Droits humains

« Éliminer la violence envers les femmes »

Les revendications de la Marche mondiale des femmes

Témoignages.re / 5 mars 2013

Depuis samedi dernier, "Témoignages" prépare la célébration du 8 Mars, la traditionnelle Journée internationale des Femmes. À cette fin, nous avons d’abord publié une page sur la "Déclaration de la Marche mondiale des femmes", avec un appel à la mobilisation lancé par le Secrétariat international de la Marche mondiale des femmes (1). Ensuite, est parue hier la première partie d’un texte de cette instance sur les revendications pour la défense des droits des femmes en ce qui concerne « la mise en place par tous les États d’une loi-cadre et de stratégies visant l’élimination de la pauvreté ». Voici une seconde partie de ce texte, avec des inter-titres de "Témoignages", qui nous dit comment « éliminer la violence envers les femmes ».

« Que les gouvernements qui se réclament des droits humains condamnent tout pouvoir politique, religieux, économique ou culturel qui exerce un contrôle sur la vie des femmes et des fillettes et dénoncent les régimes qui ne respectent pas leurs droits fondamentaux.

Que les États reconnaissent dans leurs lois et actions que toutes les formes de violence à l’égard des femmes sont des violations des droits humains fondamentaux et ne peuvent être justifiées par aucune coutume, religion, pratique culturelle ou pouvoir politique.

Des moyens financiers

Ainsi, les États doivent reconnaître aux femmes le droit de disposer de leur vie et de leur corps et de maîtriser leur fécondité (droit à l’avortement et à la contraception, contre les stérilisations forcées et pour le droit de mettre au monde des enfants).

Que les États mettent en œuvre des plans d’action, des programmes et des projets efficaces assortis des ressources financières et des moyens adéquats pour mettre fin aux violences faites aux femmes.

Des plans d’action

Ces plans d’action doivent comprendre notamment les éléments suivants :
- prévention,
- sensibilisation du public,
- répression,
- "traitement" des agresseurs, recherches et statistiques sur les violences faites aux femmes, prise en charge et protection des victimes, lutte contre la pornographie, le proxénétisme et les agressions sexuelles dont les viols contre les enfants,
- éducation non sexiste,
- accès facilité à la procédure pénale, formation des juges et policiers.

Des pressions de l’ONU

Que l’ONU fasse de véritables pressions pour que tous les États ratifient sans réserve et appliquent
- les conventions et les pactes relatifs aux droits des femmes et des enfants notamment,
- le Pacte international relatif aux droits civils et politiques,
- la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,
- la Convention sur les droits de l’enfant,
- la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale
- et la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants.

Les droits des femmes et des enfants

Que les États harmonisent leurs lois nationales avec ces différents instruments internationaux en plus de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les Déclarations du Caire et de Vienne, la Déclaration et le Programme d’action de Beijing.

Que soient adoptés dans les plus brefs délais des protocoles et des mécanismes de mise en œuvre :
- à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ;
- à la Convention sur les droits de l’enfant.

Des pactes et conventions à respecter

Ces protocoles permettront aux personnes et aux groupes de porter plainte contre un État. Ils constitueront des moyens de pression à l’échelle internationale pour obliger les États à mettre en œuvre les droits énoncés dans ces pactes et conventions.

Des sanctions véritables à l’encontre des États récalcitrants devront être prévues. Il y a un protocole qui a été adopté concernant la CEDAW.

Non au trafic des êtres humains

Que la Convention de 1949 pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui soit assortie d’un mécanisme d’application qui tienne compte des documents récents dont les deux résolutions de l’assemblée générale de l’ONU (1996) concernant le trafic des femmes et des fillettes et la violence à l’égard des femmes migrantes.

Un ajout sera fait à cette revendication pour amener les États à ratifier la Convention de décembre 2000 portant sur le crime transnational et, particulièrement, les deux protocoles l’accompagnant traitant du trafic des êtres humains.

Oui à des politiques de désarmement

Que les États reconnaissent la juridiction de la Cour criminelle internationale et souscrivent aux dispositions selon lesquelles notamment les viols et les agressions sexuelles constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Que tous les États mettent en œuvre des politiques de désarmement autant en ce qui a trait aux armes classiques qu’aux armes nucléaires et biologiques.

Que tous les pays ratifient la Convention sur les mines antipersonnelles.

Non aux occupations militaires

Que l’ONU mette un terme à toutes formes d’interventions, agressions ou occupations militaires, assure le droit des personnes réfugiées de retourner dans leur pays d’origine et fasse pression sur les gouvernements pour faire respecter les droits humains et résoudre les conflits.

Que soit adoptée dans les plus brefs délais la possibilité du droit d’asile pour les femmes victimes de discrimination et de persécutions sexistes et/ou de violences sexuelles.

Non aux discriminations sexuelles

Que l’ONU et les États de la communauté internationale reconnaissent formellement, au nom de l’égalité de toutes les personnes, que l’orientation sexuelle ne doit priver personne du plein exercice des droits prévus dans les instruments internationaux que sont : la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Convention internationale sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes.

Que soit adoptée dans les plus brefs délais la possibilité du droit d’asile pour les personnes victimes de discrimination et de persécution en raison de leur orientation sexuelle ».


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