Droits humains

« Chaque jour sur Terre, 1 personne sur 7 se couche le ventre vide »

Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

Céline Tabou / 17 octobre 2012

Aujourd’hui est consacré à la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, sous le thème cette année : « Mettre fin à la violence de la misère en favorisant l’autonomie et en construisant la paix ». Célébrée depuis 1993, la journée internationale contre la pauvreté tente de « promouvoir la prise de conscience de la nécessité d’éradiquer la pauvreté et la misère dans tous les pays ».

Dans un communiqué de presse, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a déclaré « la pauvreté, qui sévit incontrôlée depuis trop longtemps, est liée aux troubles sociaux et aux dangers qui menacent la paix et la sécurité. À l’occasion de cette Journée internationale, investissons dans notre avenir commun en aidant les pauvres à échapper à leur condition, pour qu’à leur tour, ils puissent contribuer à changer le monde. »

Un des thèmes centraux du développement

Pour les Nations Unies, la pauvreté est l’un des thèmes centraux du développement du monde qui est également un engagement des leaders mondiaux à réduire de moitié, pour l’année 2015, la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour aux prix de 2005. Selon les prévisions de la Banque mondiale, citées par l’ONU, le taux global de pauvreté devrait passer en dessous de 15% d’ici à 2015, si les pays s’engagent à atteindre cet objectif numéro 1 du Sommet des Nations Unies, qui s’est déroulé du 20 au 22 septembre 2010, à New York.
D’après les dernières données des Nations Unies, la proportion d’habitants du monde en développement qui ont souffert de la faim en 2005-2007 s’est stabilisée à 16%, en dépit d’une nette diminution de la pauvreté extrême. Dans le monde, 1,4 milliard de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et 868 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées.
Cette dernière donnée met en évidence qu’une personne sur huit n’a pas suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active. « La faim et la malnutrition sont, au niveau mondial, le risque numéro un à la santé humaine – leur impact dépasse celui du SIDA, du paludisme et la tuberculose réunis », précise le Programme alimentaire mondial de l’ONU.

Santé, logement, éducation et emploi

Les principales causes de la faim sont les catastrophes naturelles, les conflits, la pauvreté, les infrastructures agricoles insuffisantes et la surexploitation des ressources naturelles. Plus récemment, les crises financière et économique ont poussé encore plus de personnes dans le gouffre de la faim.
Les Nations Unies ont recensé lors de cette journée contre la pauvreté que plus du tiers de la population mondiale n’a toujours pas accès aux médicaments essentiels. De plus, d’après le rapport d’ONU-HABITAT, les enfants des bidonvilles sont souvent victimes de racisme et de discrimination systématiques. « A cause de la pauvreté, les bidonvilles prolifèrent dans le monde entier, abritant dans des conditions précaires, environ un milliard de personnes – soit un tiers de la population urbaine mondiale ». Les taux de croissance urbaine et des bidonvilles restent les plus élevés en Afrique subsaharienne.
En matière d’éducation, celle-ci est un besoin primaire auquel les populations très pauvres n’ont pas accès. Selon un rapport de l’UNESCO de 2010, 171 millions de personnes pourraient sortir de la pauvreté si l’ensemble des élèves des pays à faible revenu quittait l’école avec des compétences de base en lecture – soit un recul de la pauvreté mondiale égal à 12%, précise le site des Nations Unies.
Enfin, parmi les secteurs intégrant cette journée de lutte contre la pauvreté, le droit à l’emploi non précaire est indispensable et reste un moyen-clé pour sortir de la grande pauvreté. Depuis le début de la crise économique et financière, la baisse brutale du taux d’emploi a entrainé une hausse du chômage sans précédent dans le monde. L’emploi est pourtant l’un des objectifs 1.B des objectifs du Millénaire : « Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif ».

 Céline Tabou  

Mercredi 17 octobre, au Port, à Saint-Denis et à Saint-Pierre

Des actions pour "le refus de la misère"

Depuis 26 ans, à l’initiative du Mouvement international ATD Quart Monde, le 17 octobre est célébré comme la "Journée mondiale du refus de la misère".
À cette occasion, cette année, ce Mouvement, présidé à La Réunion par Georges Faubourg, a déjà organisé ce dimanche 14 octobre à Saint-Paul, une Université populaire contre la misère. Et mercredi, il organise deux autres rassemblements sur le même thème :
• À Saint-Denis, autour de la Dalle des droits de l’Homme à Champ-Fleuri ;
- 10h : populaire sur le thème "Refuser la violence de la misère, s’appuyer sur les capacités de tous pour bâtir la paix" ;
- 13h30 : Espace d’expression et spectacle avec Kréolokoz ;
- 16h30 : Commémoration solennelle.
• À Saint-Pierre, Ravine Blanche, Parking du boulodrome ;
- 10h : Université populaire ;
- 13h30 : Espace d’expression ;
- 17h : Commémoration solennelle ;
- 17h30 : Spectacle avec Zénès Tradition et Fabrice Legros.
• Ce même mercredi 17 octobre, au Parc Boisé Laurent Vergès du Port, le Comité des Chômeurs et Mal Logés du Port, présidé par Maryse Dache, organise également un rassemblement contre la misère à partir de 9 heures jusqu’à 17 heures ; au programme : accueil avec petit-déjeuner ; de 10h à midi, réflexions et débat sur la solidarité pour l’emploi et le logement ; repas partage ; animation musicale avec des jeunes du Port.


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