Droits humains

Pourquoi sommes-nous en Afghanistan ?

Des Réunionnais embarqués dans une sale guerre

Geoffroy Géraud-Legros / 20 octobre 2009

Jour après jour, des informations font apparaître la réalité de la guerre menée par la Coalition en Afghanistan. Une réalité bien lointaine des professions de foi de justice et de civilisation qui légitiment la poursuite du conflit.

Deux jeunes Réunionnais ont été tués en Afghanistan entre Août 2008 et Septembre 2009.
Toutes les précautions avaient-elles été mises en œuvre pour éviter ces drames ? Aucune réponse n’avait été apportée à ces questions. La réaction des autorités s’était alors limitée aux commémorations et à l’exaltation des prétendues valeurs martiales de la jeunesse réunionnaise.
Les évènements récents relancent les interrogations sur les conditions dans lesquelles opèrent nos jeunes… et sur les fonctions exactes qu’ils remplissent sur le théâtre des opérations.

Nos jeunes meurent-ils pour la corruption et la fraude ?

En août 2008, 10 soldats français tombent au cours d’une attaque en Afghanistan. L’un d’entre eux est le Réunionnais Anthony Rivière, 21 ans, originaire du Tampon. Les récentes révélations par le “Times” du 15 octobre dernier d’une possible sous-estimation des risques par l’état-major français éclairent d’un jour nouveau les circonstances au cours desquelles le jeune homme a perdu la vie. D’après l’hebdomadaire britannique, les forces françaises auraient évalué à la baisse les risques que courraient les soldats dans la zone qu’ils occupaient. A l’origine de cette erreur, toujours selon le “Times”, la pratique des troupes italiennes, présentes dans la zone avant les Français. Celles-ci auraient pris pour habitude de soudoyer leurs adversaires afin d’éviter les conflits.
Plus récemment, Peter Galbraith, Chef adjoint de la mission de l’ONU en Afghanistan, révélait pour sa part la caution donnée par les forces d’occupation aux fraudes électorales massives constatées en faveur du président sortant Hamid Karzaï lors du scrutin organisé le 20 août dernier.
Ces informations battent en brèche un discours de guerre qui exalte la mission « civilisatrice » et « démocratique » de l’occupation guerrière de l’Afghanistan. Dans ce contexte, on doit se demander si de jeunes Réunionnais, dont les grands-parents ont connu la colonisation, et dont les parents ont subi la corruption et la fraude, sont bien à leur place dans un conflit où les puissances occupantes foulent aux pieds la morale qu’elles prétendent imposer.

G.G.


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