Droits humains

Les violences contre les femmes : « Arrêtons ce cauchemar » !

Deux nouveaux documentaires du CEVIF

LB / 26 novembre 2013

Hier après-midi, le Collectif pour l’Élimination des Violences Intra Familiales (CEVIF), présidé par Thérèse Baillif, a présenté publiquement deux nouveaux courts-métrages, dans le cadre de la célébration réunionnaise de la Journée Internationale pour l’Elimination des Violences envers les Femmes. Des documentaires, réalisés par Laurent Zitte, qui seront diffusés dans toute l’île pour sensibiliser la population — notamment les jeunes — à la gravité de ce problème.

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La projection des deux nouveaux documentaires du CEVIF a été suivie d’échanges très intéressants avec le public, animés par Thérèse Baillif et le psychosociologue Arnold Jaccoud.

Après la Journée Internationale des Droits de l’Enfant (le 20 novembre), le CEVIF a organisé de nombreuses actions à La Réunion hier à l’occasion de la traditionnelle Journée Internationale pour l’Elimination des Violences envers les Femmes (voir "Témoignages" du mardi 19 novembre dernier) . Parmi ces actions, il y a eu une très belle "Journée Portes ouvertes" au siège du Collectif à Saint-Denis (14 rue Henri Vavasseur - Immeuble Europa 2 - Tél : 0262 41 80 80- mail : cevif@orange.fr).

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La présidente du CEVIF a présenté l’équipe de spécialistes des violences intra-familiales qui se consacrent à l’élimination de ce « cauchemar » avec des militant(e)s bénévoles du Collectif.

Cette Journée, fréquentée par un public nombreux, a commencé par la présentation d’un documentaire sur le CEVIF, avec ses objectifs, axes prioritaires , actions et interventions, partenariats. Puis il y eu un atelier de travail sur le thème "Communication non violente", animé par le psychologue Romy Malbroukou, des informations sur la situation de la violence à La Réunion et la projection d’un court-métrage sur la situation des femmes dans le monde.

Un projet d’accompagnement des victimes

À la mi-journée, il y a eu des échanges à partir du livre de Claude Sihn intitulé "L’île violentée", animé par l’auteure et la visite de l’exposition sur les thèmes : "Les violences faites aux femmes" - "Droits de la Femme, l’histoire inachevée". En début d’après-midi, le CEVIF a présenté ses deux nouveaux spots audio-visuels réalisés par le cinéaste réunionnais Laurent Zitte. Cette projection a été suivie d’échanges très intéressants avec le public, animés par Thérèse Baillif et le psychosociologue Arnold Jaccoud.

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Hier au siège du CEVIF il y avait des expositions de panneaux pédagogiques et didactiques très intéressants sur l’Histoire des violences contre les femmes dans le monde…

La journée s’est terminée par la projection d’un court-métrage sur la situation des femmes en Afrique, suivie d’un débat animé par Arnold Jaccoud ; puis par un échange autour de la Loi Cadre "Égalité des chances – Hommes/Femmes", animé par un juriste ; et enfin, la proposition d’un projet d’accompagnement des victimes lors des procès.

Trois axes principaux

Avant la projection des deux nouveaux courts-métrages du CEVIF, sa présidente a rencontré des visiteurs pour leur présenter les trois axes principaux de son mouvement :

• des actions de prévention contre les violences intra-familiales par des rencontres avec des jeunes dans des écoles primaires, des collèges, lycées, centres de vacances etc… mais aussi avec des adultes sur leurs relations conjugales et avec leurs enfants, sur le rôle et le contenu des médias, la transmission des valeurs citoyennes ;

• du travail auprès des victimes de violences, avec leur accueil, leur accompagnement, leur soutien moral et d’autres aides à ces personnes pour favoriser leur reprise en mains de leur destin, notamment par des animations de groupes de paroles de femmes victimes ;

• des rencontres pour renforcer les réseaux, les liens et les actions communes avec d’autres associations partenaires de ce combat contre les violences intra-familiales, car il est important de se mettre ensemble pour mutualiser nos moyens, affirme Thérèse Baillif.

« S’attaquer aux causes »

Parlons à présent des deux mini-films de quelques minutes, intitulés "Arrêtons ce cauchemar !" et "Ousa i lé lo télékomand ?", présentés au public, qui a donné un point de vue très positif à ce sujet. Thérèse Baillif a d’abord souligné que ces documentaires sont « porteurs d’un message qui percute et qui fait réfléchir sur la violence ». Arnold Jaccoud a expliqué pourquoi et comment ils sont des moyens indispensables pour la prévention et l’éducation à ce sujet car « il ne suffit pas d’intervenir sur les conséquences des violences mais il faut aussi s’attaquer à leurs causes » .

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… sur les avancées des droits des femmes en France grâce à plusieurs révolutions…

Mgr Gilbert Aubry, venu apporter son soutien au travail du CEVIF, a déclaré que ces films pourraient éventuellement être des outils pour les préparations des mariages. L’évêque de l’Église catholique à La Réunion a également attiré l’attention sur le fait que l’on assiste à « une commercialisation de la violence dans certains médias, voire même dans des vidéos offerts en cadeaux de Noël » .

« Changer le monde »

Le CEVIF va voir comment diffuser au mieux ces deux courts-métrages, qui sont destinés à lutter contre la banalisation des drames familiaux liés à diverses formes de violences et pour montrer qu’il y a une alternatives à la violence car elle n’est pas une fatalité. Et comme le dit Arnold Jaccoud, « les violences sont un des problèmes fondamentaux de notre société ».

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… et les diverses formes de violences contre les femmes avec leurs multiples conséquences.

D’où l’intérêt pédagogique de ces films, qui font prendre conscience de la gravité des violences et de leurs effets, et qui prouvent que l’on peut changer les comportements des personnes tout en « changeant le monde » . C’est pourquoi, comme dit l’un des films, « avec le CEVIF, mobilisons-nous contre toutes les formes de violences ».

L. B.


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