Logement

« Oui aux logements sociaux, non à un bloc de béton »

Réunion de quartier à la Rivière des Roches

Témoignages.re / 8 août 2011

Les habitants de la Rivière des Roches contestent un projet d’habitation non concerté et imposé.

À quelques mètres du lieu de la Fête des bichiques, une programmation d’un immeuble de deux étages en plus du rez-de-chaussée interpelle les habitants du paisible et agréable quartier de la Rivière des Roches à Bras-Panon.
Devant le manque de concertation sur la construction de cet édifice de 51 logements sociaux, les habitants se sont constitué en collectif avec comme mot d’ordre : « oui au logement sociaux, non à un bloc de béton qui porte atteinte à l’architecture du quartier et qui dénature la mixité sociale ».
Si le besoin de logement est important sur le territoire, pour autant les riverains revendiquent un projet partagé et intelligent qui intègre les données historiques du lieu, pour que l’habitation soit véritablement un lieu de vie et d’harmonie.
À cela, le maire Daniel Gonthier dit « niet ». La réponse des habitants à l’élu est catégorique : il n’y aura pas de chantier sans une concertation et révision du projet. D’où la programmation d’une réunion de quartier le samedi 6 août. Les dizaines d’habitants présents ont réaffirmé leur volonté d’amplifier la mobilisation pour qu’enfin la population soit écoutée.

Réunion de quartier

Fort de 200 pétitionnaires, Melle Frédérique Plante, Mme Marie-Alice Moindjie, messieurs Alain Guichard et Jean-Pierre Catan qui sont à l’initiative de cette rencontre ont pourtant pris soin d’inviter les élus de tout bord ainsi que les représentants de la SEMAC, le bailleur social qui devra gérer les immeubles projetés.
Le maire et le bailleur social ont fait le choix de boycotter l’initiative populaire pour se concentrer sur une défense ressentie comme du chantage financier par les habitants, ce qui ne les a pas empêchés à l’issue de la rencontre de proposer une autre réunion de concertation avec l’ensemble des partenaires susceptibles d’être concernés par un aménagement du projet.
M. Gonthier a quand même pris soin d’envoyer l’adjointe Mme Marie-France Rouget prendre la température, assez maladroitement d’ailleurs. L’adjointe n’a pas hésité à affirmer que la trentaine de personnes présentes sont de l’opposition municipale et étrangère du quartier. Face à de tels propos déraisonnables, l’étonnement se lisait sur beaucoup de visages ce qui a fait dire à un participant « avec l’équipe Gonthier la point le droit donne son opinion sans être accusé ».
Ayant répondu favorablement à l’invitation du collectif, les élus de l’opposition, Messieurs Atchapa et Ratenon, accompagnés respectivement du dissident M. Robert et de Mme Sinapin, ont chacun à leur tour donné leur point de vue sur le dossier tout en saluant l’initiative du collectif.

Le combat sera rude

Devant le choix stratégique et imposé du maire, nombreux avouaient que le combat sera rude, mais pour eux la cause est tellement juste qu’ils jurent ne céder au diktat du maire. Voilà qui est dit et qui promet un bel exercice démocratique dans les semaines à venir.
La lutte des habitants sera à ne pas douter, un exemple suivi par d’autres et le début d’une rupture avec les pratiques imposées par l’élu UMP Daniel Gonthier.


Jean-Hugues Ratenon : « que la raison l’emporte sur ce dossier »

Tout en rappelant la nécessité d’amplifier la construction de logement à La Réunion et à Bras–Panon, Jean-Hugues Ratenon insiste sur l’obligation d’un projet qui correspond à l’attente des bénéficiaires et de l’environnement avoisinant.
Il ne comprend pas le refus de M. Gonthier d’admettre qu’il a failli dans son rôle de maire, et qu’il ferait mieux de rediscuter d’un aménagement du projet au lieu de tomber dans la malhonnêteté intellectuelle.
« Prétendre que si on ne respecte pas à la lettre l’orientation initiale reviendrait à perdre le financement est une aberration et un malheureux chantage », rappelle Jean-Hugues Ratenon. « Le collectif à raison d’insister et dès cette semaine une lettre sera transmise au sous-préfet à la Cohésion sociale afin que la voie du financeur se fasse entendre et que la raison l’emporte sur ce dossier ».
Au nom de son groupe, Jean-Hugues Ratenon propose de revoir le projet d’habitations en imitant les réalisations du quartier avoisinant où les logements sociaux ne dépassent pas un étage.
Enfin, il invite la municipalité à accepter la proposition du collectif d’initier un groupe de travail pouvant réfléchir à un nouveau projet d’habitat qui donne la priorité aux gens du quartier, et créée par la même occasion des emplois de proximité pour les jeunes sans-travail. Tout cela est possible à condition d’une grande volonté politique.


Jeannick Atchapa, conseiller municipal de l’opposition : « les habitants ont raison de se mobiliser »

« Je réponds aujourd’hui à l’invitation des habitants de la RDR et je partage leurs préoccupations face à cette décision d’aménagement lourde de conséquences pour ce quartier historique de Bras-Panon.
Personne ici n’est opposé à la construction de logements, mais cela doit se faire en harmonie avec l’existant.
Ces immeubles vont défigurer l’architecture du quartier avec ses 116 mètres linéaires au total et ses 11 mètres de haut. Le permis de construire est signé, l’appel d’offres est lancé et à aucun moment la mairie a présenté le projet aux habitants et a demandé leurs avis. Face à cette politique « du passage en force » les habitants ont raison de se mobiliser. « Ils peuvent compter sur mon soutien ».


Daniel Robert, conseiller municipal de l’opposition : « le maire oublie la concertation »

« Je suis solidaire des habitants de la Rivière des Roches. Une telle densification ne présente aucun intérêt ni pour le quartier ni pour les futurs occupants. C’est du jamais vu, le maire parle « d’argent », mais oublie la concertation avec la population. L’absence de concertation est d’ailleurs la règle, les Panonnais ne participent pas au développement de leur commune, mais le subissent.


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