Luttes sociales

147.780 demandeurs d’emploi

Face à la catastrophe, des mesures d’austérité à la place de la relance

Manuel Marchal / 29 août 2011

Le nombre de demandeurs d’emploi atteint un niveau historiquement élevé dans notre pays. Depuis l’arrivée de ce gouvernement, la hausse est d’au moins 50%. Mercredi dernier, le Premier ministre a présenté une série de mesures pour soi-disant redresser la situation. Ce nouveau plan de rigueur n’apportera rien à notre île et va au contraire l’appauvrir, avec de lourdes conséquences pour l’emploi. Il reste donc huit mois pour créer les conditions du changement.

Les dernières données de la situation de l’emploi ont révélé une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d’emploi. Ce sont près de 148.000 Réunionnais qui étaient à la recherche d’un emploi en juillet dernier. Rappelons que plusieurs facteurs expliquent cette hausse. Ce sont, d’une part, les décisions du gouvernement de remettre en cause les règles qui permettaient de construire plus de 10.000 logements par an. Ces choix ont fait baisser de plus de moitié la production, avec des milliers de suppressions d’emplois à la clé. D’autre part, l’arrivée à la Région d’une Direction UMP a débouché sur l’arrêt des grands travaux. Ces faits n’ont rien à voir avec la crise mondiale.
Sur d’autres domaines, le gouvernement a fait des choix qui ont aujourd’hui des conséquences. Il a par exemple décidé de diminuer l’impôt payé par les plus riches. Les finances publiques ont alors plongé.
Le 23 juin 2009, la Cour des comptes tirait la sonnette d’alarme. La baisse des recettes et le dérapage des dépenses de l’État allaient provoquer la catastrophe, estimait-elle dans un rapport. Le dérapage ne pouvait être imputé à la population, puisque le gouvernement s’était déjà fixé comme cap la suppression massive de postes dans la fonction publique, ainsi que la baisse des dépenses sociales. Il résultait de la mauvaise gestion de ce gouvernement.
Ce dernier n’a pas changé de politique. En juin dernier, la Cour des comptes indique que la crise n’explique qu’un tiers du déficit public, les deux tiers relèvent de la structure, c’est-à-dire des choix stratégiques du gouvernement.
Pressé par les institutions internationales et les agences de notation, le gouvernement a présenté mercredi des mesures pour soi-disant redresser la situation. Deux jours plus tard, les dernières statistiques de Pôle Emploi ont souligné une crise sans précédent pour La Réunion.

Aucune perspective de création d’emplois

Ce que le gouvernement souhaite imposer, c’est un nouveau plan de rigueur. Il va donc réduire les revenus procurés par l’épargne, supprimer un abattement de 30% sur les bénéfices imposables des entreprises, augmenter les taxes sur les mutuelles et sur les sodas. À cela s’ajoute l’annonce d’une baisse générale de 10% du soutien de l’État à l’investissement via la défiscalisation.
Il est d’ores et déjà certain que ces mesures ne vont pas créer un emploi à La Réunion. Les choix du gouvernement vont en effet entrainer un appauvrissement de notre pays, puisque ce sont des sommes qui vont sortir de l’économie. C’est en effet une partie du revenu disponible qui est dépensé dans des investissements ou dans la consommation qui va être accaparée par des taxes qui visent tout d’abord les moins riches.
La confiscation par le gouvernement d’une partie du revenu disponible ne permettra pas de lutter contre la crise. Car l’appauvrissement de La Réunion aura des conséquences négatives sur l’emploi.

Manuel Marchal


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