Droits humains

La réalité de 2012 : la France au bord de la récession

Bilan 2012 : une croissance de 0,1% sur les 9 premiers mois de l’année

Témoignages.re / 29 décembre 2012

Au lendemain de la publication des chiffres du chômage de novembre, de nouvelles statistiques viennent encore démontrer l’aggravation de la crise en France, ce sont celles de la croissance au troisième trimestre. La France se maintient au bord de la récession, avec une croissance cumulée de 0,1%. Sur le plan individuel, le pouvoir d’achat a diminué de 0,2% au troisième trimestre. Voici le communiqué de l’INSEE annonçant ces derniers chiffres.

Au troisième trimestre 2012, le PIB en volume augmente de 0,1%, après un repli de 0,1% au trimestre précédent.

Les dépenses de consommation des ménages augmentent à nouveau (+0,2% après –0,2%). À l’inverse, la formation brute de capital fixe (FBCF) décroît (–0,3% après +0,4%). Au total, la demande intérieure finale (hors stocks) contribue positivement à la croissance du PIB : +0,2 point après +0,1 point. Les importations se contractent (–0,5% après +1,6%) et les exportations accélèrent légèrement (+0,6% après +0,3%). Ainsi, le solde extérieur contribue positivement à la croissance pour 0,3 point (après –0,4 point). Enfin, les variations de stocks des entreprises contribuent négativement à l’activité : –0,4 point au troisième trimestre, après +0,2 point.

Le pouvoir d’achat au niveau individuel se replie

La masse salariale reçue par les ménages accélère légèrement (+0,5% après +0,4%) et le dynamisme des prestations sociales ne faiblit pas (+0,9% après +0,9%). Cependant, les impôts sur le revenu et le patrimoine accélèrent vivement (+3,8% après +0,9%), portés par les mesures de renforcement des recettes fiscales votées pour redresser les finances publiques en 2012 : désindexation du barème de l’impôt sur le revenu, réduction de certaines niches fiscales, instauration d’une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et alourdissement de la fiscalité du capital. En conséquence, le revenu disponible brut des ménages ralentit en termes nominaux au troisième trimestre (+0,2% après +0,5%).

Le prix des dépenses de consommation des ménages progresse au même rythme qu’au trimestre précédent (+0,2%). Au total, le pouvoir d’achat du RDB (revenu disponible brut — NDLR) des ménages stagne ce trimestre, après avoir augmenté de 0,3% au deuxième trimestre. Ramené à un niveau individuel (c’est-à-dire mesuré par unité de consommation), le pouvoir d’achat diminue de 0,2% après avoir augmenté de 0,2% au deuxième trimestre.

La consommation des ménages en valeur accélère (+0,4% après 0,0%) et croît plus rapidement que le revenu nominal. Le taux d’épargne recule donc : il passe de 16,4% au deuxième trimestre à 16,2% au troisième.

Le taux de marge des SNF est quasi stable

La valeur ajoutée des sociétés non financières (SNF) augmente au même rythme qu’au trimestre précédent (+0,8% en valeur). Les rémunérations qu’elles versent accélèrent légèrement (+0,5% après +0,4%) car la baisse de l’emploi (–0,2% après quatre trimestres de quasi-stabilité) est plus que compensée par un salaire moyen par tête un peu plus dynamique (+0,7% après +0,4%). Les impôts sur la production qu’elles versent accélèrent (+1,9% après +1,1%), avec notamment le relèvement du taux du forfait social à l’été. Au total, la hausse de la valeur ajoutée restant supérieure à celles cumulées des rémunérations et des impôts, l’excédent brut d’exploitation des SNF continue de progresser (+1,4% après +1,6%) et leur taux de marge est quasi stable (28,3% après 28,2%).

La croissance du PIB au troisième trimestre est légèrement révisée en baisse

L’estimation de la croissance du PIB au troisième trimestre est révisée en baisse de 0,1 point, passant de +0,2% lors de la précédente publication à +0,1%. Cette moindre hausse résulte de l’intégration d’informations connues depuis lors. En particulier la production de transport est désormais évaluée en recul avec l’intégration de l’indicateur de transport routier de marchandises. En outre, la FBCF et la consommation de services sont globalement un peu moins dynamiques avec l’intégration des indicateurs de chiffre d’affaires sur le mois de septembre. L’acquis de croissance du PIB pour l’ensemble de l’année est également revu en baisse de 0,1 point, à +0,1%.

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Ce graphique représente l’évolution de la croissance du PIB et de ses différentes composantes. En France, la situation s’aggrave et 2013 s’annonce encore plus difficile.

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Pendant que les taux de marges des entreprises restent stables, le pouvoir d’achat des ménages continue de s’écrouler.

À retenir

- Croissance au 3e trimestre : 0,1%

- Prévision de croissance 2012 : 0,1% au lieu de 0,2% annoncé au second trimestre.

- Baisse du pouvoir d’achat de 0,2%

- Recul du taux d’épargne : de 16,4 à 16,2%
Tout baisse sauf les dépenses de consommation des administrations… pour l’instant

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Ce tableau montre une dégradation générale de l’économie en France par rapport à l’année précédente : chute des importations et des exportations, diminution de la consommation des ménages… seule la hausse des dépenses de consommation des administrations publiques (État et collectivité) permet de maintenir la France en dehors de la récession.

Mais avec le plan d’austérité, les dépenses publiques doivent être réduites de 10 milliards d’euros. Autant dire que pour 2013, la France marche droit vers la récession.


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