Droits humains

L’appel à l’aide du Sahel

23 millions de personnes menacées de sous-alimentation

Céline Tabou / 28 avril 2012

Des organisations non gouvernementales (ONG) ont exprimé leur inquiétude face au risque d’une grave famine au Sahel. Les mauvaises récoltes de l’automne ont un impact sur plus de 16 millions de personnes dans les pays du Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et du Tchad.

Selon les Nations unies, plus de 23 millions de personnes pourraient être touchées par une crise alimentaire, dans de nombreuses zones de la bande sahélienne, les ONG ont constaté une augmentation des taux de malnutrition. Parmi la population du Sahel, plus de 400.000 enfants sont concernés par cette catastrophe humanitaire.

Une situation préoccupante

Pour Erik Orsenna, membre du comité de parrainage de l’UNICEF, les causes de la famine sont multiples : de mauvaises récoltes, une natalité élevée, mais aussi les conflits qui secouent la région. Envoyé au Niger, Erik Orsenna a expliqué sur le site de l’UNICEF que « la situation est plus grave que je ne pensais, mais les moyens pour venir en aide aux enfants — à la fois dans les situations aiguës et dans les situations de malnutrition un peu plus modérée, mais qui pèse sur leur développement et celui du pays — existent et sont en grande partie mises en place ».

En dépit de l’approvisionnement envoyé dans la Corne de l’Afrique et aux alentours, l’an dernier, une nouvelle campagne de fonds d’urgence pour la région du Sahel est lancée par l’UNESCO, car sur les 90 millions d’euros demandés, uniquement la moitié a été reçue pour le moment.

Lors d’un point presse lundi 23 avril à Dakar (Sénégal), les ONG — Action Contre la Faim, Oxfam, Save the Children et World Vision — ont tiré la sonnette d’alarme et appelé aux dons. Celles-ci fournissent de l’aide d’urgence à près de 6 millions de personnes dans la région, mais elles ont seulement mobilisé un tiers des besoins en financement pour poursuivre leur travail. Les besoins financiers de ces quatre ONG réunies sont d’environ 188 millions d’euros et n’ont réussi à mobiliser que 40 millions d’euros.

Hausse de la malnutrition

Le taux de malnutrition au Burkina-Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad se situe entre 10 et 15% de la population, selon l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans se trouvent en situation de malnutrition « sévère ».

« Au Tchad, dans la région de Kanem, le taux de malnutrition sévère dépasse déjà le seuil d’urgence de 15% », a indiqué Patricia Hoorelbeke, représentante régionale d’ACF en Afrique de l’Ouest, au quotidien “Jeune Afrique”. En Mauritanie, « nous avons vu des femmes contraintes de rechercher des graines de céréales dans les fourmilières pour survivre », ajoute Steve Cockburn, responsable régional à Oxfam.

« Nous sommes prêts à apporter de l’aide à des millions de personnes, mais le temps est compté pour l’exécution des programmes avant que la crise n’atteigne son paroxysme, et les financements sont donc urgemment nécessaires », a indiqué Steve Cockburn. Ce dernier appelle l’ONU à organiser « une conférence des donateurs dès que possible » afin de ne pas priver d’aide les 15 millions de personnes qui risquent de mourir de famine.

 Céline Tabou 


La Croix-Rouge française renouvelle son appel aux dons

Suite à une sécheresse importante et à des récoltes médiocres ou inexistantes, plus de 10 millions de personnes sont actuellement menacées par une grave crise alimentaire dans plusieurs pays de la région du Sahel. Les prix des vivres se sont envolés, les stocks céréaliers sont épuisés et les populations rurales n’ont plus d’autre choix que l’exode pour survivre. Un choix d’autant plus limité que ces populations sont également exposées à des situations de conflits, à des tensions politiques, économiques et sociales particulièrement fortes.

La Mauritanie, le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina-Faso, l’Est du Sénégal et maintenant le Nord du Cameroun sont les pays les plus touchés à ce stade, pour une crise alimentaire qui n’a pas encore atteint son pic. Les perspectives pour les mois à venir laissent craindre une grave catastrophe humanitaire.

Dans la zone sahélienne, des équipes de la Croix-Rouge française sont largement mobilisées sur ces périodes de crise récurrentes depuis de nombreuses années. En soutien aux sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, une quarantaine de délégués en mission internationale en Mauritanie, au Tchad, au Mali, au Sénégal et au Niger, appuyés par deux délégués régionaux techniques spécialisés en nutrition et en sécurité alimentaire, contribuent à mener un vaste programme dans la lutte contre la malnutrition, le développement agricole et rural, l’eau et la santé.

Cette connaissance du terrain et les actions en cours permettent chaque jour de sauver la vie d’enfants malnutris et donnent à ces communautés les moyens de se préparer à ces périodes difficiles. Elles sont en effet déterminantes tant pour le renforcement de la résilience des populations que dans les capacités de développement agricole et rural.

Mais ces programmes risquent d’être dépassés par l’ampleur de l’urgence, et la Croix-Rouge française a plus que jamais besoin de la générosité du public.

Les dons peuvent être effectués sur le web :

www.croix-rouge.fr

ou par chèque à l’attention de :

Croix-Rouge française “Sahel 2012”

75 678, Paris cedex 14


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