Droits humains

Perquisition à une mauvaise adresse : une fillette blessée à Nice

Les abus de l’état d’urgence en France

Témoignages.re / 10 février 2016

Dans sa déclaration du 3 février, Human Right Watch fait part de témoignages de victimes des procédures d’exception permise par l’état d’urgence : perquisition et assignation à résidence sans autorisation d’un juge. Voici un premier abus.

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Dommages subis par la mosquée d’Aubervilliers, une banlieue au nord de Paris, lors d’une perquisition effectuée le 17 novembre 2015 dans le cadre de l’état d’urgence. © 2015 Association des musulmans d’Aubervilliers

« Lors d’une perquisition effectuée juste avant l’aube le 19 novembre à Nice, les policiers ont blessé une fillette de 6 ans pendant son sommeil en tirant des coups de feu pour faire sauter les verrous de la porte de l’appartement, projetant des fragments de bois à travers toute la pièce, dont certains ont touché la fillette au cou et à l’oreille. La police n’a rien trouvé dans l’appartement, qui s’est avéré être la mauvaise adresse.

« On a été réveillés en sursaut par des coups, des coups, des coups, puis des tirs aussi », a déclaré « Omar », le père de cinq enfants, dont la fillette. Avant l’entrée des forces de police qui l’ont contraint à se coucher à terre, il a couru dans la chambre des enfants et a vu du sang sur le cou de sa fille.

« J’ai reçu un coup de poignard au cœur », a-t-il confié. « J’ai cru qu’elle était morte. » Un poteau de lit entre la tête de sa fille et la porte l’a protégée d’un impact direct, a-t-il indiqué.

Les blessures de la fillette étaient superficielles, mais elle reste traumatisée, selon son père : « Ma fille a encore des hématomes. Elle a des frayeurs la nuit, elle fait beaucoup de cauchemars, on la couche à un endroit, on la retrouve à un autre. »

« C’était un coup très dur pour notre famille », a-t-il dit à propos de la perquisition effectuée à tort. Six des sept membres de la famille qui se trouvaient dans l’appartement au cours de la perquisition reçoivent un appui psychologique, et un médecin a prescrit à Omar un arrêt maladie pour anxiété et insomnie, a-t-il ajouté.

Les autorités locales ont présenté des excuses pour la perquisition effectuée à tort et ont remboursé les frais de remplacement de la porte. Si Omar a déclaré comprendre qu’elles essayaient juste de faire leur travail, il a ajouté qu’« elles devraient faire plus attention. »

Source Human Rights Watch


Kanalreunion.com