Luttes sociales

3% d’inflation dans l’alimentation

Hausse des prix et suppression du RSTA

Manuel Marchal / 14 août 2013

Au cours des 12 derniers mois, l’indice des prix dans l’alimentation a augmenté de 3%, plus du double qu’en France. Voilà qui souligne l’urgence de maintenir le RSTA en attendant que de la concertation naisse la solution pérenne.

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Sur ce tableau, l’évolution des prix à La Réunion et en France. Les deux colonnes à droite, c’est l’inflation en France, et juste à gauche de celles-ci, l’inflation à La Réunion. La comparaison est édifiante, les prix augmentent plus vite ici dans l’alimentation.

Depuis le 31 mai, le gouvernement a décidé de stopper le RSTA. Les premiers effets concrets se feront sentir à partir du mois de septembre, avec une baisse du salaire de 100 euros.
Le dernier indice des prix de l’INSEE apporte un éclairage sur le contexte dans lequel cette mesure s’applique. Car si les salaires des travailleurs les plus pauvres vont baisser, les prix ne suivent pas la même tendance.
Plus le revenu est faible, plus la part de l’alimentation est importante dans le budget. C’est pourquoi une inflation de 3% dans ce secteur est très douloureuse pour les travailleurs touchant un faible salaire, les Réunionnais contraints de vivre avec un revenu minimum et les retraités.

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Les manifestations ont permis d’obtenir une mesure sociale pour lutter contre la vie chère, c’est le RSTA. Les prix ne cessent d’augmenter, le RSTA sera-t-il définitivement supprimé ?

Le mois de juillet a aussi été marqué par des promotions sur l’habillement et les chaussures. Au mois d’août, ce ne sera plus le cas, car c’est l’époque des braderies qui coïncide avec l’arrivée de la prime de rentrée scolaire.
Et au mois de septembre, plusieurs dizaines de milliers de Réunionnais verront leur salaire baisser si le gouvernement reste sur sa position. Ce sera quelques jours avant l’arrivée de François Chérèque, chargé de discuter d’une déclinaison à La Réunion du plan de lutte contre la pauvreté. Et si François Hollande venait au mois d’octobre, il arriverait dans un pays où une décision de l’Etat aurait diminué le pouvoir d’achat des salariés les plus pauvres.
Ces faits soulignent l’urgence de maintenir le RSTA en attendant qu’une solution pérenne ne soit issue d’une concertation rassemblant le plus largement possible.

M.M.

Le communiqué de l’INSEE

Au mois de juillet 2013, l’indice des prix à la consommation des ménages augmente de 1,0%. Sur les douze derniers mois (juillet 2013/juillet 2012), les prix progressent de 1,3% contre 1,1% en France.
Le renchérissement des prix des services, particulièrement des transports aériens, et dans une moindre mesure des prix de l’alimentation explique la hausse de l’indice en juillet 2013. Hors transports aériens, l’indice n’augmente plus que de 0,1% en juillet.

Les prix des services progressent fortement de 2,4%. Cette hausse est essentiellement portée par l’application des tarifs haute saison dans les transports aériens de voyageurs (+ 26%). Dans une moindre mesure, les prix du poste loyers, eau et ordures ménagères augmentent de 0,3%.

Les prix de l’alimentation croissent de 0,4%, ceux des produits frais augmentant de 1,3% et ceux de l’alimentation hors produits frais de 0,3%.
La hausse des prix des produits frais s’explique par l’augmentation de 5,6% des prix des légumes frais, alors que les prix des fruits frais sont en repli de 2,3%. Hors produits frais, le pain et céréales (+ 0,9%) et les boissons alcoolisées (+ 0,7%) portent principalement la hausse des prix. Sur un an, les prix de l’alimentation augmentent de 3,0% contre 1,8% en France.

Les prix de l’énergie sont en hausse de 0,2%, conséquence de l’augmentation des prix des produits pétroliers (+ 0,3%). Bien que le prix de la bouteille de gaz diminue de 1,1%, les prix des carburants gagnent 0,8% (+ 1,3% pour le supercarburant et stabilité pour le gazole). Sur un an, la hausse des prix des produits pétroliers s’élève à 8,6%.

Les prix des produits manufacturés sont stables. La baisse de 1,0% des prix de l’habillement-chaussures (avec - 4,2% pour les chaussures suite à des promotions) est ainsi compensée par la hausse des prix des autres produits manufacturés (+ 0,2%). Les prix de l’entretien et la réparation courante du logement (+ 7,4%) ainsi que des meubles et articles d’ameublement (+ 2,0%) contribuent le plus à cette augmentation.
Le coût du tabac est stable, mais il croît de 6,4% sur un an.


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