Logement

Payer son loyer ou se soigner : il faut choisir

Des loyers trop élevés pour les revenus des Réunionnais

Témoignages.re / 23 février 2016

70 ans après la fin du statut colonial à La Réunion, des Réunionnais renoncent à se soigner parce que le montant de leur loyer ne leur laisse pas assez d’argent pour prendre soin de leur santé. La Fondation Abbé Pierre ne voit pas la situation s’améliorer, car le coût de production des logements ne cesse d’augmenter, et cette hausse est payée par les locataires. Voici un extrait de la présentation de son rapport qui sera rendu public aujourd’hui.

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Des taux d’efforts trop élevés pour se loger ont des répercussions sur la privation de soins, troubles du sommeil, dépression, anxiété…)

La Fondation Abbé Pierre observe que plus les ménages sont modestes, plus la part du budget consacrée au logement est importante si l’on compte le loyer et l’ensemble des charges (électricité + eau + assurances…) jusqu’à représenter plus de 50 % des dépenses mensuelles. Touchés par une précarité grandissante, ils privilégient cependant le paiement de leur loyer, même lorsqu’il est élevé comme cela devient trop souvent le cas à La Réunion. Ils sont alors contraints de faire des choix dans leurs dépenses bien souvent au détriment du confort.

D’une manière générale, le parc de logement à La Réunion ne répond plus aux besoins des populations les plus précaires. « Nous assistons à une concentration de ménages pauvres dans le parc social ou le revenu médian s’établit à 5 235 euros quand il de 11 501 euros en moyenne nationale… ce niveau très bas à La Réunion limite considérablement les parcours résidentiels ».

Cette précarité augmente, car selon la Fondation Abbé Pierre, « sur les 3 dernières années, le nombre de ménages bénéficiaires d’une aide au logement ayant fait l’objet d’une procédure de traitement d’impayé de loyer a augmenté de 71 %… L’augmentation du nombre de ménages en situation de surendettement est également révélatrice. Le décalage entre coût des logements et la capacité de financement des ménages demandeurs pourrait s’accroître dans les années à venir, notamment en raison de l’accroissement des coûts de construction des logements… le risque est alors de générer une éviction mécanique des ménages les plus pauvres de l’accès au logement social ».


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