Droits humains

« Un exemple de ce qui ne devrait jamais se produire »

Incident devant la mosquée de Saint-Denis

Geoffroy Géraud-Legros / 19 août 2010

Hier à midi, environ 150 personnes ont convergé vers la place des Droits de l’Homme pour entendre Rémi Boniface, avocat d’Habdul-Hack Juan.

« Le vivre-ensemble et la tolérance », affirme-t-il, « constitue le véritable patrimoine réunionnais ». Mais semble-t-il, « tout le monde n’en est pas convaincu, dans les rangs de la police et parmi les autorités ». Évoquant le fond de l’affaire, le défenseur d’Habdul-Hack Juan a (…) des « images vidéos sans appel », qui témoignent d’une « intervention d’une brutalité injustifiée face à la mosquée » de la police dont selon Me Boniface, les responsables « relaient les mensonges de leurs subordonnés ». Une implication et une attitude invoquées par l’avocat à l’appui d’une demande adressée au procureur de « dessaisir la police de l’enquête ».

Respecter les droits de l’Homme

« Ceux qui ont construit le Commissariat de la Rue Malartic y ont gravé un texte : celui de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Celle-ci n’est-elle plus considérée aujourd’hui que comme un vulgaire tag ? », interroge Rémi Boniface, après avoir donné lecture des articles 12 et 15 de ce texte. « Habdul-Hack est dans son droit », a-t-il ajouté, rappelant qu’en l’absence des conditions prévues par la loi, son client « n’avait pas l’obligation de se soumettre à un contrôle d’identité ».

Intervention « brutale et injustifiée »

L’avocat de la défense a ensuite évoqué avec émotion le traitement subi par la victime, « étranglée pendant le transport, pendant qu’on lui maintenait le bras en l’air », avant de revenir sur les circonstances de l’évènement : un fourgon fendant la foule dense d’une rue piétonne, des passants obligés de s’écarter, et soudain, l’incident. « Qui peut croire qu’ Habdul-Hack a délibérément agressé 5 policiers ? », demande l’avocat, qui rappelle qu’au moment des faits, l’état d’esprit du jeune homme était plus marqué par des sentiments de piété religieuse et familiale que par la volonté d’en découdre « Habdul-Hack était heureux, car il allait rompre le jeûne en compagnie de son père », affirme Me Boniface, qui conclut à une intervention « injustifiée » des forces de l’ordre. « Un exemple de ce qui ne devrait jamais se produire »… tout en se refusant, précise-t-il, à « stigmatiser tout un corps »,« seul un petit nombre se comporte comme des cow-boys et des abrutis ».

Geoffroy Géraud-Legros


Solidarité : des présents et… des absents
Aline Murin Hoarau, Béatrice Leperlier, Catherine Gaud, Maya Césari, André Thien Ah Koon… plusieurs élu(e)s de l’Alliance s’étaient retrouvé(e)s sur la place des Droits de l’Homme, afin d’apporter leur soutien à Habdul-Hack Juan. Élus et responsables du PCR avaient fait eux aussi le déplacement : à la présence de la sénatrice Gélita Hoarau, s’ajoutait celle de Maurice Gironcel, d’Ary Yee Chong Tchi Kan, de Jean-Max Hoarau, ainsi que le secrétaire général du Parti, Élie Hoarau. Les jeunes n’étaient pas en reste avec Camille maillot, présidente de l’UNEF et Gilles Leperlier, président de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER). Le collectif Non au racisme ! Respekt anou ! était représenté lui aussi par le biais de Sylvie Mouniata et d’Emilie Assati. Nulle trace, en revanche, de Didier Robert, président de la Région Réunion, et de Gilbert Annette, pourtant maire de Saint-Denis, commune théâtre des faits…


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