Luttes sociales

36.400 emplois liés à l’environnement

Étude de l’INSEE sur les métiers verts et potentiellement "verdissants"

Témoignages.re / 20 juillet 2013

Une étude de l’INSEE indique que 15% des salariés exercent un métier lié à l’environnement à La Réunion. Ce potentiel est encore sous-exploité. 42% du territoire est dans un Parc national, un gisement d’emplois durables en perspectives.

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La réglementation thermique spécifique de la construction exige de nouvelles compétences. 16.000 personnes devront être formées.

À La Réunion, 1.440 personnes exercent un métier vert et 36.400 un métier potentiellement verdissant. Les formations environnementales sont de plus en plus développées sur l’île. Plus diplômantes que les formations non environnementales, elles concernent divers domaines, dont le plus demandé est celui de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables.

Les métiers d’assainissement et de traitement des déchets sont les plus nombreux avec 800 emplois, concentrant 56% des métiers verts à La Réunion. Cette proportion est plus élevée que la moyenne nationale (36%).

Le service de collecte d’ordures emploie un personnel plus important à La Réunion qu’en France, la géographie montagneuse de l’île et son habitat dispersé nécessitant plus de personnel.

Le niveau de qualification de ces métiers est plutôt faible. Les professionnels de l’assainissement et du traitement des déchets sont peu diplômés : 67% d’entre eux n’ont aucun diplôme.

Les métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau emploient 430 salariés, soit 30% des professions vertes. C’est moins qu’en France où la production et la distribution d’énergie et d’eau sont le principal secteur parmi les professions vertes (46%). L’industrie, fortement consommatrice en énergie, occupe une faible part dans l’appareil productif sur l’île. Seulement 8% des emplois sont industriels à La Réunion contre 14% en moyenne nationale. De fait, la demande industrielle de production d’électricité est plus faible sur l’île. Les emplois dans le secteur de la production d’électricité sont moins nombreux, les professions vertes dans ce secteur n’échappent pas à la règle.

Ces métiers sont techniques et très spécialisés dans les domaines de l’eau et de l’énergie. Ils nécessitent l’obtention d’un diplôme dans ces filières. Ainsi, 83% des professionnels de la production et de la distribution d’énergie et d’eau sont titulaires d’un diplôme. C’est beaucoup plus que la moyenne à La Réunion où seulement 66% de l’ensemble des salariés ont un diplôme.

Avec 210 emplois, la protection de l’environnement et de la nature emploie 14% de l’ensemble des métiers verts à La Réunion.

Les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement représentent le tiers des métiers de protection de l’environnement (70 emplois). Les techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions sont plus nombreux (100 emplois). Ce sont les animateurs et éducateurs en environnement, hygiène et sécurité, les assistants sanitaires, les techniciens de gestion du littoral et de rivière, les techniciens en analyse de pollution et en traitement des déchets. Les agents techniques forestiers et les gardes qui surveillent les espaces naturels sont les moins nombreux (40 emplois).

Ces métiers très techniques et spécialisés nécessitent un niveau élevé de formation théorique. Ainsi, 47% des professionnels de la protection de la nature sont diplômés du supérieur.

Le patrimoine naturel de La Réunion est exceptionnel : le Parc national, couvrant 42% du territoire, est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010. Les emplois de ce secteur contribuent notamment à protéger tous les espaces naturels de l’activité humaine et des risques naturels. Or l’île doit faire face à de nombreux aléas naturels comme les éruptions volcaniques, les cyclones avec les vents violents et la houle, les précipitations très importantes causant inondations et mouvements de terrain.

Beaucoup d’emplois précaires

En 2010, 36.400 personnes exercent un métier potentiellement verdissant, soit 15% de l’emploi à La Réunion. Les contrats à durée limitée (CDD, intérim...) y sont plus fréquents. Ils représentent 40% des emplois potentiellement verdissants à La Réunion pour 24% en Métropole. Le recours au temps partiel est également plus répandu à La Réunion (16% contre 9%).

Dans les départements d’outre-mer, la Réglementation Thermique, Acoustique et Aération pour les logements neufs (RTAA DOM) impose depuis mai 2010 des règles de construction permettant de limiter la consommation d’énergie. Cette réglementation exige de nouvelles compétences dans les métiers du bâtiment, pour lesquelles des formations spécifiques ont été développées. Le verdissement des activités de ce secteur pourrait concerner les 16.000 professionnels qui y travaillent, soit la moitié des emplois potentiellement verdissants.

Suite aux Grenelle I et II, la mise en place de transports plus respectueux de l’environnement est un enjeu important des politiques publiques. Sur l’île le transport routier représente à lui seul 29% des émissions de gaz à effet de serre en 2008. Avec 5.800 emplois potentiellement verdissants, le secteur des transports est le deuxième domaine marqué par le développement de l’économie verte.

Avec 3.600 emplois, l’entretien des espaces verts a un poids trois fois plus important qu’en Métropole dans l’emploi total (1,5% contre 0,5%). L’entretien des espaces verts emploie principalement des jardiniers (90% de l’emploi) en raison d’une politique de recrutement d’« emplois verts » en contrats d’insertion ou d’orientation. Corollaire de cette politique, l’emploi y est plus précaire que dans les autres secteurs potentiellement verdissants. Ainsi, 60% de ces emplois sont à durée limitée et plus de la moitié est à temps partiel (contre respectivement 40% et 16% de l’ensemble des emplois potentiellement verdissants de l’île).
Formations de haut niveau

En 2011, 850 étudiants sont inscrits dans l’une des 33 formations initiales en environnement répertoriées à La Réunion. Sur l’île, une formation sur dix concerne l’environnement. Depuis 2008, l’engouement des Réunionnais pour ces formations grandit. Les inscriptions progressent chaque année de 4% dans ces domaines soit deux fois plus rapidement qu’au niveau national. Parallèlement, les inscriptions dans les formations non environnementales diminuent de 5% chaque année.

À La Réunion, 45% des formations environnementales sont de niveau post-baccalauréat (56% en France). Le niveau de formation y est plus élevé que pour les autres formations (28% de post-baccalauréat). Notamment, un quart des formations environnementales est de niveau master.


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