Droits humains

Une étudiante malgache menacée de reconduite à la frontière

Immigration

Témoignages.re / 9 avril 2010

La Mairie de Saint-André, la Ligue des Droits de l’Homme, le Réseau Education Sans Frontières et l’Union Nationale des Etudiants de France demandent à la Préfecture de trouver une « solution humaine » pour une étudiante malgache menacée de reconduite à la frontière. Son seul tort serait d’avoir changé de filière d’études.

L’adjointe au maire de Saint-André, Cendrine Peignon, Axel Naillet, de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Jacques Penitot du Réseau Education Sans Frontières (RESF 974) et Guillaume Aribaud de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) ont tenu une conférence de presse hier pour alerter l’opinion sur le cas d’une étudiante malgache menacée de reconduite à la frontière.
C’est un peu par hasard que Cendrine Peignon, par ailleurs enseignante, a découvert le cas de cette étudiante. L’élue a d’abord été contactée par une assistante sociale pour que cette étudiante et sa sœur, lycéenne, en situation précaire, puissent bénéficier d’une aide financière de la mairie. Ces jeunes filles résident en effet à Saint-André. Il y a quelques semaines, Cendrine Peignon est alors informée que l’étudiante n’a pas obtenu le renouvellement de sa carte de séjour, parce qu’elle a changé de filière d’études.
En effet, après deux années de BTS en alternance, l’étudiante s’est orientée vers une Licence d’anglais. Une formation qui lui tenait à cœur depuis son arrivée à La Réunion, mais qu’elle n’avait pu entreprendre pour des raisons financières. Cette étudiante malgache est donc depuis le 31 mars en situation irrégulière et peut être expulsée à tout moment.
La Mairie de Saint-André, le RESF 974, la LDH et l’UNEF ont formulé une demande de recours gracieux à la Préfecture. « Nous demandons de déclencher rapidement une possibilité de papier, une intervention auprès du secrétaire général afin de trouver une solution humaine », indique Cendrine Peignon.

« L’étranger n’est pas souhaitable sur le territoire français »

A travers ce cas concret, la Mairie de Saint-André, la LDH, le RESF 974 et l’UNEF ont voulu attirer l’attention sur les « contradictions d’un système » qui ne permettent pas aux étudiants de la zone océan Indien de venir se former à La Réunion dans de bonnes conditions. L’étudiant étranger n’a pas le droit d’être un élève moyen, il n’a pas le droit de changer d’orientation, constate Cendrine Peignon. Axel Naillet dénonce la difficulté d’obtention des permis de séjour aux Consulats de Madagascar et de Moroni. A cela s’ajoute une « préfecture soumise à la politique du chiffre en matière d’immigration ».
« On en revient à l’idée que l’étranger n’est pas souhaitable sur le territoire français car on l’empêche de se former pour qu’il puisse un jour contribuer au développement de son pays. On parle de coopération régionale et pourtant rien n’est fait concrètement pour l’encourager, pour créer un système de réseau et d’échange sur lequel on pourra s’appuyer quand ces étudiants seront aux responsabilités dans 10 ans, 15 ans », affirme le vice-président de la LDH.
Pour les organisations présentes, le cas de cette étudiante malgache illustre le durcissement de la politique d’immigration en France, avec l’adoption le 31 mars dernier du nouveau « projet de loi relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité ».
RESF 974 a eu connaissance de 5 cas semblables depuis le début de l’année. La LDH affirme avoir adressé de nombreux courriers à la Préfecture en 2009, sans jamais obtenir de réponse. Ces organismes espèrent un meilleur dialogue avec le nouveau préfet.

EP


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