Luttes sociales

2012 : l’échéance du changement

Forte mobilisation à Saint-Denis

Céline Tabou / 28 septembre 2011

Les rues de Saint-Denis ont accueilli plusieurs milliers de manifestants hier dans la matinée. Partant du Petit marché à la Préfecture, syndicalistes, associations et représentants politiques ont dénoncé la politique de casse sociale de Nicolas Sarkozy.

A l’instar de ce jeune homme de 21 ans, Samuel, tous ont souhaité le changement. Après le basculement à gauche du Sénat, c’est avec la prochaine élection présidentielle de 2012 que tous attendent de déloger Nicolas Sarkozy de son trône.
Au cœur des revendications, la dégradation des conditions de travail, la prime COSPAR et le démantèlement des services publics. La crise économique et sociale que connait la France, mais également La Réunion a conduit des milliers de manifestants à crier leur mécontentement contre « le gouvernement des plus riches, qui taxe les petits », ont expliqué certains manifestants.

Céline Tabou


Réactions

• Pierre Vergès, vice-président du Conseil général
« Cette manifestation est une expression forte de la population de ne pas se laisser confisquer l’action pour répondre aux attentes du changement. Le changement politique est une chose, mais il faut aussi le changement pour les plus défavorisés. L’expression de cette vigilance par la manifestation est une chose salutaire ».

• Stéphane Maillot, UNEF Réunion
« C’est l’occasion de dénoncer la précarité dans laquelle vivent les étudiants. C’est aussi le moment pour nous de dénoncer et condamner les conditions déplorables que subissent les jeunes Réunionnais en sortant de l’université, notamment le chômage qui s’accroit d’année en année. Nous adressons un message clair au gouvernement, nous ne sommes pas d’accord avec les mesures prises et la politique menée par Nicolas Sarkozy ».

• Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul
« Cette manifestation est un moment fort, on ne peut que s’en réjouir, c’est un signal fort donné pour les prochaines échéances. Les gouvernements successifs de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont conduit à la suppression de milliers d’emplois, ce n’est pas acceptable, particulièrement à La Réunion, qui possède une académie jeune et encore en retard. L’Éducation nationale est le socle essentiel d’une nation que le gouvernement martèle sans relâche, c’est inadmissible ».

• Ary Yee Chong Tchi Kan, membre du secrétariat du PCR
« Cette manifestation au lendemain du basculement à gauche du Sénat est une bonne nouvelle, c’est l’espoir d’une grande victoire pour 2012. Changer d’équipe est une chose, mais c’est surtout la politique qu’il faut changer. Les revendications des gens qui manifestent doivent se retrouver dans les programmes des partis politiques. C’est la pression populaire qui va peser sur le changement ».

• Théo Boisard, délégué UNL Saint-Denis
« Cette manifestation est une occasion pour nous de montrer notre mécontentement, de prouver en se mobilisant que nous sommes remontés contre le gouvernement, et heureusement que le Sénat a basculé à gauche. Nous dénonçons la précarité, les classes surchargées, la suppression de postes et, globalement, toute la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’éducation ».

• Maurice Gironcel, membre du secrétariat du PCR
« Il est important que les travailleurs se mobilisent pour faire entendre leurs voix, il n’y a qu’eux qui peuvent le faire. Sur les questions d’emploi et de pouvoir d’achat, il faut faire pression sur les décideurs. En dépit des promesses des gouvernements européens, ce sont les travailleurs qui paient la crise, il faut qu’ils se mobilisent. La finance ne s’est jamais aussi bien portée aujourd’hui, les décisions de Nicolas Sarkozy sont significatives, son objectif est de taper sur les plus pauvres ».

• Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR
« Nous avons un large panel d’organisations et on estime que sur les deux manifestations, nous sommes 6.000, ce n’est pas rien. C’est une réussite également parce que travailleurs du privé et du public sont rassemblés aujourd’hui.
Cette mobilisation, il est important de l’inscrire dans la durée, comme une étape vers des mobilisations de plus en plus fortes.
Nous avons la revendication de la prime COSPAR. Elle est appliquée auprès de 90.000 salariés, et rapporte 62 millions d’euros. Si elle était étendue partout, et notamment dans les collectivités, elle toucherait 120.000 salariés et ce seraient plus de 100 millions d’euros qui seraient injectés dans l’économie réunionnaise ».

• Jean-Hugues Ratenon, Alliance des Réunionnais contre la pauvreté
« Chaque jour, la situation s’aggrave. Nous avons démontré qu’il est possible de baisser les prix de 35%, il faut en finir avec ces abus, le préfet doit entendre la population et arrêter d’écouter les compagnies pétrolières qui n’arrêtent pas de profiter de l’argent de la population.
La précarité, elle grandit chaque jour. Des milliers de personnes sont là ce matin pour dire non à cette précarité, oui à des salaires dignes. Ensemble, nous ferons avancer ces causes justes ».


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