Luttes sociales

81 millions de jeunes au chômage

Année internationale de la jeunesse

Témoignages.re / 14 août 2010

Le chômage mondial des jeunes a atteint son plus haut niveau jamais enregistré et devrait continuer d’augmenter courant 2010, indique l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans un nouveau rapport publié à l’occasion de l’ouverture de l’Année internationale de la jeunesse le 12 août. Voici de larges extraits d’un communiqué de l’OIT présentant cette étude.

Le rapport du BIT Tendances mondiales de l’emploi des jeunes, 2010 indique que sur les 620 millions de jeunes économiquement actifs, âgés de 15 à 24 ans, 81 millions étaient sans emploi fin 2009 – le plus haut chiffre jamais atteint. C’est 7,8 millions de plus qu’en 2007. Le taux de chômage des jeunes est passé de 11,9% en 2007 à 13% en 2009.
Le rapport ajoute que ces tendances auront « de sérieuses conséquences pour les jeunes alors que des nouveaux arrivants sur le marché du travail viennent grossir les rangs de ceux qui sont déjà au chômage ». Il met en garde contre « le risque d’une "génération perdue", constituée de jeunes gens qui sont totalement détachés du marché du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie ».

Découragement et troubles sociaux

Selon les prévisions de l’OIT, la hausse du taux de chômage des jeunes devrait se poursuivre en 2010 pour atteindre 13,1% puis décliner modérément pour atteindre les 12,7% en 2011. Le rapport souligne également que le taux de chômage chez les jeunes se révèle plus sensible à la crise que celui des adultes et que la reprise du marché de l’emploi pour les jeunes, hommes et femmes, devrait être en retrait par rapport à celui des adultes.
Le rapport précise que dans les pays développés et dans certaines économies émergentes, l’impact de la crise sur les jeunes se fait surtout ressentir en termes de chômage et de troubles sociaux qui vont de pair avec le découragement et l’inactivité prolongée.
Le rapport relève également que dans les économies en développement où vivent près de 90% des jeunes, les jeunes sont plus vulnérables en termes de sous-emploi et de pauvreté. Dans les pays à faible revenu, l’impact de la crise se traduit davantage par une réduction du temps de travail et des salaires pour le petit nombre bénéficiant d’un emploi salarié et par une hausse de l’emploi vulnérable dans une économie informelle en "sur-peuplement".
Le rapport estime que 152 millions de jeunes, soit 28% de tous les jeunes travailleurs dans le monde, bien que travaillant, vivaient encore dans l’extrême pauvreté, dans des foyers gagnant moins de 1,25 $ par personne et par jour en 2008.

Un impact sur les retraites

« Dans les pays en développement, la crise commande la vie quotidienne des plus pauvres », a déclaré le Directeur général du BIT Juan Somavia. « Les effets de la crise économique et financière menace d’aggraver les déficits de travail décent préexistants chez les jeunes ; avec pour résultat une augmentation du nombre de jeunes travailleurs bloqués dans la pauvreté, prolongeant le cycle de la pauvreté au travail d’une génération au moins ».
Le rapport du BIT indique que le chômage, le sous-emploi et le découragement peuvent avoir des conséquences négatives à long terme sur les jeunes, compromettant notamment leurs perspectives d’emploi futur. L’étude met également en évidence le coût de l’oisiveté chez les jeunes, en soulignant que « les sociétés perdent leur investissement dans l’éducation. Les États manquent de contributions aux régimes de sécurité sociale tout en étant contraints d’augmenter les dépenses d’aide sociale ».
« Les jeunes sont les moteurs du développement économique », a déclaré M. Somavia. « Renoncer à ce potentiel est un gâchis économique et peut peser sur la stabilité sociale. La crise peut être une occasion de réévaluer les stratégies pour traiter des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés en entrant sur le marché du travail. Ces stratégies globales et intégrées doivent combiner des politiques d’éducation et de formation avec des politiques de l’emploi ciblant spécialement pour les jeunes ».
« Aujourd’hui, l’ONU lance l’Année internationale de la jeunesse. A travers les thèmes du dialogue et de la compréhension mutuelle choisis cette année, nous serons mieux à même d’orienter des politiques viables qui répondent aux besoins et aspirations des jeunes pour un travail décent », a-t-il ajouté.


17,7% des jeunes au chômage en Europe

Le taux de chômage des jeunes a augmenté de 4,6 points de pourcentage dans les Économies développées & l’Union européenne entre 2008 et 2009 et de 3,5 points en Europe centrale et de l’Est (hors UE) & CEI. Ce sont les plus fortes hausses annuelles jamais enregistrées pour le chômage des jeunes dans aucune région. Le taux de chômage des jeunes de 17,7% en 2009 dans les Économies développées & l’Union européenne est le plus élevé jamais constaté dans la région depuis que des statistiques régionales sont disponibles (depuis 1991).


Les femmes davantage touchées

Dans la plupart des régions, les jeunes femmes continuent d’être les plus durement frappées par le chômage. Il n’y a que dans les Économies développées & l’Union européenne que les jeunes hommes sont plus fortement touchés ; la hausse du taux de chômage chez les jeunes hommes entre 2007 et 2009 a été de 6,8 points de pourcentage, contre 3,9 pour les jeunes femmes.


Des jeunes abandonnent

Dans certains pays, dont l’Espagne et l’Angleterre, une hausse de l’inactivité chez les jeunes a été observée durant ces années de crise. Ce phénomène indique un découragement plus fort, avec un accroissement du chômage qui débouche sur un abandon de la recherche d’emploi par les jeunes.


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