Droits humains

Un nouveau rapport confirme l’usage de la torture par l’Administration Bush

Solidarité avec le combat de 166 personnes emprisonnées injustement par les dirigeants américains depuis 11 ans et en grève de la faim

Témoignages.re / 30 avril 2013

Les experts, dont d’anciens généraux, des juges et des avocats, critiquent dans leur ensemble les méthodes utilisées par l’Administration Bush, signale "Le Monde" dans un article paru le 17 avril dernier avec l’“AFP” et “Reuters”. Le drame vécu actuellement par les personnes en détention arbitraire dans la prison de Guantanamo illustre la gravité de cette violation des droits humains par les dirigeants des États-Unis.

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De tout temps, ceux qui attentent aux libertés fondamentales tentent de camoufler leurs abus. Avec sa fière devise : “Honor Bound to Defend Freedom", la prison illégale et centre de torture, véritable enclave hors du droit international, ne déroge pas à la règle. Sinistre rappel du "Arbeit macht frei" des camps de la mort nazis.

Le groupe Constitution Project a publié mardi 16 avril un rapport accablant sur les méthodes d’interrogatoires des détenus soupçonnés de terrorisme mises en œuvre par l’Administration de George W. Bush et a appelé Barack Obama à fermer la prison de Guantanamo d’ici à la fin de 2014.

Le Constitution Project estime que jamais dans l’histoire des États-Unis il n’y a eu « le genre de discussions mûrement réfléchies et détaillées comme celles d’après le 11-Septembre (2001) impliquant le président et ses principaux conseillers sur le bien-fondé et la légalité de la souffrance infligée à certains détenus dans nos prisons » . « Il est indiscutable que les États-Unis se sont livrés à des actes de torture » , conclut le rapport de cinq cent soixante-dix-sept pages, le plus complet jamais écrit sur le sujet.

Les experts, dont d’anciens généraux, des juges et des avocats, critiquent dans leur ensemble les méthodes utilisées par l’Administration Bush, mais ils se concentrent particulièrement sur le centre de détention de Guantanamo, que Barack Obama s’était engagé à fermer au début de son premier mandat.

Simulations de noyade

Le président américain a de fait interdit certaines pratiques, en particulier les simulations de noyade, dès son arrivée à la Maison-Blanche en 2009, mais les conditions de détention sur la base de Cuba continuent de faire l’objet de vives critiques de la part des défenseurs des droits de l’Homme.

Constitution Project qualifie la détention illimitée sans jugement de pratique « exécrable et intolérable » et appelle à la fermeture de Guantanamo avant la fin du retrait des troupes combattantes américaines d’Afghanistan. Les cent soixante-six personnes qui sont encore détenues à Guantanamo devraient d’ici là être jugées par des tribunaux civils ou militaires, extradées vers des pays où elles ne seront pas torturées ou emprisonnées aux États-Unis, recommande le groupe.

Les experts, qui se définissent comme ce qui se rapproche le plus d’une « commission vérité » , ont auditionné pendant deux ans d’anciens et d’actuels responsables politiques et militaires américains et d’anciens détenus sur les pratiques américaines à Guantanamo, en Afghanistan, en Irak et dans les prisons secrètes de la CIA à l’étranger.

Nourris de force

Le groupe dénonce l’alimentation de force mise en place par les autorités militaires de Guantanamo pour faire face à la grève de la faim en cours dans la prison, estimant qu’il s’agit « d’une forme d’abus à laquelle il faut mettre un terme » . Une centaine de détenus participent à ce mouvement, pour certains depuis le 6 février, selon leurs avocats. Ils sont quarante-cinq, selon le dernier bilan du capitaine Robert Durand, porte-parole de la prison, dont treize sont alimentés de force. Deux d’entre eux ont été hospitalisés en observation.

Les grévistes, qui protestent notamment contre leur régime de détention illimitée, sans inculpation, ni procès, sont ainsi nourris de force par des tubes insérés par le nez et reliés directement à l’estomac, une pratique que le rapport juge « contraire aux critères éthiques professionnels et médicaux établis » au niveau international.


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