Droits humains

« La loi républicaine s’applique-t-elle encore pour les migrants ? »

Après le rapport d’Human Rights Watch

Témoignages.re / 28 juillet 2017

Dans un communiqué diffusé hier, le groupe Communiste Républicain et Citoyen du Sénat a fait part de sa solidarité avec les réfugiés victimes des exactions des autorités.

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Hier, un rapport de l’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, s’appuyant sur des entretiens menés avec 61 migrants et une vingtaine de travailleurs humanitaires, dénonce des « traitements inhumains et dégradants » (dont l’utilisation du spray au gaz poivré), ainsi qu’une « atteinte aux droits d’accès à l’eau et à la nourriture ».

En février dernier, quelques mois après le démantèlement de « la Jungle », la maire de Calais, Natacha Bouchard (LR) avait pris des arrêtés interdisant la distribution d’eau sur la commune. Le tribunal administratif de Lille a cassé cette décision en mars au motif qu’il faisait « obstacle à la satisfaction par les migrants de besoins élémentaires vitaux. ». Une décision non respectée qui a engendré une nouvelle ordonnance du tribunal fin juin, demandant aux autorités, préfecture et municipalité, de prendre des mesures pour améliorer la vie des migrants, notamment en leur assurant l’accès à l’eau. La mairie de Calais, soutenue par l’Etat, a fait appel.

Depuis, l’assistance humanitaire est régulièrement empêchée de distribuer de l’eau et de la nourriture aux migrants. Les droits les plus élémentaires continuent donc d’être bafoués à Calais comme à la frontière franco-italienne, où 156 migrants ont été arrêtés ce lundi (en gare de Cannes), alors que la majorité d’entre eux s’apprêter à déposer une demande d’asile en toute légalité. Ils étaient accompagnés de l’agriculteur militant Cédric Herrou, lui aussi arrêté, pour la sixième fois depuis un an.

Un nombre croissant d’Européens et de Français (particuliers ou associations) jugent indigne le sort réservé à ceux qui viennent chercher refuge dans notre pays. Mais, alors que l’Etat fait montre d’insuffisances flagrantes en matière d’accueil, il répond dans le même temps avec autoritarisme aux élans de solidarité de la population. Ainsi, des dizaines de procès pour « délit de solidarité » ont déjà été programmés cette année.

Accueillir et protéger les personnes fuyant la guerre la misère et la persécution est un devoir et pas seulement une incantation.

Rappelons que ces six derniers mois, 2 000 personnes ont péri ou sont portées disparues en Méditerranée. Face à cette crise révoltante, les sénatrices et sénateurs communistes enjoignent vivement le gouvernement à organiser en conséquence la solidarité avec ces personnes qui sont d’abord et avant tout des victimes.


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