Droits humains

Face aux difficultés, comment se soutenir ?

Jean Fabrice Nativel / 26 mai 2010

Dans ce monde qui paraît égoïste et froid, subsiste encore des solidarités qu’il est important de consolider et de développer. Fidèle à l’esprit réunionnais.

Au quotidien beaucoup de personnes à revenus modestes — CDD, CDI, retraités, chercheur d’emploi, rmiste, étudiants… — rencontrent des difficultés sans être sans domicile fixe. Avec ou sans enfants, seul ou en couple, boucler les fins de mois relève d’un exploit.

Et si tout le monde se passait le message

On croule sous les factures : agios, alimentation, charges locatives, eau, essence, crédit(s), électricité, internet, taxe d’habitation, téléphone mobile et-ou fixe, loyer, les tickets de bus etc. Il est important de dire et de redire que les prix sont trop élevés ici. Une solution, aller le plus possible à la rencontre des producteurs péi. Et se transmettre les informations les uns les autres de la tenue des marchés de nuit, la kour et les bonnes adresses. Combien de familles dans les bas ou les hauts proposent toutes sortes de produits à des prix vraiment intéressants à même la route ? Brèd, cresson, goyaves, goyaviers, mains de bananes, mandarines, manioc, miel, patates douces, piments, salades, songe, tomate, Certains dans le camion frigorifique vendent de la charcuterie. Avec les citrons, les oranges… on peut faire des jus. En plus, on se balade à travers l’île. Ainsi, on peut faire son marché de la semaine pour pas cher et pour plusieurs amis. En plus, ces produits de la terre sont sains et leur provenance est connue — la kour.

Résister ensemble à ce conditionnement

Certes la vie est chère mais la publicité omniprésente dans les rues et dans plupart des médias, les incitations au crédit — attention aux arnaqueurs — mettent la(es) personne(s) dans un état de surconsommation. Une des manières de se soutenir est de résister ensemble à ce conditionnement. Il y a des associations de consommateurs et des mouvements comme le COSPAR qui sont très utiles. Mais c’est dans les familles que l’on doit opter pour un autre mode de consommation, qui réfléchit, prend son temps. Une des petites astuces est de faire sa liste avec vraiment le nécessaire et de s’y tenir que l’on soit dans les petits ou les grands commerces.

Actions concrètes

Exemple : une personne à la recherche d’un emploi, voisine d’une bénéficiaire du Rmi s’entraide tous les jours. Celle qui a une voiture emmène l’autre dans toutes ses démarches. En échange, cette dernière lui offre une place de parking sur sa cour et lui donne des légumes et des fruits de son jardin. Gagnant gagnant, ce type de relation pourrait être généralisé avec un peu de confiance et de respect. C’est le fameux troc de nos anciens qui permettait à de gens de s’épauler. On économise et dialogue, des relations se nouent. Ainsi, chacun peut compter sur l’autre.

Autre exemple : tous les jours, des milliers et des milliers de conducteurs sont seuls dans leur voiture — dont moi — durant des kilomètres. Or le co-voiturage est possible et très avantageux pour tout le monde. Mais il convient d’en parler autour de soi de sa destination, de ses horaires. Cela permettrait déjà un co-voiturage de proximité.

Ou encore : de tous les terrains en friches que fait-on ? Pour ceux qui sont cultivables, ils pourraient être loués à petit prix pour devenir des potagers de l’insertion. Ils rendraient service aussi bien à des gens découragés, ainsi utiles, qu’à des consommateurs locaux ravis de trouver de bons produits, semés, nés, et récoltés sous leurs yeux.

Ce ne sont que quelques exemples de comment se soutenir ? À chacun de reprendre du pouvoir dans vie et savoir choisir et décider à bon escient, de dire non aux abus, excès, d’avoir une vie plus simple et plus généreuse.

Nos colonnes sont ouvertes à d’autres suggestions, réalisations pour les diffuser à l’ensemble des lecteurs.

Jean-Fabrice Nativel


Kanalreunion.com