Droits humains

Darmapalah Seethanen : « Trois leçons essentielles à retenir de ce grand maître »

Les interventions à la cérémonie en hommage à Stéphane Hessel

Témoignages.re / 22 mars 2013

Dans ses dernières éditions, "Témoignages" a commencé à publier des allocutions prononcées lors de la cérémonie du 15 mars sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis en hommage à Stéphane Hessel. Ce sont les interventions de Samuel Mouen au nom de la délégation La Réunion/Mayotte du Mouvement International des Indignés, de Marcel Moutoucomorapoullé pour la Ligue des Droits de l’Homme, de Delphine Savigny pour le Collectif Réunion Palestine Solidarité et du Docteur Gilles Sagodira pour le Cercle philosophique réunionnais.
Voici celle de Darmapalah Seethanen, qui est intervenu en tant que militant pour l’Éducation populaire et qui a retenu « trois leçons essentielles de ce grand maître » (les intertitres sont de "Témoignages"). Les organisations qui n’ont pas encore pu nous transmettre leur allocution lors de cette cérémonie peuvent le faire dans les jours à venir afin que nous puissions publier le maximum de ces interventions.

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« Tous les hommes naissent égaux en droit.

Mais certains, par leur volonté, leur persévérance et leurs qualités morales, s’élèvent au cours de leur vie au-dessus du commun. Stéphane Hessel était de ceux-là !

Je ne reviendrai pas sur sa vie personnelle et ses combats. Tout a été dit ou presque.

En tant que militant de l’Éducation populaire, au-delà des hommages rendus à l’homme exceptionnel, je voudrais retenir trois leçons essentielles de ce grand maître.

Le refus du dogmatisme

La première, c’est son refus de se laisser enfermer dans tout dogmatisme idéologique ou religieux, son exigence à passer toute idée au crible de sa propre raison, à penser par soi-même.

Ainsi, Juif d’origine, élevé dans la foi luthérienne, il œuvra pourtant inlassablement pour les droits des Palestiniens à un État libre et la paix avec Israël. De même, homme de gauche déclaré, il n’hésita jamais à exprimer sa déception chaque fois qu’il était en désaccord avec les socialistes au pouvoir.

Il a toujours été un homme libre, un homme fidèle à ses convictions plutôt qu’aux écoles de pensée.

Le refus des injustices

La deuxième leçon est son refus d’accepter que les injustices suscitées par la cupidité humaine deviennent le sort définitif du destin des hommes.

C’est ainsi qu’il lutta aux côtés des sans-papiers pour l’accès des immigrés aux droits fondamentaux.

Il fit sienne cette idée kantienne que si la justice devait disparaître sur cette terre, alors cela ne vaudrait pas la peine que des hommes y vivent.

Le refus du fatalisme

La troisième leçon est son refus du fatalisme.

La résignation ne faisait pas partie de son vocabulaire. Son amour de la justice l’amenait à être parfois un peu excessif dans ses colères et ses coups de gueule, il le reconnaissait honnêtement. Mais c’était pour réveiller les consciences, tirer ses concitoyens désabusés de leur passivité.

Contrairement à beaucoup d’entre nous, il avait gardé intacte sa capacité d’indignation, sachant que les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on n’a pas livrés.

Saint Augustin ne disait-il pas que la révolte devant les injustices et la volonté de les corriger sont les deux filles de l’Espérance ?

Que cela nous inspire

Refus de tout emprisonnement intellectuel, refus des injustices, refus de la passivité ; ou, pour dire les choses autrement : esprit d’indépendance, attachement à la justice, optimisme combatif sont les trois caractéristiques de ce personnage hors du commun.

Puissent ces trois enseignements nous inspirer à jamais ! ».


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