Droits humains

Pourquoi la patrouille d’un véhicule de police à la sortie de la mosquée ?

Incompréhension face à la brutalité policière

Céline Tabou / 18 août 2010

L’affaire fait polémique depuis vendredi 13 août, lorsqu’une intercation, entre les forces de l’ordre et le fils de Nassimah Dindar, et du procureur de Beauvais, James Juan, Abdul-Hack Juan, s’est déroulée devant la mosquée de Saint-Denis. La question qui se pose est pour quelle raison un véhicule de police circulait dans une ruée piétonne bondée un vendredi après-midi, et après la prière ?

Une patrouille de police aurait touché Abdul-Hack Juan, au moment ou la police redescendait la rue Maréchal Leclerc. Le jeune homme frôlé par le véhicule aurait, selon les différents témoignages, manifesté son agacement auprès des agents. Se croyant insultés, les officiers ont tenté d’interpeller le jeune homme, qui s’est débattu.
Un ralé-poussé débute, et des personnes qui sortaient de la mosquée, ont tenté de calmer la situation. Peine perdue, Abdul-Hack Juan est emmené au commissariat Malartic. Lors de cette interpellation, la brigade anti-criminalité a fait usage de gaz lacrymogène incommodant les commerçants, passants et fidèles.

Provocation évidente

Levée de protestations de la part des Réunionnais, associations, militants et responsables politiques ont tenu, dès le lendemain, a exprimé leur indignation face à cette interpellation musclée. Mais, Philippe Trenec, directeur de la Sécurité publique de La Réunion, atteste que « les individus présents dans l’artère principale du centre-ville, ont fait preuve d’une agressivité qui justifiait l’usage contrôlé de deux aérosols de lacrymogène ». Les vidéo de surveillance feront la lumière sur l’intercation.
Que faisait cette patrouille motorisée à l’heure de plus grande affluence dans la rue piétonne, devant la mosquée de Saint-Denis. Le climat d’insécurité qui s’est installé en France n’a pas court à La Réunion. Il n’y a pas de banlieue à risque ici. Le “vivre ensemble” a encore un sens ici. L’objectif n’est-il donc pas de créer un malaise entre la communauté musulmane et les représentants de l’État, alors que tous ont été outrés par l’attitude des policiers ?

Céline Tabou


À quand les excuses de la police ?

Lors de l’arrestation policière mouvementée d’Abdul-Hack Juan, des fidèles et des passants ont reçu en plein visage du gaz lacrymogène de la part de la Brigade anti-criminalité (BAC). Enfants, familles, commerçants, passants sont sortis de la rue, les yeux rougis, et la gorge irritée.
Usage de gaz lacrymogène, interpellation brutale, situation tendue entre les agents de police et les riverains. La police aurait pu résoudre cette affaire calmement, sans force, ni gaz lacrymogène, par voie de médiation, tentée par Ibrahim Dindar. Bien que le patron des policiers de La Réunion soit allé s’entretenir avec l’imam de la mosquée dans l’après-midi, il n’y a pas eu d’excuse envers les Réunionnais présents lors de l’incident.
Comme le dit le “JIR”, Saint-Denis n’est pas « une de ces banlieues de métropole d’où nos gouvernants se complaisent à brandir les spectres de l’insécurité et de son corollaire le plus brutal : la répression ».


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