Luttes sociales

1% de la population détient la moitié des richesses du monde

Les inégalités s’aggravent

Céline Tabou / 11 avril 2014

Selon un rapport de l’Organisation Non Gouvernementale, Oxfam, qui lutte contre la pauvreté, les 67 personnes les plus fortunées du monde possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

« Les inégalités extrêmes se sont aggravées », selon Oxfam. Pour cette dernière, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale doivent passer de la rhétorique aux actes pour tenter de réduire ce fossé. Le fossé s’est accru ces dernières années, à cause de l’austérité qui aggrave les inégalités. Les pays riches touchés par la crise ont réduit leurs dépenses parmi lesquelles l’aide au développement. Près de 160 milliards d’euros par an en moins échappent aux fonds d’aide, selon l’ONG.

L’austérité cause des inégalités

L’ONG a rappelé les deux rapports du FMI mettant en évidence les conséquences néfastes des inégalités sur l’économie ainsi que l’objectif que s’est fixé par la Banque mondiale d’augmenter les revenus des 40% plus pauvres partout dans le monde.
Mais pour l’organisation, les deux institutions doivent revoir leurs recommandations et leur politique de prêts à leurs Etats membres, en appuyant davantage sur les investissements dans la santé et l’éducation. « Le président de la Banque Jim Yong Kim et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont abondamment parlé des dangers posés par l’explosion des inégalités. Cette semaine, nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique », a espéré Raymond Offenheiser, président d’Oxfam America.

« L’austérité aggrave les inégalités, et le FMI et la Banque mondiale le savent bien », a assuré Oxfam, selon les médias. L’organisation a souhaité que le Fonds admette que les stratégies d’évitement fiscal des multinationales sont un des « moteurs » des inégalités.

D’autant plus qu’en mars 2014, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’était inquiété face aux risques croissants de pauvreté au sein de ces 34 Etats membres. Les ménages y sont « frappés par des pertes d’emploi, de revenu et de richesses sans précédent », avait souligné l’OCDE, dans une étude intitulée, "Panorama de la société 2014".

1% de la population détient 50% des richesses mondiales

Dès janvier 2014, Oxfam avait mit l’accent sur le fossé de plus en plus croissant entre les riches et les pauvres. En 2013, 85 milliardaires possédaient autant que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres. Dans son rapport intitulé « ?En finir avec les inégalités extrêmes », Oxfam a assuré que « même si la crise a momentanément entamé la part des richesses mondiales détenues par les plus riches, ces derniers se sont depuis largement rattrapés ».

Près de la moitié des richesses mondiales sont aujourd’hui détenues par 1% de la population (contre 2% avant la crise). La richesse de ce 1% de milliardaires est évaluée à 110 trillions de dollars, soit une hausse de revenu dans 24 des 26 pays pour lesquels des données sont disponibles entre 1980 et 2012.
En parallèle, près de 7 personnes sur 10 vivent dans un pays où l’inégalité économique a augmenté au cours des 30 dernières années, avait expliqué Oxfam.

Pour l’organisation, les inégalités sont également dues à la déréglementation financière, aux systèmes fiscaux biaisés et à l’évasion fiscale. Depuis la fin des années 1970, 29 des 30 pays pour lesquels Oxfam dispose de données appliquent un taux marginal d’imposition plus faible pour les tranches les plus riches de la société. De plus, la confiscation des recettes issues du pétrole et de l’extraction minière, des ressources vitales échappent aux budgets nationaux.

« Les inégalités économiques extrêmes aggravent d’autres inégalités et ont des conséquences négatives sur l’économie et la réduction de la pauvreté tout en exacerbant les problèmes sociaux. D’un côté, les profits des entreprises, les salaires des dirigeants et les transactions boursières battent chaque jour de nouveaux records, et ne montrent aucun signe de ralentissement, tandis que de l’autre, le chômage et la précarité augmentent », avait alors expliqué, Sébastien Fourmy d’Oxfam France.

 Céline Tabou  


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