Droits humains

Femmes en première ligne des luttes à La Réunion

Journée internationale des droits des femmes

Manuel Marchal / 7 mars 2015

En 2015, cela fait 70 ans que les femmes ont voté la première fois à La Réunion. Dès cette liberté acquise, elle l’ont utilisé pour faire sortir La Réunion du statut colonial et sont restées en première ligne des luttes.

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Rassemblement du CRADS au Jardin de l’État en 1947. Cette photo montre que les femmes étaient très présentes dès le début dans les luttes des progressistes à La Réunion.

En 1945, les femmes ont la première fois la possibilité de voter à La Réunion. C’est une avancée considérable. Elle a lieu au moment où La Réunion est pleinement engagée aux côtés des Alliés dans la lutte finale contre les nazis. C’est dans ce contexte que se tient la première campagne électorale de l’après guerre, les élections municipales. Les progressistes réunionnais se dotent alors d’une nouvelle organisation politique, c’est le Comité républicain d’action démocratique et sociale, le CRADS. Créé le 11 mars 1945, Il est dirigé par le Docteur Raymond Vergès.

Les femmes participent activement au rassemblement du CRADS. L’objectif est le changement. La Réunion est alors en pleine misère coloniale. Elle a vu sa population diminuer, la mortalité infantile atteint des records. La Réunion fait partie des pays les plus pauvres du monde. Les femmes sont confrontées en permanence à ces injustices. Le CRADS propose le progrès social en remettant en cause l’institution. Il revendique la fin de la colonie, et a rassemblé toutes les personnes qui soutiennent le mot d’ordre Réunion département français pour que soient appliquées dans l’île toutes les lois sociales de la République.

Un apport décisif

Le CRADS lutte pour l’égalité entre La Réunion et la France, et pour l’égalité entre Réunionnais. C’est pourquoi les femmes sont appelées dès le début à participer à la direction du mouvement. Cela se traduira par l’élection dès mai 1945 de plusieurs Réunionnaises dans les municipalités dirigées par le CRADS. On peut citer entre autres à Saint-Denis, Isnelle Amelin aux côtés du docteur Raymond Vergès, élu maire de la capitale, tandis que Marie Gamelle assume des responsabilités dans la commune de Saint-André.

Quelques mois plus tard, le mouvement se confirme aux premières élections du Conseil général. Le CRADS gagne 20 sièges sur 36 dont des élues comme Marie Vergès. Le mois d’octobre voit la victoire totale du CRADS aux élections législatives, avec deux députés sur deux. Raymond Vergès et Léon de Lépervanche sont élus sur la base d’un programme de rupture avec le vieil ordre colonial.

Du CRADS à la création de l’UFR

Les femmes sont depuis restées en première ligne de la bataille. Membres de la direction de la Fédération communiste de La Réunion créée en novembre 1947, elles seront les premières responsables de la section de La Réunion de l’Union des femmes françaises en 1948. 10 ans plus tard, face à la misère qui persistait à La Réunion, elles ont transformé leur organisation en un outil de lutte contre la pauvreté, c’était l’Union des femmes de La Réunion. Autour de sa présidente Isnelle Amelin, une direction composée notamment d’Alice Peverelly, Augusta Letoullec, Marie Gamelle, Aliette Gauvin, Odette Mofy et Laurence Vergès. Elles ont continué la lutte de libération et ont ouvert la voie aux avancées obtenues depuis.


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