Logement

La CNL signe une charte des actions durables avec les bailleurs

1ère Rencontre du logement 2011

Témoignages.re / 31 octobre 2011

La 1ère Rencontre du logement 2011, qui s’est déroulée samedi à Saint-Denis à l’initiative de La Confédération Nationale du Logement (CNL), a permis de mesurer l’ampleur du problème du logement social à La Réunion. La CNL a signé avec les bailleurs une charte des actions durables et a adopté une plateforme revendicative.

« C’est l’AN 1 du logement dans une approche différente. Nous vous encourageons à nous faire part de vos propositions dans le respect des uns et des autres. Nous devons montrer que nous ne savons pas seulement nous plaindre, mais que nous sommes capables de formuler des propositions ». Samedi matin dans un hôtel de Saint-Denis, Érick Fontaine, administrateur, de la Confédération du Logement (CNL), en présence du président national de la CNL ; Serge Incerti-Formentini, de trois représentants des bailleurs sociaux (SHLMR, SODIAC et SÉMADER), appelle les quelques cent cinquante locataires présents à prendre la parole.
Et si des locataires expriment, avec parfois une pointe de désespoir, les problèmes qu’ils rencontrent, ils avancent également des propositions, comme les quelques élus présents. Un locataire Saint-Marien souhaite que soit revue l’accessibilité des logements, car le nombre de personnes âgées augmente dans les logements collectifs ; un autre suggère que l’on installe des bancs sous l’ombrage ; un troisième met l’accent sur la nécessité de lutter contre l’insécurité (ou l’incivilité ressentie comme de l’insécurité) ; une Portoise, locataire de la SEMADER, s’inquiète de voir des logements dont les portes ont été scellées dans son immeuble et des fissures dans son appartement.

Le logement social au cœur des débats

Des locataires dionysiens de la SIDR menacés d’expulsion expriment leur désarroi devant le peu de considération qui est portée à leur situation. Leur porte-parole note qu’ils sont là depuis trente ans, qu’ils ont entretenu leur petite « kaz atèr » et qu’ils n’entendent pas voir leurs droits bafoués. Des résidents Saint-Gillois — loin de l’image de privilégiés d’une station balnéaire —, se plaignent de l’état du bâti, de l’augmentation continue des charges, et de l’inertie du bailleur.
Serge Incerti-Formentini, note qu’« agir sur le bâti, c’est bien, mais que l’on doit mettre l’accent sur le social » et donc, « donner la parole aux locataires ». Il affirme que l’on doit « mettre le logement social au cœur des débats qui vont opposer celles et ceux qui vont briguer dans quelques mois des responsabilités nationales ».
Les représentants des bailleurs, les élus, les fonctionnaires chargés du logement au sein de collectivités, notamment du Département, ont joué le jeu et apporté des explications, des réponses parfois, des pistes de réflexion… comme sur la question des personnes âgées au sujet desquelles, Érick Fontaine a souligné que « l’on n’avait pas anticipé la problématique alors que les chiffres étaient connus de toutes et de tous. Il sera trop tard dans dix ans », a-t-il affirmé.

Une plateforme revendicative

Au cours de cette 1ère Rencontre du logement, la CNL a signé une charte des actions durables avec les trois bailleurs sociaux présents (d’autres ont annoncé leur signature). Cette charte a nécessité « un travail conséquent en amont », a souligné Jean-Michel Singaïny, président de la CNL–Réunion. Elle préconise notamment le développement de la communication entre les bailleurs et les locataires ; l’amélioration de l’accès des jeunes au logement social ; l’engagement de réviser les charges à la baisse ou, à minima, de les stabiliser. Et un certain nombre d’objectifs dont la mise en œuvre fera l’objet d’une évaluation.
Pour Érick Fontaine, la signature de cette charte représente « une ouverture dans le dialogue entre les locataires, leur organisation et les bailleurs sociaux ». Mais évidemment, la CNL reste un syndicat qui a des revendications et les locataires présents ont adopté une plateforme revendicative (voir encadré) autour de laquelle, Jean-Michel Singaïny, a appelé les locataires à la mobilisation.
Ce dernier a clôturé cette 1ère rencontre du logement en soulignant « la réussite totale de la manifestation qui a réuni les bailleurs, les politiques et les locataires ». Il a salué, la signature de la charte comme une « première base pour améliorer les rapports entre les locataires et les bailleurs ». Il a conclu en soulignant que « l’organisation de proximité était en route », et que les acteurs de cette proximité étaient les locataires.

