Droits humains

"Non au racisme et aux discriminations, respèkt a nou" demande la révocation des auteurs de l’affiche raciste

Lettre au ministre de l’Intérieur

Témoignages.re / 30 mai 2011

Dans une lettre adressée au ministère de l’Intérieur, le collectif salue les première mesures disciplinaires prises par l’autorité hiérarchique et demande que les auteurs de tels faits ne puissent plus être dépositaires de l’autorité publique.

« Notre presse locale s’est faite l’écho en date du 27 mai 2011 de faits extrêmement graves qui se sont produits à la gendarmerie de Bras Panon, au nord de l’île de La Réunion. Un ou des gendarmes ont affiché sur un tableau de service de la gendarmerie deux imprimés qui dressent le portrait-robot des jeunes “Niktamère”, un “nouvel animal introduit en Europe de l’Ouest”. Ce texte vise les jeunes originaires du Maghreb (1). Les affiches, en plus d’un scandaleux condensé de clichés insultants et racistes, usent même de comparaisons animales pour qualifier les Français d’origine maghrébine. Nous sommes au paroxysme de la haine raciale.
À la suite de cette « affaire », la gendarmerie de La Réunion a officiellement déploré ces agissements, demandant la suspension du commandant mis en cause et saisissant le parquet « afin que toute lumière soit faite sur ces faits graves ». Dans un communiqué, la Préfecture de La Réunion a, elle, justement rappelé que le prononcé, la divulgation ou la publicité de propos racistes sont interdits par la loi et font l’objet de sanctions pénales.
Nous rappelons pour notre part que la prolifération de telles publications et caricatures sont des incitations à la haine raciale, dangereuses pour la cohésion sociale au sein d’une société multi ethnique telle que la France et portent atteinte à la dignité de la personne humaine.
Les propos racistes et/ou incitant à la haine à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, nation, race ou religion déterminée sont réprimés pénalement par de nombreuses lois depuis la loi du 29 juillet 1881, et ce, particulièrement lorsque les attaques incriminées ont lieu sur la voie publique.
La prolifération de ces messages par ceux qui sont censés représenter et assurer l’ordre et l’autorité publics est extrêmement dangereuse pour la tranquillité publique et ébranle honteusement les valeurs de la République, et parmi elles, celle de la fraternité.
Le respect, par ce corps de l’État, des lois et règlements de la République ainsi que de la personne humaine, quelles que soient ses appartenances communautaires, religieuses, philosophiques ou ses origines doit être particulièrement intact, entier et inaltérable afin que soient garanties la pérennité des valeurs républicaines et la neutralité du service public en France.
À moins d’un an des présidentielles, la publicité de tels propos sont de véritables terreaux pour l’extrême droite et en particulier le Front national, qui établit un lien direct entre Français issus de l’immigration et délinquance et chômage.
C’est pourquoi, nous saluons les mesures disciplinaires qui ont d’emblée été prises localement pour sanctionner le ou les responsables de ces agissements. Mais nous sollicitons, par la présente, de votre bienveillance, pour que, en tant qu’autorité hiérarchique, vous meniez à leur terme ces procédures et veilliez à ce qu’elles aboutissent à la révocation du ou des auteurs de ces faits. »

Émilie Assati
Pour le collectif “Non au racisme et aux discriminations. Respekt anou !”


Motion du Collectif “Non au racisme. Respekt a nou !”

Affichage de propos et caricatures racistes dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Bras-Panon

Le collectif compte déposer aujourd’hui à la gendarmerie de Bras-Panon, lieu des faits, une motion dont voici le contenu :

« Considérant l’article du “JIR” du 27 mai 2011 relatant l’affichage de caricatures et propos racistes dans les locaux de brigade de gendarmerie de Bras-Panon ;

Considérant le communiqué de la gendarmerie de La Réunion déplorant ces agissements, demandant la suspension du commandant mis en cause et saisissant le parquet « afin que toute lumière soit faite sur ces faits graves » ;

Considérant le communiqué de la Préfecture rappelant que le prononcé ou la publicité de propos racistes font l’objet de sanctions pénales ;

Considérant que les gendarmes sont dépositaires de l’autorité publique et sont garants de l’ordre public ;

Considérant que le respect, par ce corps, des lois et règlements de la République, de la personne humaine, de même qu’une stricte neutralité dans l’exercice de ses fonctions doivent être entiers et inaltérables afin que soient garanties la pérennité des valeurs républicaines ainsi que la cohésion sociale ;

Considérant que toute personne, quelle que puisse être soit son appartenance communautaire, religieuse, philosophique ou ses origines a droit au respect et à la dignité ;

Le collectif “Non au racisme et aux discriminations. Respekt anou !” demande à la gendarmerie et à la Préfecture de La Réunion de veiller à ce que la procédure disciplinaire enclenchée à l’encontre du ou des auteurs de tels faits soit menée jusqu’à son terme et aboutisse à la révocation. »


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