Droits humains

Plusieurs centaines de prisonnières de Boko Haram libérées

Offensive de l’armée du Nigeria dans la forêt de Sambisa

Témoignages.re / 5 mai 2015

L’armée nigériane a annoncé avoir tiré un autre groupe de 234 femmes et filles des griffes de Boko Haram, ce qui porte à 687 le nombre total de femmes, filles et d’enfants secourus par ses troupes depuis leur invasion de la forêt de Sambisa, dans le cadre d’une nouvelle offensive contre la secte islamiste, lancée le 14 février.

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Un an s’est écoulé depuis cette terrible image des jeunes filles prisonnières de Boko Haram.

Le porte-parole de l’armée, Chris Olukolade, a déclaré que ces 234 femmes et enfants ont été libérés par les soldats à la croisée de Kawuri et Kondua de la forêt de Sambisa, un des derniers bastions du groupe rebelle, qui a été chassé de la plupart des villes et villages qu’il occupait.

Le général Olukolade a indiqué que les femmes et les enfants retrouvés ont été réunis aux autres otages récupérés pour déterminer leurs identités.

« L’assaut contre la forêt se poursuit sur plusieurs fronts et les efforts sont concentrés sur la libération des otages civils et la destruction de tous les camps et installations des terroristes dans la forêt », a-t-il expliqué.

Boko Haram, un groupe de militants islamistes, procède depuis 2009 à des tueries, des massacres et à des enlèvements de milliers de personnes au niveau de l’Etat le plus peuplé d’Afrique. Le groupe, on se le rappelle, avait récemment prêté un serment d’allégeance à l’Etat islamique, un groupe de militants se réclamant des islamistes et qui a récemment déclaré un “Caliphat” pour diriger tous les musulmans après s’être emparé de la majeure partie des localités en Syrie et en Irak.

Alors que la secte islamiste dans le Nord-Est du Nigeria a enlevé environ 2000 femmes et filles de leurs familles depuis le début de l’année 2014, l’enlèvement en masse opéré l’année dernière, au mois d’avril au niveau du lycée de Chibok, est devenu, selon Amnesty international, un symbole de l’insurrection islamiste qui a ravagé, depuis 6 ans, le plus grand producteur de pétrole de l’Afrique.

Les femmes enlevées par le groupe islamiste ont été réduites en esclaves sexuelles ou endoctrinées pour devenir par la suite des combattantes, a déclaré le 14 avril dernier Amnesty international dans un rapport publié pour marquer l’anniversaire de l’enlèvement de ces lycéennes de Chibok.

En ce qui concerne les parents des lycéennes enlevées, les récentes nouvelles de libération de femmes par l’armée nigériane ont ravivé leurs espoirs de retrouver vivantes un jour leurs filles.

Selon une source militaire, l’armée nigériane s’apprête à remettre les otages libérés à l’agence nationale en charge de la gestion des cas d’urgence (NEMA) pour des soins et une réhabilitation à la suite des expériences subies aux mains des insurgés.
Un centre de réhabilitation a été désigné pour elles à Yola avec un groupe d’experts pour leur prodiguer des soins médicaux et psychologiques requis pour leur retour normal à la vie.

« Certains des otages libérés ont une instabilité au niveau mental à cause des mauvais traitements subis aux mains des islamistes et de l’environnement défavorable dans lequel elles vivaient avant d’être sauvées par l’armée », selon une source de l’armée nigériane.


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