Droits humains

La crise oubliée du Lac Tchad

Rapport de l’ONG Oxfam

Témoignages.re / 22 août 2016

Dans le cadre de la Journée de l’Aide humanitaire observée ce vendredi, l’ONG international Oxfam met l’accent, dans son nouveau rapport, « Le Lac Tchad, théâtre d’une crise oubliée », sur la crise humanitaire sans précédent créée dans le Bassin du Lac Tchad par les assauts et attaques perpétrées par le groupe armé Boko Haram dans le Nord du Nigeria.

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Que deviennent les lycéennes enlevées par Boko Haram ?

Dans cette zone, où la misère et la souffrance restent le vécu quotidien pour des milliers de personnes, pour la plupart des femmes et des enfants et où la situation sanitaire est critique et l’insécurité alimentaire atteint des niveaux alarmants, rien de cette réalité préoccupante « ne semble guère émouvoir la communauté internationale », affirme Oxfam dans un communiqué rendu public ce vendredi.

L’ONU aurait estimé à 559 millions de dollars les ressources nécessaires pour répondre aux besoins d’urgence causés par la crise, mais à ce jour, seul un peu plus d’un cinquième de ce montant a été obtenu pour faire face à l’urgence de la situation qui a contraint plus de 2,6 millions de personnes à fuir leurs foyers au Nigeria et au Niger.

Près de 2 millions de réfugiés

En effet, ce conflit, qui s’est intensifié ces dernières années, se propageant dans les pays voisins du Niger, du Tchad et du Cameroun, a triplé le nombre de personnes déplacées parmi lesquelles plus d’1,9 million de ces personnes sont des Nigérians qui ont fui vers le Nord et l’Est du pays.

Pour Oxfam, il s’agit de la septième plus grande population de Personnes déplacées internes (PDI) au monde, avec des pays voisins (Cameroun, Tchad et Niger) qui comptent 427.000 PDI, en plus de 155.000 réfugiés nigérians.

Ce conflit a engendré des niveaux alarmants de violence sexuelle, de violation des droits humains et le recrutement forcé, même des jeunes enfants, tandis que la situation sécuritaire reste fragile et la poursuite de la violence rend difficile pour Oxfam et les autres organisations, l’assistance à toutes les personnes qui en ont besoin.

« Des millions de personnes souffrent de la faim »

« Impossible de cultiver ou d’acheter de la nourriture, ou même d’accéder à l’aide humanitaire ; des millions de personnes souffrent de la faim ; si la situation continue à se détériorer et que l’aide n’est pas fournie, beaucoup de gens peuvent mourir », affirme Pauline Ballaman, responsable des opérations d’Oxfam pour la réponse en Afrique de l’Ouest.

Le nouveau rapport d’Oxfam sur « Le Lac Tchad, théâtre d’une crise oubliée » se propose de ’donner la parole à ces femmes, à ces hommes, à ces filles et à ces garçons déplacés, des suites de ces violences, ainsi qu’à celles et ceux qui les accueillent’, à la suite de la visite effectuée en avril et mai 2016 par Oxfam dans 35 familles d’accueil et de personnes déplacées établies dans sept localités au Niger et au Nigeria.


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