Logement

Huguette Bello dénonce le désengagement de l’État en faveur du logement social

Sophie Périabe / 8 juin 2011

Avec 7.000 familles en attente d’un logement social, la commune de Saint-Paul subit aujourd’hui « les retards accumulés par les anciennes municipalités ». Pourtant, les projets de construction ne manquent pas, mais se heurtent à la question du financement. Pour 2011, la commune ne disposera que de 3,08 millions d’euros au titre de la LBU, il en faudrait le double.

Il y a quelques années, « lorsque nous étions à l’âge d’or du logement social, de nombreuses communes ont beaucoup construit, notamment Le Port, Saint-Pierre. Ici, les choses sont restées en l’état », déplore la députée-maire de Saint-Paul.
Même si aujourd’hui, la nouvelle équipe a fait du logement social sa priorité, le retard est difficile à rattraper faute de moyens financiers.
« Notre premier objectif est le respect de la loi SRU imposant un quota de 20% de logements sociaux, nous en sommes à 9,27% », indique Huguette Bello.
Pour la période 2011/2016, la municipalité a ainsi programmé la construction de près de 3.000 LLS/LLTS. Avec un rythme de livraison de 400 logements par an, la commune devrait atteindre les 20% en 2020, « grâce à une politique volontariste d’acquisitions foncières et le nouveau PLU ».
Malheureusement, pour 2011, la Ligne budgétaire unique (LBU) se chiffre à 65 millions d’euros pour La Réunion. Un montant très insuffisant lorsqu’on sait que 50 millions d’euros financeront en réalité des projets de l’année dernière. « Où se trouvent les 200 millions dont parle Mme Penchard ? », se demande Huguette Bello.
Sur les 15 millions restants, la commune de Saint-Paul ne bénéficiera que de 3,08 millions d’euros, ne permettant de financer que 147 logements.
« Au total, ce sont 97 logements qui sont prêts à être mis en chantier et qui ne pourront l’être faute de financement estimé à près de 3,07 millions ».

« L’attente est longue, trop longue pour les familles »

« D’un côté, l’État nous met des bâtons dans les roues en ne donnant pas suffisamment de financement et, de l’autre côté, il nous sanctionne, car on n’atteint pas les 20% de logements sociaux », s’insurge Laurence Lougnon, élue à Saint-Paul.
Rappelons que le logement est une compétence de l’État, les municipalités, à elles seules, ne pourront pas supporter les coûts des constructions.
Ce désengagement de l’État contraint « quelquefois des personnes à aller dans l’illégalité, or, nous souhaitons combattre cela », poursuit Jean Erpeldinger, élu à Saint-Paul.
« Des terrains sont aujourd’hui disponibles, des permis de construire accordés, des aménagements et des voiries déjà réalisés, il ne manque que les financements de l’État », constate Emmanuel Séraphin. C’est le cas de 49 LLTS prévus au Carré de l’Éperon, 31 LLS aux Balcons de Mon Repos, etc.
« Pour nous, les grands travaux de La Réunion, c’est le logement social. L’essentiel pour une famille, c’est d’avoir un logement », insiste Huguette Bello, exaspérée. « L’attente est longue, trop longue pour les familles ».
Selon la députée-maire de Saint-Paul, avec 10% des logements insalubres de La Réunion et les retards accumulés, la commune doit pouvoir bénéficier d’un traitement particulier.
La députée-maire a ainsi demandé une rallonge budgétaire de la LBU afin de pouvoir débuter les chantiers programmés.
« Si l’État continue à pénaliser ainsi les Réunionnais et en particulier les Saint-Paulois, la municipalité ne pourra qu’inviter la population à se tourner vers les services de l’État pour satisfaire sa demande légitime de logement », a conclu Huguette Bello.

 SP 


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