Droits humains

La Réunion : Lutter contre les violences policières

24 octobre 1984, 13 août 2010

Céline Tabou / 19 août 2010

La présence d’une patrouille motorisée dans une rue piétonne passant devant la mosquée au moment où la foule sort et la suite des événements rappelle une époque que l’on croyait révolue.

Vendredi 13 août, Abdul-Hack Juan, 31 ans, fils de la présidente UMP du Conseil général Nassimah Dindar est arrêté par la police pour avoir proféré des insultes en Réunionnais, lors du passage d’un véhicule de police, près de la mosquée de Saint-Denis. Venue en renfort, la Brigade anti-criminalité (BAC) a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les passants et les fidèles de la rue Maréchal Leclerc.
Cette affaire fait polémique, car le jeune interpellé est le fils de la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar. Cette affaire fait également resurgir les dures années de notre Histoire, avec la répression, et le racisme qu’a connu (et connaît encore) la génération précédente.

Retour en arrière

En 1984, le directeur de la police à La Réunion traite de « racaille » les lycéens et collégiens de l’Ouest, réunis au Port pour protester contre la baisse des bourses scolaires décidée par le gouvernement. Face à ce comportement raciste des forces de répression, des centaines de manifestants ont défilé dans les rues du Port, Saint-Benoît, et Saint-Pierre. En réponse aux insultes de la police, Paul Vergès avait alors déclaré que « nous sommes tous de la racaille réunionnaise luttant pour sa dignité face au colonialisme ». Unit pour l’égalité sociale et dire non au racisme, communistes, et citoyens ont tenu à défendre leur identité, et lutter contre les dérapages racistes de certains policiers qui n’hésitaient pas à clamer à la population « comme au Tchad les gars, enfilons du Réunionnais ! ».

Céline Tabou


Pourquoi les médias ne disent pas qu’Abdul-Hack Juan est le fils d’un procureur ?

Abdul-Hack Juan, également fils de James Juan, procureur de Beauvais a eu une altercation vendredi après-midi devant la mosquée de Saint-Denis. Tous s’évertuent à rappeler qu’Abdul-Hack Juan est le fils de Nassimah Dindar. Il n’est plus un citoyen, mais le fils d’une responsable politique, prise en pleine tourmente par cette affaire. Est-ce de la discrimination ou du racisme ? Car la volonté de nuire est bien réelle, et elle porte non seulement sur un jeune homme interpellé rudement par des policiers, mais aussi sur la présidente du Conseil général.


Où sont les excuses de la police ?

Philippe Trenec, directeur de la Sécurité Publique de La Réunion, se doit de présenter ses excuses aux Réunionnais touchés par les gaz lacrymogènes, et pour la brutalité dont ont fait preuve ses officiers, envers Abdul-Hack Juan, et envers les fidèles et passants autour. Cette affaire soulève l’émotion, tant auprès des citoyens, associations, militants et responsables politiques qui ont tenu, à soutenir le jeune homme, ce mercredi 18 août sur le Parvis des Droits de l’Homme.
Cette situation est encore vécue aujourd’hui, à travers la polémique actuelle d’Abdul-Hack Juan, mais aussi par des centaines de familles réunionnaises qui sont victimes du racisme, et de la répression.


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