Droits humains

Femmes communistes de La Réunion demande une loi-cadre contre les violences faites aux femmes

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Témoignages.re / 25 novembre 2015

Ce 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les Femmes communistes de La Réunion demande le vote d’une loi-cadre contre les violences faites aux femmes. Elles constatent l’inefficacité de Huguette Bello à l’Assemblée nationale. Mandatée pour cette mission, elle a été incapable de la mener à bien alors qu’elle est députée depuis 19 ans. Voici leur déclaration.

Un matin, une femme s’est levée, elle était peut-être gaie ou soucieuse, elle pensait à sa journée, à son nouvel appartement, à une nouvelle vie……

Un matin, des enfants se sont réveillés. Ils ont préparé leur sac pour l’école. Ils ont regardé un dessin animé ou joué dans leur berceau.

Ce même matin, un homme ruminait sa vengeance, son besoin de détruire. Il prenait son sabre, son couteau, son fusil. Il a tout oublié des instants de bonheur. Il n’est plus que haine et en un instant il allait anéantir la vie de celle qui fut sa compagne, il allait aussi dans cette rage aveugle tuer son propre enfant.

Le temps de sortir le sabre, le couteau, le fusil et tout bouscule dans l’horreur.
Les victimes de ces crimes laissent des orphelins et nous déplorons que peu de choses soient vraiment mises en place pour donner à ces enfants traumatisés la possibilité de continuer leur vie malgré la tragédie vécue.

Il faudrait créer de véritables cellules de crise au niveau départemental avec des référents dans les communes pour très vite assurer un soutien psychologique aux membres de la famille touchée ainsi qu’un soutien financier. Une situation extrême demande un règlement rapide et efficace pour reconstruire le foyer en ruine.
Toutes ces mesures ont un coût mais le bien-être d’enfants privés de famille n’a pas de prix et devrait être une priorité.

À chaque évènement tragique, les médias se déchainent : images du quartier, interviews des voisins, des défenderesses de la cause des femmes, de pasionaria mais deux jours plus tard plus rien. Un autre évènement remplace la tragédie désormais oubliée.

Cette violence est dans notre société comme une gangrène. Cette violence est souvent vécue dans le silence par la victime, elle supporte et arrive même à croire qu’elle en est responsable. Elle ne porte plainte qu’en dernier recours quand les coups sont trop forts et qu’elle craint pour ses enfants.

La victime est honteuse de ce qui lui arrive, il faudrait donc qu’elle soit assurée de rencontrer écoute et conseils auprès de ceux qui peuvent les aider. À ce propos, l’accueil dans les gendarmeries, malgré les progrès constatés depuis plusieurs années, est encore intimidant. Il faut tout faire pour que les plaignantes se sentent comprises et aidées.

L’homophobie et le racisme sont heureusement blâmés mais les violences faites aux femmes semblent faire partie d’un quotidien banal. C’est donc à l’école, à la crèche ou à la garderie que tout doit commencer. Apprendre aux tout petits à se tolérer et à se respecter en tant que fille et garçon.

Les livres scolaires, les pubs n’ont pas évolué pour assurer l’égalité des sexes. Au collège l’apprentissage et la mise en place de la tolérance doivent s’accentuer. Il faut aussi expliquer que la vie en couple n’est pas une perte d’identité, chacun a ses droits et ses devoirs.

Dans notre société la place de la femme est encore trop floue. Certes la parité a fait son apparition, mais il a fallu une loi pour l’appliquer aux élections !

Il est urgent qu’une loi-cadre, comme en Espagne, soit élaborée pour regrouper toutes les dispositions légales permettant de venir en aide aux femmes, depuis la prévention des violences jusqu’à la réinsertion, sans oublier tous les aspects juridiques et l’assistance à toutes les victimes.

Les violences ne peuvent être éliminées par de seules dénonciations des associations de femmes, de marches blanches et des minutes de silence.

La violence doit être éradiquée et traitée au niveau national.

Nous les femmes communistes, avec d’autres femmes, nous nous sommes battues pour qu’une loi-programme soit votée. Nous avons envoyé une représentante à l’Assemblée nationale. Qu’a-t-elle fait ? Qu’a fait Mme BELLO, députée, Présidente de l’UFR pour sensibiliser ses collègues du Parlement et ainsi élaborer cette loi-cadre tant attendue par tous ? Rien en quatre mandats …

Nous tous citoyennes et citoyens sommes concernés et devons plus que jamais unir nos énergies pour que ce programme de lutte soit élaboré et appliqué par ceux et celles qui ne se contenteront pas d’être “en mode“ mais qui veulent réellement anéantir ce fléau de la violence.
Fait au Port, ce mardi 24 novembre 2015,

Femmes communistes de La Réunion


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