Droits humains

Une jeunesse qui s’interroge sur son devenir

La vie au quotidien

Jean Fabrice Nativel / 12 février 2013

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En colère : c’est l’état d’esprit dans lequel se trouvent les jeunes que l’on a rencontré hier en fin de journée dans une cité de la capitale. Ils ont pour point commun le fait d’être sans emploi depuis leur majorité ou d’être recrutés de temps à autre.

Ces trois amis se retrouvent souvent pour des discussions sur La Réunion. Il en ressort plusieurs questions : où va La Réunion ? L’aime-t-on ? S’intéresse-t-on à sa jeunesse ? Que fait-on réellement pour les sans emploi ?

En un mot, ils demandent des comptes à qui de droit. Merci de leur apporter une réponse concise.

• Jérôme

Il recherche un emploi dans le BTP comme peintre. Il a obtenu un CAP en la matière en 2010. Depuis cette date, il ne compte plus les lettres de motivation et CV adressés aux entreprises de ce secteur. Elles lui répondent que du fait de la conjoncture, elles n’embauchent pas dans l’immédiat.
La seule proposition qu’il a reçue vient de Pôle emploi. Cette structure lui propose en effet une remise à niveau et non un perfectionnement dans sa spécialité. Il a décliné cette offre. Ce refus lui a valu quelques remontrances de la part de son conseiller. Mais bon !
Aujourd’hui, Jérôme s’interroge sur son devenir professionnel à La Réunion. De celui-ci dépend son avenir personnel. En fait, il ne se voit pas fonder une famille sans avoir d’emploi. C’est un signe de dignité, responsabilité et liberté.

• Linda

Elle est en quête d’une place au sein d’une boulangerie. Elle aussi est diplômée d’une école hôtelière réputée de la place. Sauf qu’avec son haut niveau de formation, elle peine à décrocher un emploi de pâtissière.

On la sollicite uniquement pour des remplacements d’un demi-mois ou d’un mois. Tous ses collègues s’accordent sur son professionnalisme. Elle s’adapte très vite à l’esprit d’équipe. Elle ne baisse pas les bras, elle continue à envoyer des courriers.

Elle est prête à déménager. Elle pensait qu’avec sa qualification, elle aurait pu au bout d’une année obtenir un CDI. Pensez-vous ! Elle en est à sa troisième année sans salariat pérenne. Elle s’inquiète, car d’autres personnes arrivent sur le marché de l’emploi avec la même qualification.

• Pascal

Le Bac pro comptabilité en poche, il a opté pour un BTS comptabilité qu’il a passé avec succès en 2009. De cette année à 2013, on a fait appel à lui pour cause de surcroît de travail. Il a accepté afin de mailler la théorie au terrain.

Sans problème, il a rempli les comptes de résultat et autres bilans. D’ailleurs, il connaît les ficelles du plan comptable. L’enregistrement d’une opération est une formalité puisqu’il a été formé au logiciel de référence dans ce domaine.

Récemment, il a reçu une proposition pour se substituer à un cadre partant en congés de maternité. Il a répondu oui. C’est important, c’est l’occasion à nouveau de mettre son savoir-faire en pratique. Sans quoi, il peut le perdre explique-t-il. Après tant d’années d’apprentissage, ce serait dommage.

JFN