Droits humains

La solidarité en mouvement dans le Sud de Madagascar

Mission du Comité de solidarité de Madagascar et du Secours populaire français

Témoignages.re / 9 juin 2016

Du 18 avril au 2 mai dernier, le Comité de solidarité de Madagascar et le Secours populaire français ont organisé une mission dans le Sud de Madagascar, la région du pays où la crise alimentaire est la plus forte à cause de la sécheresse. Le Programme alimentaire mondial affirme que Madagascar est le deuxième pays au monde le plus touché par la famine. Face à cette situation, c’est une mobilisation internationale. Mais La Réunion n’en fait pas partie. Au moment où le Comité de solidarité de Madagascar et le Secours populaire français étaient dans l’action, des élus de La Réunion préparaient leur voyage à Seattle pour assister à la livraison d’un Boeing.

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Le Sud de Madagascar attire toujours l’attention tous les ans lorsqu’on parle d’insécurité alimentaire ou le « KERE », et fait l’objet d’un appel à |’aide au niveau national et international. Depuis plusieurs années, le KERE a toujours fait de ravage dans cette région la plus pauvre de l’île, faisant l’objet de l’aide d’organismes ou d’associations tant nationaux, qu’internationaux. Le « KERE » fait touiours de plus en plus de victimes chaque année, et plus particulièrement les femmes et les enfants. Selon le PAM (Programme

Alimentaire Mondial), Madagascar est le deuxième pays au monde le plus touché par la famine.

Causes et facteurs favorisants de l’insécurité alimentaire

— Le Sud de Madagascar est toujours victime des alinéas climatiques, entraînant la sécheresse par manque d’eau, et provoque des problèmes de malnutrition. Mais l’année 2016 est aggravée par le phénomène El Nino qui réduit considérablement la pluie, augmente les feux de brousse et la vulnérabilité de la population.

— La sécheresse est un problème récurrent. Etant donné que la plupart des donations disparaissent mystérieusement, elles ne font qu’empirer le problème. Par dépit ou par colère, les populations se tournent vers le banditisme. A chaque fois que la sécheresse fait des ravages, le phénomène des « Dahalo » prend de l’ampleur.

— La croyance fait que pour pouvoir se marier, un homme doit être capable de voler un zébu (notion de « dahalo » en tout début).

Actuellement, cette notion s’est avérée caduque, car les « dahalo » sont devenus des grands bandits armés, qui tuent des gens à leurs passage, brûlent des villages, et emportent avec eux des troupeaux tout entier.

— Chaque année, les criquets font des ravages, en détruisant les récoltes

— La polygamie est de mise dans le Sud en fonction de la richesse (possédant des dizaines, des centaines, voire des milliers de zébus).

— Lors du décès de celui qui est riche, il faut abattre tous les zébus qu’il possède, ne laissant rien ou très peu à sa famille. Les cornes seront exposées pour décorer le tombeau.

Dans le district d’Ambovombe

Dans le district d’Ambovombe, le Comité de solidarité de Madagascar et le Secours populaire français ont livré une tonne de riz, une tonne de maïs, une tonne de manioc et 400 kilos de nourriture énergétique ont été distribués.

Une collaboration entre le Comité de solidarité de Madagascar et la Maison des Soeurs de la Charité d’Ambovombe s’est établie afin de sécuriser les vivres. Le choix est basé sur la crédibilité des sœurs envers la population locale. Les membres des sections locales du Comité de solidarité, aidés par la maison de la charité d’Ambovombe ont procédé à l’identification des personnes les plus vulnérables un mois avant l’opération.

Au cours de la première journée de distribution des vivres, chacun a pu obtenir un kilo de riz, un kilo fde manioc, un kilo de maïs ainsi que des produits énergétiques. La distribution s’est terminée sans heurt vers 19 heures, avec des visages ravis pour l’ensemble de la population et la satisfaction d’avoir réalisé leur devoir pour l’ensemble de l’équipe pour cette première journée.


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