Droits humains

« Parce que je suis une fille »

La situation des filles dans le monde

Céline Tabou / 13 octobre 2012

Le rapport 2012 de l’organisation Plan International, intitulé “Parce que je suis une fille” fait état de la situation des filles dans le monde. Ce sixième rapport de la série “Because I’m a girl” traite plus particulièrement de l’éducation et de leur situation lorsqu’elles atteignent l’adolescence.

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Elles sont 39 millions âgées de 11 à 15 ans à ne pas aller à l’école, d’après l’UNESCO et son “Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous 2011. La crise cachée : les conflits armés et l’éducation” de 2011. Ce chiffre peut s’expliquer par les discriminations, les violences, la méconnaissance des bienfaits de l’éducation pour les filles, le mariage, les grossesses précoces, l’éloignement. Face à ce constat, le rapport de l’organisation non gouvernementale indique que « les gouvernements du monde entier ont la possibilité de changer ce constat, de s’engager à garantir aux filles neuf années d’une éducation de qualité et de prendre en compte dans les budgets et le planning sectoriel les besoins spécifiques des adolescentes, et en particulier les défis auxquels elles doivent faire face pour obtenir l’équité de genre et la justice sociale ».

« Les filles sont encore perdantes à l’école et à la maison »

Perdante en matière d’éducation, le Plan demande l’application du droit à l’éducation des filles et la possibilité pour elles de « jouer un rôle significatif au sein de leurs communautés et de rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté ». L’organisation a rappelé le 3e objectif du Millénaire pour le développement (OMD) qui place l’équité de genre au centre des politiques internationales. Cet « objectif ambitieux » doit être poursuivi à tous les niveaux de la société, explique le document, car sa réalisation amènera « de profonds changements dans le monde dans lequel nous vivons ». Cependant, les filles et jeunes femmes sont les moins considérées dans les politiques publiques, notamment dans l’éducation, qui joue un rôle clé.
À l’occasion de la première Journée internationale des jeunes filles des Nations unies, l’ONG a rappelé que « les 75 millions de filles qui selon les estimations sont privées de salles de classe à travers le monde constituent une violation majeure des droits (de l’homme) et un énorme gâchis de potentiel ».

Pauvreté et violence

Trois facteurs communs existent dans toutes les régions du monde, en ce qui concerne l’absence de scolarisation des filles qui sont les moins : elles sont pauvres ; elles vivent dans des régions rurales et elles sont issues de groupes ethniques victimes de discrimination ou d’exclusion.
La comparaison faite par l’organisation montre l’écart qu’il existe entre les dépenses de scolarisation et les dépenses de consommation. En 2004, le montant investi dans les campagnes de scolarisation pour tous était inférieur à la somme dépensée par les États-Unis et l’Europe en crèmes glacées (31 milliards de dollars) et à peine supérieur aux sommes dépensées pour les cosmétiques (18 milliards de dollars). Cela représente qu’1/70e des 1.600 milliards de dollars dépensés dans le monde pour l’armement.
Nigel Chapman, président de Plan International a expliqué lors d’un point presse qu’une « fille éduquée est moins vulnérable face à la violence, moins susceptible de se marier et d’avoir des enfants alors qu’elle n’est encore elle-même qu’une enfant, et plus à même de savoir lire et écrire et d’entrer en pleine santé dans l’âge adulte ». À long terme, « une éducation secondaire protège les filles contre le VIH, le harcèlement sexuel, et le trafic d’êtres humains ».

 Céline Tabou  


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