Droits humains

Le PCR solidaire du combat des Réunionnais « pou in ter oussa personn i res si bor shomin »

Journée mondiale du refus de la misère 2017 avec ATD Quart Monde La Réunion

Correspondant Témoignages / 18 octobre 2017

Ce jeudi 17 octobre sur le parvis des Droits de l’Homme devant le Téat de Champ-Fleuri (Saint-Denis), le mouvement ATD (Agir Tous pour la Dignité) Quart Monde La Réunion, présidé par Dominique Versini, a organisé une nouvelle célébration de la Journée Mondiale du Refus de la Misère. Une célébration marquée par une belle réussite, avec la mobilisation de centaines de personnes tout au long de la journée « pour un monde qui ne laisse personne de côté » et la solidarité exprimée par de nombreuses organisations associatives ainsi que le Parti Communiste Réunionnais.

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Les dirigeants du PCR présents à cette célébration (le président Élie Hoarau, le secrétaire général Maurice Gironcel et l’ex-sénatrice Gélita Hoarau), en présence notamment d’Idriss Issop-Banian, président du Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion (GDIR).

Le PCR était représenté par une forte délégation à cet événement, en particulier par plusieurs de ses dirigeants : le président Élie Hoarau, le secrétaire général Maurice Gironcel et l’ex-sénatrice Gélita Hoarau. Ceux-ci ont eu des échanges chaleureux avec les responsables d’ATD Quart Monde La Réunion, qu’ils ont félicité pour le rassemblement créé avec d’autres organisations de la société civile réunionnaise pour organiser collectivement cette célébration annuelle l’an prochain.

Cela s’est passé dans l’après-midi lors de la cérémonie commémorative où Dominique Versini a notamment rappelé « des événements fondateurs » de son mouvement : « Tout d’abord, il y a cent ans le 12 février 1917, Joseph Wresinski voyait le jour, et le 14 juillet 1956, prêtre envoyé par son évêque, il a rejoint des familles rassemblées dans un camp de sans-logis et il dit lui même : « J’ai été hanté par l’idée que jamais ces familles ne sortiraient de la misère aussi longtemps qu’elles ne seraient pas accueillies dans leur ensemble, en tant que peuple, là où débattaient les autres hommes ». Autrement dit, seul, on ne peut s’en sortir, alors qu’ensemble, hommes de toutes conditions la misère peut reculer.

C’est pour cela que le Père Joseph a fondé le Mouvement ATD Quart Monde en 1957, voilà 60 ans. Parce que la misère est une violation des droits de l’homme, il a refusé que des hommes, des femmes et des enfants soient pris dans cette spirale de l’exclusion par la non-reconnaissance d’autres hommes de leur dignité, de leur droit à vivre comme tout un chacun.

La misère est présente à partir du moment où un des droits fondamentaux n’est pas reconnu : droit à la santé, à l’éducation, à un travail, à un logement, à la culture, entre autres.

Nous fêtons aussi l’anniversaire de la naissance de Tapori, courant mondial d’amitié au sein d’ATD, qui relie entre eux des enfants de tous milieux.

Enfin, ce jour, journée mondiale du refus de la misère, reconnue par l’ONU depuis 1992, est célébré dans le monde entier depuis que le Père Joseph Wresinski a posé la première dalle à Paris, le 17 octobre 1987, en hommage aux victimes de l’exclusion et de la misère, mais aussi de ceux qui luttent quotidiennement pour la dignité de tout homme ».

« Un devoir sacré »

Aux côtés de deux femmes responsables d’ATD Quart Monde La Réunion, qui l’ont lu en malgache et en créole, Maurice Gironcel a été invité à lire en français le texte de cette dalle installée à Champ-Fleuri le 28 octobre 1989 : « Des défenseurs des droits de l’Homme et du Citoyen de tous les pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu homme aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire. ‘’Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré’’ (Père Joseph Wresinski) ».

Un comité du 17 octobre

Dominique Versini a aussi tenu les propos suivants : « S’unir, c’est rassembler des personnes qui portent cet idéal dans le cœur, afin d’annoncer plus loin ce message d’espérance que la misère n’est pas une fatalité mais elle peut être détruite car de construction humaine, de par les barrières posées dues au rejet de l’autre. Notre logo ‘’Stop pauvreté’’ réaffirme cette aspiration.

Dans cet optique, nous avons mis en place un comité du 17 octobre qui réunit des personnes de tous horizons, toutes cultures, milieux sociaux, confessions et ethnies.
Ce comité aura en charge de promouvoir la Journée mondiale du refus de la misère, en respectant l’esprit et le sens originel, ainsi que de préserver des espaces de rencontre, où des personnes de tous milieux puissent se retrouver ensemble, autrement, pour lutter contre la misère, les violations des Droits de l’Homme et pour chercher à construire la paix.

Même si cela fait 60 ans que le Mouvement ATD Quart Monde existe et se bat pour l’égalité des droits pour tous, et si cela fait 30 ans que la dalle est posée à Paris et existe dans plusieurs endroits du monde, nous croyons tous que les inégalités, l’exclusion, la discrimination et la misère peuvent disparaître ».

« Pour un avenir meilleur dans ce monde insensé »

Plusieurs personnalités sont intervenues pour exprimer leur soutien à ce combat, comme Idriss Issop-Banian, président du Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion (GDIR), qui a souligné les liens entre son organisation et le mouvement ATD Quart Monde, partenaire de la Journée réunionnaise de la fraternité célébrée le 24 septembre dernier à Piton Sainte-Rose. Il a également lu un message de Mgr Gilbert Aubry, où l’évêque exprime ses encouragements aux personnes qui luttent contre la misère.

On peut citer aussi d’autres intervenants solidaires de ce combat : le président de l’association Tapori de Pierrefond ; Delphine, une jeune militante qui a lu un poème sur « le sens de la vie : libérer le monde de la misère » ; Suzelle, pour qui « l’union fait la force et nous devons casser les barrières pour créer un monde où personne n’est laissé de côté » ; Serge Fabresson, qui a lu le témoignage d’un Mauricien sur l’exclusion des enfants à l’école ; et Bernard Grondin, directeur du mouvement Emmaüs, qui a lu un poème « pour un avenir meilleur dans ce monde insensé ».

Enfin, nous citerons les prestations magnifiques des Enfants de Joli Fond, qui ont proclamé des chants très émouvants « pour chercher ensemble les clés de l’amitié et de la paix », pour l’union afin que « ceux qui ne se ressemblent pas s’assemblent », et pour l’amitié car « c’est notre histoire, notre reflet dans le miroir ». Des messages très forts pour renforcer le rassemblement des Réunionnais afin d’en finir avec la misère dans notre pays.

Correspondant