Droits humains

Renforçons sans cesse la solidarité réunionnaise avec les victimes de toutes les violences

Célébration réunionnaise de la Journée Internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes

Témoignages.re / 26 novembre 2012

Une marche blanche avec des flambeaux samedi soir à La Trinité, une rando-vélo pour la paix dimanche matin entre La Délivrance et le Jardin de l’État, et puis toute une journée ensuite d’échanges dans ce même espace public dionysien : voilà comment résumer les actions menées ce week-end à La Réunion dans le cadre de l’édition 2012 de la Journée Internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Une célébration marquée par un appel massif des participants à renforcer constamment la solidarité avec les diverses violences dont souffrent de plus en plus de nos compatriotes, surtout des femmes et des enfants.

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Plusieurs centaines de Réunionnaises et de Réunionnais ont participé, hier et la veille à Saint-Denis, aux actions organisées par le CEVIF (Collectif pour l’Élimination des Violences Intra Familiales), présidé par Thérèse Baillif, avec de nombreux partenaires associatifs et institutionnels, notamment le Conseil général. D’ailleurs la présidente du Département était présente hier au Jardin de l’État afin d’exprimer ses souhaits pour soutenir les personnes victimes de violences et pour prévenir ces drames (voir encadré) .

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La journée d’hier a commencé par la Rando-vélo pour la paix, organisée par le Comité Réunionnais de Promotion du Vélo, présidé par Philippe de Cotte. Ce mode de déplacement doux et non polluant a été utilisé « pour soutenir le combat du CEVIF pour la douceur et le bien-vivre ensemble dans nos familles ».

Des solutions à mettre en place

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Une bonne cinquantaine de cyclistes — dont deux élues municipales du Port, parties tôt de l’Ouest en raison de la fermeture de la route littorale à 6 heures — ont participé à cette randonnée. Après des prises de paroles de Thérèse Baillif et de Philippe de Cotte devant l’église de La Délivrance, les usagers du vélo se sont rendus devant la préfecture et jusqu’au Jardin de l’État par la rue de Paris, en écoutant — comme le reste du public — les appels à la non-violence lancés tout au long du parcours. (voir encadré)

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Ensuite, la journée a été marquée par de nombreux ateliers pour débattre de la gravité des violences intra-familiales et de leur aggravation, pour échanger des idées sur les causes socio-économiques et culturelles de ces violences, mais aussi pour trouver des solutions à mettre en place dans les services publics. À ce sujet, dans ses interventions publiques, Thérèse Baillif a beaucoup insisté sur la nécessité et l’urgence de renforcer les mesures publiques pour aider les personnes en souffrance, victimes des violences, pour les protéger, pour prévenir ces violences, pour éduquer les enfants dès le plus jeune âge et dans toutes les écoles au respect de l’autre.

Non aux diviseurs des Réunionnais

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Et tout au long de la journée, le public, mais aussi des artistes, des responsables associatifs et autres militant(e)s des causes humaines ont exprimé leur volonté d’unir toujours davantage leurs forces afin d’atteindre ces objectifs. Les associations, les services du Conseil Général, les Agents de Cohésion Familiale étaient tous présents pour informer, pour échanger sur ce terrible fléau que sont les violences contre les autres.

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En même temps il faut être conscient que parmi les pires violences, qui en engendrent d’autres, il y a la misère, les inégalités, le chômage, la précarité, l’exclusion et toutes les autres formes d’injustices. Face aux diviseurs des Réunionnais, soyons donc toujours plus unis et solidaires pour faire respecter les droits et la dignité de toutes les personnes qui souffrent de plus en plus de toutes les formes de violences, aux effets de plus en plus tragiques.

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Correspondant

Pour Nassimah Dindar, il faut fédérer les efforts et les moyens

Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, était aux côtés de Thérèse Baillif, la Présidente du CEVIF, pour montrer combien il est essentiel de sensibiliser, de fédérer les efforts et les moyens. « Le Conseil Général est un acteur dans cette cause, mais il ne peut et ne doit pas être seul. Nous avons mis en place avec le concours de l’État, deux assistantes sociales dans certains commissariats. Formées pour accueillir, écouter, rassurer les femmes venant témoigner, elles sont aujourd’hui débordées.

