Luttes sociales

150 euros par mois pour survivre : la faillite d’un système

L’égalité ne suffit pas pour protéger de la grande pauvreté

Témoignages.re / 26 septembre 2013

À La Réunion, des compatriotes doivent tenter de survivre avec bien moins que le revenu minimum. C’est la faillite d’un système, et la situation continue d’empirer.

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À La Réunion, des compatriotes comme Mme Vochré, la maire des Pauvres, ont une retraite qui n’atteint même pas la moitié du RSA.

Hier soir, les derniers chiffres du chômage sont tombés. Ils soulignent une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d’emploi. À La Réunion, le chômage est la cause principale de la pauvreté. Un travailleur exclu de l’emploi a des revenus très faibles, qui le placent en dessous du seuil de pauvreté. Et quand les droits à l’assurance chômage sont épuisés, il ne reste plus que le RSA pour les plus de 25 ans. Cette situation a des conséquences tout au long de la vie.

En effet, pour bénéficier d’une retraite, un travailleur doit être capable de justifier d’un nombre minimal d’années de cotisation. La valeur actuelle est d’ores et déjà hors de portée de la majorité des salariés. Tous ces travailleurs ne pourront alors toucher qu’une fraction de retraite. Ce montant peut être inférieur au RSA.

C’est là qu’intervient une aide de l’État : une allocation de solidarité spécifique, l’ASPA qui permet d’augmenter son revenu de 700 euros par mois. Quand une personne touche quelques centaines d’euros par mois, ce bonus lui permet d’atteindre le seuil de pauvreté. Ces 900 et quelques euros par mois ne sont pas du luxe, dans un pays où les prix sont scandaleusement élevés.

Mais cette allocation est en réalité une avance sur succession. Les héritiers doivent rembourser la somme versée. C’est pourquoi des retraités renoncent à ce complément de revenu. Il ne leur reste plus que leur retraite de base, souvent inférieure au RSA.

Moins de la moitié du RSA

C’est donc une partie de la population qui est exclue des acquis de la bataille de l’égalité, à cause de la pénurie d’emploi. Car la lutte menée pendant 50 ans devait permettre de protéger les plus démunis de la misère. Ainsi, un revenu minimum devait logiquement constituer le filet de sécurité, même s’il donne un pouvoir d’achat inférieur qu’en France.

Mais ce filet n’existe plus pour les personnes dans la situation de Mme Vochré, la maire des Pauvres. La protection de l’égalité sociale s’écroule. Et le revenu est alors totalement "hors norme", bien en dessous du RSA. C’est l’injustice qui touchera de plus en plus de Réunionnais si des réformes profondes n’ont pas lieu.


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