Logement

Prix du foncier : un classement peu glorieux

Le gouvernement ouvre le logement social à la spéculation —1—

Céline Tabou / 3 août 2011

La Réunion fait partie des régions de France où le prix moyen de vente du foncier destiné à la construction d’appartement ou de maison est le plus cher. Classée parmi les zones les plus onéreuses en matière de logement comme Marseille, Nice, Lyon et Montpellier, La Réunion a vu le prix de son foncier s’envoler.

Publié dans le "JIR" au lendemain de la visite du secrétaire d’État du Logement, Benoist Apparu, le classement révélé par les Notaires de France met en évidence la troisième position de La Réunion, après l’Ile de France et la région PACA, dans le classement des régions où les prix des terrains constructibles sont les plus chers.
En dépit de la déclaration phare de Nicolas Sarkozy, « permettre à chacun être propriétaire » en 2007, les Réunionnais parviennent difficilement, si ce n’est pas impossible, à devenir propriétaire, force est de constater que les mesures prises jusqu’à présent ne vont pas dans ce sens. Actuellement, 54,6% d’entre eux sont propriétaires de leur résidence principale. Il y a donc de la marge.
En un an (évolution sur 1 an : 1er janvier 2010 au 1er mars 2010/1er janvier 2011 au 1er mars 2011, source "Le Journal de l’île", 27 juillet 2011), le prix moyen au m2 des appartements anciens a augmenté de 6,4% (2.440 euros/m2) et celui des maisons anciennes de 10,5% (210.000 euros en moyenne).
Cette hausse du prix du foncier a également des répercussions sur le logement locatif, particulièrement social, qui est un problème majeur à La Réunion.
Elle trouve son origine dans la spéculation. Or, le gouvernement encourage les spéculateurs à venir investir dans les logements sociaux. Comme ils ne sont pas des philanthropes, ils cherchent le profit. Résultat, en bout de chaine c’est le locataire qui paie le prix de la spéculation, y compris dans le parc social.
Grâce à la loi Scellier 2011, les entreprises privées peuvent donc obtenir de 22% à 32% de réduction d’impôts pour l’investissement d’un bien immobilier portant le label BBC (appartement ou maison) destinée à la location.
Cette hausse des prix pénalise particulièrement les jeunes. Comment pourront-ils se loger et surtout à quel prix ?
Dans ce cadre, l’État déduit des impôts les ratios investis sur une durée de 9 à 15 ans, selon la durée de la location. Cette défiscalisation prônée et vantée par le gouvernement a des répercussions dont nous verrons l’ampleur dans nos prochaines éditions.

Céline Tabou


Kanalreunion.com