J’ai écrit au Préfet et lui ai proposé d’augmenter leur nombre et d’en mettre 4. Je n’ai pas de réponse aujourd’hui.

C’est l’État qui a la compétence, mais l’État n’a peut-être pas les moyens. Cette cause est mondiale, ce fléau détruit les personnes et la violence ne faiblit pas. Il faut que les efforts soient communs. Si les communes consacraient 1 pour cent de leur budget aux associations, on gagnerait du terrain, si tous ensemble nous mettions les moyens et faisions des efforts, les mentalités changeraient et la violence baisserait ».

Puis Nassimah Dindar a rappelé la mise en place des Agents de Cohésion Familiale (ACOF), un nouveau dispositif de la Collectivité, tous bénéficiaires du RSA, formés par le CEVIF pour aller à la rencontre des collégiens afin de les sensibiliser aux problèmes de violences intra familiales : « ils sont aujourd’hui 19 et sont présents dans toute l’île. Ils sont effrayés par les propos tenus par les jeunes, leur souffrance, leur peur. Leur tâche est tellement immense, qu’il faudrait élargir ce dispositif aux écoles primaires, aux lycées. J’ai donc écrit à la Région, aux communes, au Rectorat pour qu’il y ait une vraie politique cohérente. Pourquoi ne pas mettre en place des formations d’assistants de cohésion familiale afin de créer de vrais métiers nécessaires à la cohésion familiale ? Quand les familles faillissent, il est essentiel de répondre car ce sont ces jeunes qui feront demain une société de paix et non, une société de bataille. Nous devons tous agir au plus près de chez nous, dans les maisons, dans les rues, dans les écoles et mettre en place, ensemble, des actions concrètes ».

Pour conclure, la présidente du Conseil général à tenu à rendre hommage au travail assidu de Thérèse Baillif, la présidente du CEVIF : « Cela fait 28 ans que je connais Thérèse. J’ai fait mes premiers pas dans l’associatif avec elle. Il faut saluer le bénévolat et aujourd’hui je veux la remercier car elle n’a jamais baissé les bras ».
Des appels à la non-violence

Voici quelques phrases lues par une représentante du CEVIF lors de la Rando-vélo pour la Paix et qui sont des extraits de la résolution 48/104 de l’assemblée générale de l’ONU du 20 décembre 1993 :

« L’exercice et la protection de tous les droits de la personne humaine et des libertés fondamentales doivent être garantis aux femmes, à égalité avec les hommes… ».

« … modifier les comportements sociaux et culturels des hommes et des femmes et éliminer les préjugés, coutumes et pratiques (par l’éducation) ».

« ... encourager la recherche... sur les causes, la nature, la gravité et les conséquences de la violence à l’égard des femmes ainsi que sur l’efficacité des mesures prises pour prévenir et réparer la violence à l’égard des femmes… ».

« … Il est urgent… que les femmes bénéficient universellement des droits et principes consacrant l’égalité, la sécurité, la liberté, l’intégrité et la dignité de tous les êtres humains ».

« … La violence à l’égard des femmes va à l’encontre de l’instauration de l’égalité, du développement et de la paix… ».

« … Les termes "violences à l’égard des femmes" désignent tout acte de violence dirigé contre le sexe féminin et causant un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques… ».

Constats récents

« En France, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences conjugales ».

« À La Réunion, le nombre de violences conjugales constatées a augmenté de plus de 50 % au cours des trois dernières années ».

"Si ou plait, arrête tape do moune. Le coup sa y fait mal sur le corps, mais encor plus dans le cœur".

"Quand un boug y tape son femme, li lé plus un moune mi di a ou".

"Nu veu vive en paix dans not famille. Dan in famille y doit avoir l’amour, le respect, pas bataille".
Slogans

Oté mèt un frin ek out min siouplé.

La lang na poin le zo mé kozman i fé mal.

Out’ madame lé joli, aime à li.

L’amour dan la caz’ sa nou veu bien

Bataille dans la caz" sa nou veu pas.


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