mai dernier, le Premier ministre de Maurice a évoqué l’idée de solliciter la Cour internationale de La Haye pour que Maurice puisse revendiquer sa souveraineté sur les Chagos, des îles de l’océan Indien dont le peuple a été expulsé par le gouvernement britannique pour construire la base militaire états-unienne de Diego Garcia. La réponse des deux puissances occidentales, contenue dans un communiqué commun, est cinglante : Royaume-Uni et États-Unis menacent Maurice de représailles.

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Communiqué commun du Royaume-Uni et des Etats-Unis daté du 24 juin.

Pour permettre aux États-Unis de construire une base militaire sur l’île de Diego-Garcia aux Chagos, le gouvernement britannique de l’époque a pris deux décisions. Tout d’abord, séparer les Chagos de Maurice en 1966, afin que l’archipel ne soit pas intégré dans le futur État mauricien indépendant. Ensuite, les autorités britanniques ont organisé la déportation des Chagossiens afin de livrer aux États-Unis une terre sans peuple pour qu’ils puissent y construire leur plus grande base d’agression outre-mer. Le gouvernement US loue à celui de Grande-Bretagne le territoire sur lequel est construit la base. Le bail arrive à échéance cette année.

Les Chagossiens se battent depuis plus de 40 ans pour revenir dans leur pays. Ils bénéficient de nombreux soutiens, notamment à La Réunion où il existe le Comité Solidarité Chagos La Réunion.

Actuellement, le territoire est sous souveraineté britannique. Mais Londres fait tout ce qu’il peut pour empêcher le retour des Chagossiens, malgré plusieurs jugements favorables à ces derniers venant des plus hautes instances du système judiciaire du Royaume-Uni.

Puisque le gouvernement britannique s’oppose, une autre solution est envisageable, c’est le passage sous la souveraineté mauricienne de l’archipel des Chagos. La majorité des déportés l’ont été vers Maurice. Et Maurice ne reconnaît pas le BIOT, structure territoriale créée par le Royaume-Uni regroupant les Chagos.

Consulter les Chagossiens

En mai dernier, le Premier ministre de Maurice a évoqué l’idée de solliciter la Cour internationale de La Haye pour faire avancer cette cause. La séparation des Chagos de l’autorité mauricienne juste avant l’indépendance est en effet un sujet qui pose question. Deux résolutions des Nations-Unies ont condamné ce type de détachement.

La réponse des deux puissances occidentales est cinglante. Royaume-Uni et États-Unis menacent Maurice de représailles si l’île saisit la Cour internationale. C’est ce qui ressort d’un communiqué commun publié le 24 juin.

Interrogé par « l’Express », Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, ne veut pas se mêler de ce combat : « Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir revenir sur nos terres. ». Et de souligner : « il y a une chose que je juge indispensable. C’est que l’on n’écarte pas les Chagossiens des discussions qui les concernent. Il faut qu’ils soient consultés. »


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