Luttes sociales

147.820 Réunionnais à la recherche d’un emploi

Le bilan de l’UMP à la Région et au gouvernement

Manuel Marchal / 30 juin 2011

Les dernières statistiques publiées hier par le Pôle emploi font état d’un très inquiétant record : près de 148.000 Réunionnais étaient inscrits à Pôle emploi à la fin du mois dernier. Cette situation dramatique n’est pas le résultat de la crise, mais de décisions politiques prises par l’UMP à Paris et son représentant à La Réunion, Didier Robert.

Le chômage continue d’augmenter à La Réunion, et avec l’UMP la hausse va continuer, c’est ce qui ressort des derniers chiffres publiés hier par Pôle emploi.
Avec 147.820 inscrits à Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi officiellement reconnus par les pouvoirs publics n’a jamais été aussi élevé. Au mois de mai, il a augmenté de 2.300 personnes, soit l’équivalent de la fermeture de deux structures comme feu l’ARAST. Ces statistiques entrent en totale contradiction avec la campagne de com’ sur fonds publics de la Région qui inonde des médias et les boîtes aux lettres des Réunionnais. La réalité, c’est que jamais dans l’Histoire de La Réunion, la situation n’a été aussi grave. Les causes de cette tragédie sont connues, elles ne doivent rien à la crise mais tout aux décisions politiques de l’UMP.

La démolition des investissements

Tout a commencé en 2007, trois mois après la signature du Protocole de Matignon garantissant à La Réunion plus de 2,2 milliards d’euros d’investissements grâce à deux grands chantiers : le tram-train et la nouvelle route du littoral. C’est en mai 2007 que Didier Robert décide de casser le projet de la Rocade Sud qui était prêt à démarrer. Un chantier de plus de 100 millions d’euros est jeté à la poubelle, le démolisseur vient de donner le signal, c’est à partir de cette décision que tout va s’enchaîner.
En effet, Didier Robert a créé un précédent dans lequel d’autres vont s’engouffrer. Sur le territoire de Saint-Denis, deux projets impliquant différents partenaires publics et privés ont déjà démarré. Dans le centre-ville, tous les habitants concernés par les travaux du Pôle Océan ont été expulsés, et près du Stade de l’Est, la première pierre du Zénith intercommunal a été posée par Firmin Viry. Mais en 2008, la nouvelle majorité au Conseil municipal décide de tout arrêter. Plus de 150 millions d’euros d’investissements sont remis en cause, et les emplois qui vont avec. Trois ans plus tard, l’emprise du Pôle Océan est toujours un terrain vague alors qu’il était prévu qu’en ce moment des centaines de travailleurs s’affairent sur ce chantier.

L’aggravation de la situation

Avec l’arrivée de l’UMP à la tête de la Région, l’unité de compte du chantier de démolition n’est plus le million, mais le milliard d’euros, ce qui en emploi se traduit en milliers. Dans son discours d’investiture, Didier Robert promet la casse de la géothermie, de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, la remise en cause du tram-train et un autre projet de route du littoral. Dans les faits, la démolition va bien au-delà des paroles puisqu’il n’y a plus de tram-train, et que la nouvelle route du littoral est remplacée par un projet irréalisable. Ce sont donc plus de 2 milliards d’euros enlevés aux Réunionnais, et des milliers d’emplois qui devaient être créés ici qui ne le seront pas.
À Paris, la démolition était aussi à l’ordre du jour en ciblant sur deux filières : la construction de logement et les énergies renouvelables. Pour la première, le gouvernement va adopter une attitude et des décisions qui vont faire fuir les investisseurs. Pour la seconde, Paris va décréter un moratoire sur le photovoltaïque et imposer ensuite de nouvelles règles qui étouffent le développement des centrales photovoltaïques. Le résultat, ce sont 10.000 emplois perdus dans le BTP.
Le plus inquiétant, c’est que toute possibilité de reprise est exclue avant longtemps. Car en démolissant les grands chantiers, l’UMP a créé les ingrédients d’une aggravation durable de la pénurie d’emplois. Cela a pour conséquence de favoriser l’utilisation scandaleuse de la précarité durant les campagnes électorales, comme l’ont montré les attributions de subvention "emplois verts" de la Région juste avant les cantonales.

M.M.


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