Droits humains

« L’insulte faite aux Réunionnais doit être sanctionnée sur l’ensemble du territoire de la République »

Le Collectif "Non au racisme et aux discriminations. Respèkt a nou" réagit à l’avis du Conseil de discipline

Témoignages.re / 11 décembre 2010

Dans un communiqué diffusé hier, le Collectif "Non au racisme et aux discriminations. Respèkt a nou" réagit à la suite de la décision du Conseil de discipline de ne pas demander la révocation de Serge Copy, enseignant qui a publiquement affirmé ceci : « Je suis blanc et, de toute façon, ici c’est tous des nègres et toutes des p… ».

Suivre l’avis de l’autorité hiérarchique, c’est en principe la règle lorsqu’un Conseil de discipline est saisi pour avis par cette même autorité hiérarchique.
L’avis du ministre de l’Éducation nationale, lorsqu’il saisit le Conseil de discipline à l’encontre du professeur raciste, est clair et rendu public : la révocation définitive.
En plus de son lourd passif judiciaire, notamment en raison de gestes et propos déplacés vis-à-vis de ses élèves de sexe féminin, ce professeur de l’Éducation nationale, alors qu’il comparaissait pour des faits nouveaux d’agressions sexuelles sur mineures, avait déclaré : « Je suis blanc et, de toute façon, ici c’est tous des nègres et toutes des p…, c’est comme cela qu’il faut faire ».
Cette phrase a suscité l’émoi non seulement de la classe politique locale et nationale, mais aussi de nombreux citoyens et notamment de parents d’élèves à La Réunion.

Notre collectif avait demandé au ministre de l’Éducation nationale de révoquer ce professeur, manifestement incapable d’inculquer les valeurs républicaines de respect et de fraternité à nos enfants. Nous avons fait par ailleurs adopter à l’unanimité une motion demandant la révocation de ce professeur par l’ensemble des élus des Conseils général et régional.
En visite dans l’île, le Ministre Luc Chatel, que nous avons rencontré par le biais de son représentant, nous a confirmé qu’un Conseil de discipline avait été saisi pour sanctionner de la façon la plus exemplaire cet individu qui jette le discrédit sur l’Éducation nationale.
Le Conseil de discipline, consulté pour avis préalable les 5 octobre et 9 décembre dernier, a choisi de ne pas suivre l’avis de révocation émis par le ministre. Il a voté pour la mutation du professeur raciste en Métropole et 2 ans de suspension de salaire.
Notre collectif ne cache pas sa stupéfaction : cet enseignant récidiviste méritait-il que l’on brave l’avis du ministre pour le protéger d’une éventuelle révocation ?
Quand on est raciste à La Réunion, ne l’est-on pas sur l’ensemble du territoire de la République ?
Le programme de l’Éducation nationale, qui est le même sur l’ensemble du territoire national, notamment l’enseignement des valeurs républicaines, n’est-il pas incompatible avec les agissements de ce professeur aussi bien à La Réunion qu’en Métropole ?
Pour la Commission administrative paritaire académique réunie hier, un individu qui insulte les Réunionnais est raciste à La Réunion et non sur le reste du territoire. Cela est aberrant et en contradiction avec l’attente des Réunionnaises et des Réunionnais, qui est de rétablir le respect et la dignité qui ont été bafoués par le prononcé de ces injures racistes.

C’est la raison pour laquelle Luc Chatel, ne faisant aucune distinction entre les citoyens français, avait émis pour avis la révocation définitive de l’Éducation nationale. Un individu qui insulte les Réunionnais insulte de la même manière l’ensemble des citoyens de la République. Limiter la sanction à une portion du territoire de la République serait générateur d’une discrimination que l’on ne saurait tolérer.
Il appartient en dernier ressort au ministre de l’Éducation nationale, seul détenteur du pouvoir hiérarchique, de prononcer la révocation. Il a exprimé publiquement son indignation quant à ces propos qu’il a qualifiés d’« inacceptables » lors de sa visite sur notre île. Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’Outre-mer, s’est également élevé pour dénoncer le « comportement inacceptable » de ce professeur. Marie Luce Penchard a déclaré récemment à l’Assemblée nationale à propos de cette affaire : « Ce type de comportement n’est pas acceptable et n’a pas sa place au sein de l’Éducation nationale. C’est pourquoi l’Administration défendra dans ce dossier la position la plus ferme ».
Les Réunionnaises et les Réunionnais attendent que l’insulte qui leur a été faite soit sanctionnée sur l’ensemble du territoire de la République.
Nous renouvelons au ministre de l’Éducation nationale notre demande tendant à ce que cet enseignant soit définitivement révoqué de l’Éducation nationale.

Le collectif “Non au racisme et aux discriminations. Respekt anou !”.



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  • Pour les mêmes faits sans les dire, deux poids deux mesures, l’un(le métropolitain), au lieu de la révocation, il obtient une mutation et soit disant une mise a pied pendant deux ans, l’autre(le réunionnais), deux ans de prison ferme plus une amende. C’est la Justice française qui se rend à la Réunion, cela voudrait dire que La Réunion ne fait pas partie du territoire de la République, à moins que nous fassions partie d’une autre zone.
    Quelle tristesse !!!!!

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