Droits humains

Mobilisation massive contre une "politique ouvertement raciste"

Le 4 septembre contre la xénophobie, les manifs en France

Céline Tabou / 6 septembre 2010

A l’appel d’associations, syndicats et partis de gauche, des dizaines de milliers de personnes sont descendues, samedi 4 septembre, dans les rues de France, pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

La Ligue Internationale des Droits de l’Homme, le MRAP, le Syndicat de la Magistrature, les organisations juives, Amnesty International, les collectifs de sans-papiers, le Mouvement pour la Paix, ont manifesté aux côtés de syndicats, d’associations et de partis politiques pour dénoncer les agissements du gouvernement contre les Roms, les Sans Papiers, et la montée du racisme en France.

Mécontement général contre Nicolas Sarkozy

En France, mais aussi en Europe, de nombreux manifestants se sont réunis dans les lieux stratégiques, notamment les ambassades, à l’appel du réseau européen contre le racisme (ENAR). A Paris, la manifestation a débuté devant le ministère de l’Immigration, où artistes, et responsables politiques ont poussé la chansonnette contre les expulsions de Roms, et de Sans Papiers.
Les banderoles des manifestants étaient nombreuses : "Halte au racisme, liberté, égalité, fraternité en danger", "Non à la xénophobie et à la politique du pilori", "Chaque homme est grand", "La France et l’Europe doivent protéger les réfugiés", "Auvergnat, Maghrébins, nous sommes citoyens"...
Près de 77.300 personnes selon le ministère de l’intérieur, 100.000 selon les organisateurs, ont défilé dans toute la France. Malgré la mobilisation, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a estimé sur France-Info, que les manifestations n’avaient rassemblé “que quelques dizaines de milliers de personnes", constituant selon lui "une déception" pour leurs organisateurs.

La communauté internationale pointe du doigt Paris

Épinglé par le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) qui a jugé sa politique à l’égard des étrangers discriminatoire, Nicolas Sarkozy ne compte pas revenir sur cette orientation, et notamment son projet de loi relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité.
Le Conseil de l’Europe a également rappelé à l’ordre le gouvernement, fin août, pour sa "stigmatisation" des Roms. La Commission européenne suit le dossier de près.
Le pape Benoît XVI y a fait allusion le 22 août dernier en rappelant, en français, la nécessité de « savoir accueillir les légitimes diversités humaines ». Au sein du gouvernement, la secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, s’est insurgée contre le lien fait par le gouvernement entre immigration et sécurité. Son homologue des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré avoir envisagé de démissionner. Quant au ministre de la Défense, Hervé Morin, il a critiqué la stigmatisation d’une communauté.

Céline Tabou


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