Logement

Logement social : la faillite du gouvernement

Cinq ans après le vote du DALO, la situation s’est encore aggravée

Manuel Marchal / 19 novembre 2011

Le gouvernement avait 5 ans pour que l’État puisse respecter la loi sur le droit au logement opposable. Dans les Outre-mer, la situation s’est aggravée avec 160.000 familles en attente d’un logement. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion, le nombre total de foyers attendant un logement social frôle les 60.000. Comme réponse, le gouvernement propose 6.000 logements programmés en 2012 malgré le renfort de la défiscalisation pour la moitié de ce nombre. C’est bien l’illustration de la faillite totale du gouvernement. La pénurie est si importante que le système actuel ne pourra apporter la solution.

Le gouvernement avait cinq ans pour faire du droit au logement une réalité. Au lieu de prendre des mesures pour atteindre cet objectif, il n’a cessé de se désengager. La crise est telle que le Sénat se sent obligé de rappeler au gouvernement que « le logement doit constituer une véritable priorité pour l’État dans les Outre-mer ». Le Budget 2012 ne prévoit que la programmation de la construction de 6.000 logements sociaux, pour tout l’Outre-mer.

« Le logement doit constituer une véritable priorité pour l’État dans les Outre-mer », c’est le titre d’un chapitre du rapport du Sénat sur le Budget 2012.
Dans le cadre de la discussion de ce projet de loi, la Commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire a rendu jeudi son avis. Serge Larcher, ancien président de la Mission commune d’information sur la situation des Départements d’Outre-mer créée au lendemain des mouvements sociaux de 2009, a été chargé de rendre un rapport sur le volet du budget concernant nos pays.
Le Sénat évoque en particulier la situation dramatique du logement dans les Outre-mer, et l’insuffisance persistante des moyens accordés par le gouvernement pour en finir avec cette injustice.
Les signaux d’alerte ont pourtant été nombreux, mais Paris n’en a pas tenu compte. Le bilan, c’est une véritable faillite d’une politique. Le retard est tel que le système actuel ne pourra pas répondre à la demande.

6.000 logements pour 60.000 demandes

Il est important de rappeler qu’en 2007, le Parlement vote une loi instituant le droit au logement opposable. Progressivement, une nouvelle législation va s’étendre. À partir du 1er janvier prochain, elle permettra à tout demandeur de logement social de saisir les tribunaux s’il estime que le délai de réponse à sa demande est trop long. Cette démarche peut aboutir à des milliers de condamnations de l’État, et en particulier dans les Outre-mer.
Selon le rapport du Sénat, 160.000 familles sont mal-logées. Parmi elles, environ 60.000 ont droit à un logement social, mais n’y ont pas accès.
Ce que le gouvernement propose, c’est d’additionner la subvention directe LBU et la subvention aléatoire défiscalisation pour construire 6.000 logements, pour tous les Outre-mer.
C’est très largement insuffisant. 6.000 logements sociaux par an, c’est le minimum à faire sortir de terre pour que la pénurie puisse reculer à La Réunion. Ce nombre n’a jamais été atteint.

Que de la com’ !

Depuis cinq ans, le gouvernement savait donc très clairement qu’il devait dégager des moyens pour éviter toute condamnation de l’État à partir du 1er janvier prochain. Mais au lieu d’assumer ses responsabilités, ce gouvernement a pris des mesures qui ont au contraire aggravé la crise.
La production de logements a plongé, entrainant avec elle celle de logements sociaux et provoquant la mise au chômage de milliers de travailleurs. Il a pris le parti d’une politique de com’ et d’affichage, comme à la Région Réunion.
Chacun a encore en mémoire le fiasco de la visite du secrétaire d’État au Logement, confondant logements construits et logements programmés.
Ainsi, le Sénat constate que les mesures annoncées par le gouvernement pour relancer la construction de logements dans les Outre-mer n’existent pas faute de décret d’application, ou sont inapplicables.
La conséquence, c’est un blocage dramatique et une situation qui s’aggrave.
Aujourd’hui, le retard est si important que le système actuel ne peut plus répondre à la demande. La faillite du gouvernement accélère l’impasse du modèle.

Manuel Marchal

Avec la nouvelle route du littoral

La Région veut-elle faire augmenter le coût des logements sociaux ?

Jeter des millions de mètres cubes de matériaux de construction, tel est le projet voulu par la Région Réunion présidée par Didier Robert. À l’heure où la crise du logement s’amplifie, ce sont donc des moyens qui seront enlevés à la lutte contre l’habitat insalubre.

En effet, si jamais Didier Robert arrivait à débusquer 10 millions de mètres cubes de matériaux dans notre île pour les jeter à la mer, que resterait-il pour construire des logements sociaux ? Et à quel prix ?

Il est bien évident qu’avec la raréfaction des matériaux de construction à La Réunion, leur coût sera plus cher. Cela aura donc des répercussions dans toute la chaine, avec en bout de ligne un prix plus élevé pour les logements sociaux.

Décidément, il est grand temps de mettre fin à ce gaspillage qui a déjà commencé via les innombrables placards publicitaires payés par les Réunionnais.


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