Luttes sociales

68% craignent de ne pas pouvoir pérenniser l’emploi d’avenir

Les associations continuent de s’interroger 

Témoignages.re / 18 juin 2013

Selon le dernier sondage de Recherche et Solidarités, le secteur associatif en France continue de perdre des emplois. Quant à la mesure phare du gouvernement pour favoriser l’embauche de jeunes dans ce secteur, elle continue de susciter des interrogations.

« Près d’un Français sur deux adhère à l’une ou à plusieurs des 1.300.000 associations, et plus de 80% leur font confiance. Outre la mobilisation de millions de bénévoles, le secteur associatif emploie 1 salarié privé sur 10 : le bilan 2012 fait ressortir un total de 1.810.000 salariés, en légère augmentation de 0,1%, pour une masse salariale de 36,3 milliards d’euros, soit à peu près l’équivalent du secteur français de la construction.

 

Un mauvais début pour l’année 2012-2013

 

L’ACOSS-URSSAF affiche une baisse de l’emploi associatif de 0,5% au 1er trimestre 2013, plus que dans l’ensemble du secteur privé (- 0,2%). Après un 4e trimestre 2012 en légère baisse, ce sont 9300 emplois perdus en 6 mois. Ces deux trimestres consécutifs de baisse correspondent à l’année associative démarrant généralement en septembre ; ils donnent quelques explications sur les difficultés et la prudence exprimées par les responsables d’associations, le mois dernier.

La nouvelle enquête de conjoncture menée par R&S en mai 2013 confirme les fortes tensions en matière de bénévolat (42% de responsables satisfaits) et une dégradation de la situation financière, avec seulement 53% de dirigeants satisfaits (- 4 points par rapport à décembre 2012). Dans ce contexte, ils ne sont plus que 50% ?(- 6 points) à envisager les prochains mois avec sérénité, et 56% (- 4 points) à avoir des projets.

 

Emplois d’avenir : encore des attentes et des hésitations

 

Sur la plupart des sujets relatifs à ce nouveau dispositif, le niveau d’information a progressé depuis l’enquête du mois de décembre, excepté pour ce qui va se passer après le recrutement d’un jeune sans diplôme : formation, encadrement, tutorat… Parmi les responsables associatifs potentiellement intéressés, 68% craignent de ne pas pouvoir pérenniser l’emploi et 58% n’ont pas de visibilité financière pour assumer ce qui restera à la charge de l’association.

 

Quelles perspectives pour l’année 2013 ?

Les plus grosses associations (10 salariés et plus) se sont rapidement mises en mouvement, ce qui permet de passer un premier cap de 9.000 jeunes embauchés. Mais les employeurs plus modestes sont assez hésitants. Les bonnes relations qu’ils ont établies avec les opérateurs que sont les Missions Locales, Cap Emploi et Pôle emploi devraient permettre d’espérer un bilan 2013 situé entre 15.000 et 18.000 emplois.

La grande question demeure concernant 85% des associations qui n’ont pas de salariés : vont-elles franchir le pas ? Seront-elles en mesure de faire valoir la compétence et la disponibilité de certains de leurs bénévoles qui se disent particulièrement volontaires pour assurer le tutorat d’un jeune ? »


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