Logement

16 familles bientôt propriétaires

Opération Tamariniers à La Possession

Témoignages.re / 17 juillet 2010

À l’invitation de La Possession et de la SEMADER, des familles de cette ville ont visité, mercredi de la semaine dernière, une maison de témoin de l’opération Tamariniers — RHI [1] Tamarin Sarda initiés par ces partenaires. "Éradiquer l’insalubrité et aider les familles à accéder à la propriété" est leur objectif. Et "depuis 1998 la commune affiche la volonté de résorber un maximum d’habitats insalubres". Avec cette initiative, 16 familles vont devenir propriétaires de leurs maisons dés cette fin d’année. Ainsi, elles vivront dans un cadre de vie agréable.


Situation du quartier

Le quartier Tamarin Sarda se situe dans les premiers lacets du CD 41. Il s’insère dans un secteur d’urbanisation récente, qui s’est développé considérablement avec la construction des lotissements : la Marianne, le Grand large, Choka, Paul et Virginie…
Le site de la RHI, d’une surface de 5,5 hectares, se décompose en deux parties, de part et d’autre du CD 41.


Qu’est ce qu’une opération de RHI ?

La procédure de RHI a été définie il y a plus de trente ans par la loi Vivien pour relever le défi de l’insalubrité massive et faire table rase des bidonvilles. Dans les années 70, ces opérations ont concerné des périmètres de grande ampleur, notamment en centres-villes ou en quartiers anciens, avec démolition et reconstruction de toutes pièces, en y intégrant des équipements publics.
Depuis le début des années 80, 58 opérations de RHI ont été réalisées à la Réunion. Elles ont permis la réalisation de 7.700 logements (hors logements réhabilités) répartis de la manière suivante :
- 35% sur le territoire Ouest

- 33% sur le territoire de la CINOR

- 23% pour la micro-région Sud

- (seulement) 9% pour l’Est
Les premières RHI ont concerné les bidonvilles de Saint-Denis, Saint-Pierre et du Port sous forme de grandes opérations dedémolition/reconstruction. Puis, dans les années 90, le dispositif s’est étendu à une grande partie des communes avec dans un premier temps des opérations encore importantes sur des quartiers périphériques. À partir du milieu des années 90, les opérations engagées ont été de taille plus réduite (petits périmètres d’intervention notamment dans le Sud de l’île).
Aujourd’hui, plus qu’une solution à un problème d’insalubrité, la résorption de l’habitat insalubre devient un véritable outil de développement social, qui se montre à l’écoute des habitants pour s’adapter aux différents modes de vie de celles et ceux qui en bénéficient.


Qu’est ce que l’insalubrité ?

L’insalubrité est définie au code de la santé publique par la notion de danger grave pour la santé des occupants et voisins de tout immeuble, bâti ou non, vacant ou non, du fait de son état ou de ses conditions d’occupation.
Quelques critères d’insalubrité (parmi les 29 existants) :

- la taille du logement : un logement d’une superficie totale de moins de 9 mètres carré, et d’une hauteur sous plafond inférieure à 2 mètres 20
est un logement insalubre,

- l’eau : un logement qui ne possède pas d’arrivée d’eau potable, ni d’eau chaude, et qui n’est pas équipé d’un siphon d’évacuation des eaux est considéré comme insalubre,

- la ventilation et l’éclairage : un logement est insalubre s’il n’a pas d’ouverture donnant sur l’extérieur et assurant éclairage naturel et ventilation,

- l’nstallation électrique : une installation électrique qui n’est pas aux normes (fils dénudés par exemple) ou qui ne fonctionne pas est un critère d’insalubrité.

- les sanitaires : un logement doit comporter une douche et des toilettes séparées de la cuisine et de la pièce principale.
Pour chaque critère est évalué le degré d’insalubrité d’un logement en fonction du risque pour la santé des occupants ou du voisinage.


Offrir aux familles un logement décent

C’est le but de La Possession et la SEMADER avec la réalisation de RHI au sein de cette ville et apporter ainsi à des familles modestes des conditions de vie dignes :
• Terrain de sel : 278 au total dont 32 logements évolutifs sociaux, 30 logements locatifs très sociaux (LLTS), 196 logements locatifs sociaux (LLS), 3 acquisitions-améliorations, 17 logements collectifs de standing en accession à la propriété.
• Ti toulit Cap Noir : 51 acquisitions-améliorations, 39 acquisitions simples, 12 LES, 2 LLTS, 14 lots libres.
• Ravine Lafleur : 27 LES, 71 locatifs dont 29 LLS, 42 LLTS, 13 lots prêts à taux zéro, 4 prêt social location-accession, 30 lots libres, 11 acquisitions simples, 19 acquistion-améliorations — données CRAC 2009.
• Tamarin Sarda : 20 LES, 28 LLS et LLTS, 25 acquisitions simples, 15 acquisitions-améliorations, 2 lots libres.


Avancement du projet RHI Tamarin Sarda

Le programme initial de la RHI prévoyait 94 constructions pour 80 familles enquêtées. Le programme a été réactualisé au fur et à mesure de l’avancement de l’opération et des besoins des familles.
• Logements locatifs : sur les 28 logements locatifs prévus, 19 ont été réalisés. (La réalisation des 9 derniers logements est conditionnée par la libération des emprises de construction.) La construction des 19 logements locatifs a permis le relogement en transit des familles dans l’attente de la livraison de leur logement évolutif social, mais a aussi permis des relogements définitifs.
Acquisitions simples : 23 acquisitions simples sur 35 ont déjà été signées. Il est prévu de signer les derniers actes dans le courant de l’année 2010, début 2011.
Acquisitions-améliorations : 3 programmes d’acquisitions-améliorations sont aujourd’hui achevés ; les 12 autres restants sont en cours de montage de projet.
Logements évolutifs sociaux : l’opération Tamariniers compte 16 LES. Les travaux ont débuté en août 2008. Suite à une défaillance de l’entreprise
titulaire du marché de travaux, un arrêt de chantier est intervenu en février 2009. La SEMADER a relancé un appel d’offres afin de recommencer au plus vite les travaux. Ceux-ci ont repris en juillet 2009. Leur achèvement est prévu pour septembre 2010. Les premières ventes auront lieu dans le courant du mois de novembre 2010, sous réserve de la signature des offres
de prêt et du versement de l’apport personnel par les familles concernées.

[1Résorption de l’habitat insalubre.


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