Correspondant


Plateforme revendicative de la CNL

Considérant la situation du logement à La Réunion
Considérant la situation d’endettement des locataires
Considérant que 20% des logements sociaux sont occupés par des personnes âgées
Considérant les difficultés que les locataires ont avec les bailleurs
Considérant les prix trop élevés des loyers à La Réunion
Considérant que cette situation ne peut plus perdurer
Nous, locataires présents lors de la Rencontre du logement 2011 qui s’est tenue ce jour, donnons délégation à la CNL sur les points suivants :

-  Gel des loyers en 2012

-  Mise à plat du calcul des charges locatives

-  Soutien à tout locataire victime de répression de la part des bailleurs

-  Remise à plat des travaux d’amélioration des logements

-  Établissement d’un diagnostic précis sur les situations des personnes âgées

-  Mise en application par tous les bailleurs sociaux d’une assurance pour impayés qui limitera les expulsions et protégera les locataires

-  Demande à la CNL de rencontrer les parlementaires pour leur faire part de nos propositions et obtenir des résultats

-  Mise en place d’un comité élargi de volontaires pour multiplier les réunions avec les locataires

-  Veiller à ce que les bailleurs respectent les engagements pris

-  Mise en place d’une commission de vente transparente avec les locataires

-  Mise en place d’un service à la CNL qui orientera, accompagnera les locataires sur toutes les aides au logement.


Zot la di

• Jean-François Moser, directeur de la SHLMR

« La tension budgétaire risque de toucher le logement social… »

« La tension budgétaire risque de toucher le logement social. Or c’est, avec l’éducation, la vie des gens. Et cela fait froid dans le dos de penser que l’on pourrait y toucher. Nous allons avoir à affronter la baisse des ressources et l’augmentation des normes qualitatives. C’est une lourde équation à résoudre. D’autant que le coût du foncier et des VRD (voies et réseaux divers) augmente lui aussi. C’est pourquoi nous devons essayer de faire bouger les lignes pour ne pas avoir à augmenter les loyers ».

• Alain Armand, président de la SODIAC

« Nou koz pa asé ant nou… »

« Nou koz pa asé ant nou. Kan nou mét an plas inn RHI sinonsa inn ANRU ; i fo domoun lé la i rès an plas. Po bann domoun Karanbol i falè kozé. Kaz atèr sra difisil konstrui koméla. Dann kinzan nora in milyon moun isi La Rényon. Nou nana lobligasyon touv in manièrviv i respèk nout vi anou. Le mode de financement du logement social conduit à augmenter les loyers. Il faut donc augmenter les allocations logements ou obtenir un meilleur coût des emprunts. Si i bès pa lo kou d’la konstriksyon, nou gingn arpa bès lo kou bann loyé ».

• La responsable du service habitat au Département

1.200 adaptations de logements en 2010

« 70% des interventions dans le domaine de l’amélioration de l’habitat sont utilisées par des personnes âgées ou des handicapés. Nous avons réalisé, en 2010, 1.200 opérations d’adaptation de logement. Nous intervenons également, dans le cadre du Fonds social pour le logement (FSL) pour aider les personnes en difficulté à payer les factures d’eau et d’électricité, ou pour avancer la caution nécessaire à l’entrée dans un logement social ».


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