Droits humains

Le chômage, phénomène mondial

Au Festival mondial de la Jeunesse

Céline Tabou / 21 décembre 2010

A l’occasion du séminaire sur le Chômage et la précarité des Jeunes, des délégations de nombreux États présents, comme le Venezuela, Israël, Sri Lanka, Cuba, Inde, Bangladesh et la France, ont exposé les difficultés des jeunes à trouver un emploi, et les conséquences du chômage sur la jeunesse.

Au Festival mondial de la Jeunesse, lors du séminaire sur le Chômage et la précarité, l’intervention des Jeunes Communistes (JC) français a été l’une des seules à donner des solutions pour éradiquer « ce cancer » qu’est le chômage. Pierric Annoot, secrétaire général, a pointé du doigt un système à revoir : « L’impérialisme prend place historiquement dans un système capitaliste, il est aujourd’hui temps de détruire le mur de cet impérialisme » qui conduit la jeunesse dans la précarité. A La Réunion, 55% des jeunes âgés entre 16 et 25 ans sont au chômage, et 28,9% des Réunionnais sont également sans emploi.

Offensive de l’impérialisme

« Les capitalistes pensent que le travail est un coût à réduire, et pour accroitre leurs bénéfices, ils tentent, depuis le Traité de Lisbonne, de mettre en place une stratégie visant à conduire les jeunes et les travailleurs dans la précarité ». Face à l’aggravation de la situation, Pierric Annoot appelle à trouver des mesures d’urgence pour la France, et pour tous les pays touchés par le chômage et la précarité.
En effet, Israël connait un chômage de plus de 50%, comme l’a indiqué Donia Abbas, de la Ligue de la Jeunesse communiste : « Nous n’avons pas de statistiques officielles, mais nous savons que le chômage ronge également la jeunesse israélienne, et atteint plus de 50% de la population. Le chômage touche de plus en plus de jeunes qui, en plus de la situation difficile vécue en Israël, doivent faire face à une précarité croissante, due à l’impérialisme américain ».
De même, à Cuba, au Sri Lanka, en Inde, le chômage touche plus de 30% de la population. « L’emploi est juste un rêve, une bonne partie de la population est au chômage dû à l’impérialisme américain », a indiqué la délégation indienne. De même, les différents intervenants ont exposé les conséquences du chômage sur la jeunesse et les travailleurs : suicide, mal-être, marginalisation, précarité constante, l’absence de projets professionnels et personnels, la dépression…
Cependant, face à l’ampleur que prend la crise économique et financière, de plus de plus de manifestations se mettent en place en Europe. Les luttes se multiplient, comme en Grèce, en Angleterre, en France, ou encore en Espagne. Les jeunes prennent de plus en plus conscience que ce système capitaliste « ne mène pas au bonheur des peuples ». Au sein même de ces mouvements de protestation, les jeunes posent des questions de fond, notamment : la rentabilité économique est-elle propice au bonheur de s’épanouir ?

Des solutions sont possibles

Pierric Annoot a expliqué que la situation actuelle demande des mesures spécifiques pour les jeunes et travailleurs « pour effacer ce sas de précarité et avoir des droits de travailleur ». Le chômage ronge de plus en plus la société, le rapport 2009 du Bureau international du Travail indique que « le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 18 à 30 millions à travers le monde, et même de 51 millions si la situation continue de se détériorer », par rapport à 2007.
Pour répondre à la question de l’emploi, il faut que « la finalité des besoins et du travail ne soit pas définie par des capitalistes ». Prenant l’exemple de l’allocation étudiante, le secrétaire général des JC propose la mise en place d’une Allocation étude sans travail, permettant aux étudiants de poursuivre sereinement leurs études, et une Allocation accès à l’emploi, car avant 25 ans, les jeunes ne vivent de rien, et doivent s’accommoder, osciller de boulot en boulot, sans réelle stabilité professionnelle, ni personnelle.
Une politique ambitieuse du travail demande de répondre à la question du financement. La « Banque centrale européenne dépouille le peuple et est au service des marchés, et non du développement de l’emploi ». De même, la taxation des crédits sélectifs représente une solution : moins taxer les entreprises créatrices d’emplois telles que les PME, et taxer au maximum les entreprises destructrices d’emplois, notamment les multinationales qui fusionnent et détruisent la vie de milliers de travailleurs.

De notre envoyée spéciale en Afrique du Sud, Céline Tabou


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