Droits humains

Réfugiés : des défis sans précédent

Le nouveau Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés a pris fonction

Témoignages.re / 6 janvier 2016

L’Italien Filippo Grandi, un vétéran des efforts des Nations unies pour aider les réfugiés, a pris fonction lundi à la tête de l’agence des réfugiés des Nations unies à une période de défis sans précédent, avec un nombre record de personnes dans le monde forcées de fuir la guerre et la persécution.

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Photo Alfredo D’Amato/UNHCR

« Le HCR navigue dans des eaux extraordinairement difficiles », a déclaré M. Grandi, un vétéran de 27 ans de l’Onu qui succède à Antonio Guterres du Portugal en tant que Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, pour un mandat de cinq ans.

« La combinaison de multiples conflits et résultant des déplacements de masse, des nouveaux défis à l’asile, l’écart des financements entre les besoins et les ressources humanitaires, et la xénophobie croissante sont très dangereux », a ajouté l’ancien chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche - Orient (Unrwa).

Un million de migrants ont traversé la Méditerranée

Un communiqué de l’Onu transmis à la PANA indique que plus d’un million de réfugiés et de migrants, principalement venant de la Syrie, de l’Irak et de l’Afghanistan déchirés par la guerre, ont traversé la mer Méditerranée vers l’Europe au cours de la dernière année, le plus grand nombre de personnes déplacées jamais vues par la guerre et les conflits en Europe de l’Ouest et du centre depuis les années 1990, lorsque plusieurs conflits ont éclaté dans l’ex-Yougoslavie.

Les autres défis auxquels fait face le Bureau du Haut Commissaire pour les réfugiés (HCR), qui a reçu deux fois le Prix Nobel de la paix - en 1954 et en 1981 - comprennent les déficits critiques dans le financement humanitaire, moins de retours volontaires qu’à tout moment en plus de trois décennies, le fait que les gens restent en exil pendant de longues périodes et une politisation accrue des problèmes des réfugiés dans de nombreux pays.

« La chemin reste un défi, mais j’espère que - en collaboration avec les gouvernements, la société civile et d’autres partenaires - nous ferons des progrès dans la protection internationale et l’amélioration des conditions de vie de millions de réfugiés, déplacés internes et apatrides », a souligné M. Grandi.

« Je souhaite également que les solutions aux crises de déplacement seront poursuivies avec une détermination renouvelée en faisant face à leurs causes profondes et en investissant les ressources politiques et matérielles adéquates. Le HCR, dont le mandat comprend la recherche de solutions, est prêt à travailler avec tous ceux qui poursuivent cet objectif ’.

Près de 60 millions de personnes déplacées en 2015

Âgé de 58 ans, M. Grandi a travaillé dans les affaires internationales depuis plus de 30 ans, 27 d’entre eux avec l’Onu. A la veille de diriger l’Unrwa, il a travaillé pour la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) comme représentant spécial adjoint, après une longue carrière avec le HCR en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et au siège de l’agence à Genève.

Créé par l’Assemblée générale de l’Onu en 1950, le HCR a aidé des dizaines de millions de personnes à recommencer leur vie. Aujourd’hui, un personnel de plus de 9 700 personnes dans 126 pays, dont beaucoup travaillent dans les urgences humanitaires et à proximité de zones de conflit, continuent d’aider et de protéger des millions de réfugiés, des rapatriés, des personnes déplacées internes (Pdi) et des personnes apatrides.

En juin 2015, il a été signalé que le déplacement forcé dans le monde entier avait atteint un nouveau sommet post - Deuxième Guerre mondiale de 59,5 millions de personnes. Les niveaux de déplacement ont continué d’augmenter depuis lors, plus visiblement avec les plus d’un million de réfugiés et de migrants qui ont traversé la Méditerranée pour l’Europe au cours de l’année écoulée.


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