Droits humains

Un million de personnes menacées par la famine à Madagascar

À 1.000 kilomètres de La Réunion

Témoignages.re / 24 mai 2016

Le changement climatique a un impact direct sur l’agriculture et la sécurité alimentaire à Madagascar. L’augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes comme la sécheresse provoque une très grave catastrophe tout près de chez nous. Au moins un million de personnes risque la famine dans le Sud de la Grande Île. Cela explique pourquoi la situation à Madagascar est un des sujets brulants du premier Sommet humanitaire mondial commencé hier et se termine aujourd’hui à Istanbul en Turquie.

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Le changement climatique diminue la production de riz dans le Sud de Madagascar. Le stress alimentaire est devenu la règle dans cette vaste région dont certaines parties sont encore plus gravement touchées. ©FAO/Yasuyoshi Chiba

Depuis hier se tient à Istanbul le premier Sommet humanitaire mondial. C’est le résultat de de trois années de consultations auprès d’environ 23.000 personnes dans plus de 150 pays. Les organisateurs, l’ONU et la Turquie, s’attendent à recevoir durant deux jours 6.000 participants, y compris des représentants des Etats membres de l’ONU, des leaders d’organisations non gouvernementales nationales et internationales, et des représentants du secteur privé et des communautés affectées par les conflits ou les catastrophes naturelles.

Grave crise tout près de chez nous

Le monde connaît une importante croissance démographique alors que se manifestent les effets du changement climatique. La conjonction de ces deux phénomènes peut avoir de graves conséquences. Le changement climatique perturbe le calendrier de la production agricole. Dans le même temps, des phénomènes qui étaient rares et extrêmes tendent à se reproduire plus souvent. Dans notre région, le Sud de Madagascar a été touché par plusieurs vagues de sécheresse. Elles ont fait baisser la production agricole alors que les besoins de la population ne peuvent pas baisser du fait notamment de la croissance démographique. Cette crise se tient à l’écart de la plupart des caméras. C’est pourtant sans doute le plus grand scandale dans notre région. Comment imaginer que tout près de chez nous, autant de monde souffre de la faim, alors que nous sommes en 2016.

Ces faits très graves explique pourquoi les plus hautes autorités de Madagascar sont déplacement au premier Sommet humanitaire mondial.

Pour Madagascar, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a fait le déplacement. Selon Béatrice Attallah, ministre des Affaires étrangères de Madagascar citée dans un article paru hier dans « la Dépêche de Madagascar », la Grande île sera au premier plan des différentes tables rondes qui seront organisées en marge de cet évènement.

Demande d’aide internationale

« Les avancées que Madagascar a déjà réalisées sur les sujets tels que le droit de la femme seront annoncées durant cette rencontre. Et le pays à travers le Président Hery Rajaonarimampianina qui conduit la délégation malgache devra, entre autres, faire des engagements solennels sur le droit de la femme et les questions genre ». Outre Béatrice Attalah, trois autres membres du gouvernement font partie de la délégation. Il s’agit de Narison Rafidimanana, ministre en charge des projets présidentiels, Charles Andriamiseza, ministre de la Justice et Onitiana Realy, ministre de la Population.

La sécurité alimentaire aura aussi une place importante. Madagascar est en effet une des régions du monde où la sécheresse fait le plus de dégâts. Le Sud de l’île est touché de plein fouet par une succession de ce phénomène extrême. Depuis le mois de mars, le gouvernement malgache a décidé de déclarer l’état de sinistre dans cette partie de la Grande île. Sur le terrain, la FAO et le PAM se mobilisent aux côtés du gouvernement et des ONG. Afin de faire face à cette catastrophe dans l’urgence, le gouvernement a fait un appel à l’aide internationale pour collecter 69,7 millions de dollars.

Les États-Unis agissent à Madagascar

Les États-Unis viennent d’y donner une suite favorable en apportant plus de 10 % de la somme demandée.

La semaine dernière, l’ambassadeur des États-Unis a apporté un soutien de son pays à cette bataille. Robert Yamate a rendu visite au Premier ministre de Madagascar. Le diplômate a annoncé une aide 8 millions de dollars pour lutter contre la menace de famine dans le Sud de Madagascar.

« Madagascar est un des pays d’Afrique australe et orientale qui souffrent actuellement d’une sécheresse prolongée. Ceci est une crise alimentaire sérieuse et ces fonds apporteront une aide alimentaire à la population qui en a le plus besoin » a expliqué Robert Yamate cité par « la Dépêche de Madagascar qui précise que « le financement servira à fournir des suppléments alimentaires et nutritionnels aux populations des régions de l’Androy, de l’Atsimo Andrefana et de l’Anosy, qui ont été les plus sévèrement touchées par la sécheresse ».


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